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27 juin 2006

L'INTERVENTION DE JACQUES CHIRAC

medium_CHIRAC_France_2_-_26_Juin_2006.jpgFrance 2 – 26 juin

Le Président Chirac est intervenu sur France 2 pour replacer Dominique de Villepin en perspective. Il a affirmé que la France ne peut s'offrir le luxe de voir s'arrêter les réformes en attendant les élections. Il a raison, mais hélas…

Je suis un UMP convaincu des bienfaits économiques et sociaux du libéralisme, pour peu qu'on laisse le temps aux hommes en place de voir leurs idées et leurs décisions prendre formes. J'ai aimé Jacques Chirac car il incarnait un retour de la France vers des valeurs politiques et humaines plus conformes à ce qu'elle est véritablement. A ce titre, notre Président m'inspirera toujours une certaine tendresse, mais aujourd'hui il ne doit pas abîmer ce souvenir. Hier soir il a été bon, seulement voilà…
. Je ne le crois pas lorsqu'il affirme que le gouvernement de Villepin fera son travail jusqu'au bout, en allant au-delà des affaires courantes.
. Je ne le crois pas lorsqu'il dit que tout va bien, alors que le climat gouvernemental est délétère depuis des mois et que le CPE fut l'illustration même d'une grosse faute des gestion politique. Cet optimisme forcené est-il crédible aux yeux des Français ?
. Je n'adhère pas à son ton emphatique lorsqu'il affirme que la France est le pays du monde où les investisseurs se bousculent. Il a raison sur les chiffres officiels mais ces chiffres ne veulent rien dire.
Je n'aime pas le suspense qu'il entretient sur sa candidature.
- Il serait tellement sage de dire dès aujourd'hui qu'il ne sera pas candidat, même si cela risque de raviver les ambitions un peu plus tôt que prévu. Une telle déclaration serait précisément le moyen de rendre crédible sa volonté d'actions durant les 10 mois qui arrivent puisqu'il n'aurait plus rien à perdre. Protège-t-il et favorise-t-il le futur candidat de la droite en agissant ainsi ?
- Il serait tellement pertinent d'avouer aux Français que la France, bien que toujours parmi les grandes nations économiques, perd du terrain sur l'échiquier mondial
- Il serait tellement clair et sincère d'avouer que les affaires (Clearstream dans un registre ou EADS dans un autre ) doivent être combattues avec force sans avoir à évoquer que c'est à la justice de faire son travail (ce qui est vrai)
- Il lui serait enfin tellement facile de trouver une formulation positive pour dire que continuer les réformes est une tâche très difficile, plutôt que d'essayer de faire croire qu'elles seront menées jusqu'à H – 24 des élections présidentielles, sous prétexte que tous les gouvernements qui ont abandonné leur mission ont perdu. Qu'il le veuille ou non, la France est ingouvernable sur des sujets de fond que ni la Gauche, ni les syndicats ne sont prêts à négocier durant cette regrettable période.

Mais ma façon de voir les choses est sans doute naïve et politiquement une aberration. Pourtant, si nous décidions un jour de dire les choses telles qu'elles sont, nous pourrions être surpris de la capacité des Français à réagir positivement. Le Président aurait pu tout simplement dire qu'un changement de Premier Ministre à 10 mois de l'échéance réduirait encore plus les possibilités de réformes, ce qui aurait précisément crédibilisé sa volonté de vraiment diriger la France jusqu'au bout de son mandat.
Lorsque j'écris ces quelques lignes, je n'ai pas le sentiment de trahir mon camp, mais au contraire la conviction de le faire avancer.

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