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29 juin 2006

REPONSE A TOUT ET PRETS A TOUT !

medium_JOSPIN_TF1_28.06.06.2.jpg
Les hommes politiques ont ceci de fascinant qu'ils ont toujours une réponse à tout ! Que le sujet soit strictement politique, ils trouvent une belle formulation alambiquée pour dire les choses sans les dire. Que le sujet soit économique ou social, ils ont alors tous LA solution magique " Yaka-ifo", qu'aucun de leurs petits camarades n'a été évidemment capable de trouver. Dernier exemple !

Certes, sur ce point, nous avons nos propres œuvres, mais le camp à battre étant pour moi les socialistes et les communistes, je ne citerai ici que la dernière de Jospin, pris en flagrant délit de mensonge.
" Je quitte définitivement la vie politique"…qui ne se souvient pas de cette déclaration grandiloquente de Jospin au soir du 1er Tour des Présidentielles 2002 ?
Eh bien non ! Quatre ans plus tard, Jospin a le culot d'affirmer sur TF1 devant PPDA …"qu'il ne pense pas avoir jamais employé le mot "définitif" à cette occasion" !
Autre formule merveilleuse de l'ex Premier Ministre démissionnaire : " ..s'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, pour assurer la charge de l'Etat, je me poserai(s) la question".
Lionel Jospin n'a pas précisé un point grammatical de sa déclaration. A-t-il dit "je me poserai la question" (certitude) ou " je me poserais la question" (hypothèse)? Cela a son importance pour éclaircir son état psychologique et politique.
Mais au fond qu'importe ! Il est établi que s'il décidait de revenir aux affaires du PS - ce qu'il va faire, je l'ai déjà écrit il y a longtemps dans cette tribune - il obtiendrait haut la main l'investiture de son parti. Bonne nouvelle pour nous, pour plusieurs raisons :
1. Un certain nombre de socialistes ne lui pardonnent pas la déroute de 2002, à la suite de sa phrase : " mon programme n'est pas socialiste".
2. Il est moins dangereux que Royal au deuxième tour
3. Cela n'empêchera pas DSK de se présenter, Fabius s'effaçant devant un Jospin, pseudo héritier de Mitterrand.
Des hypothèses que j'assume mais qui seront bien entendu soumises aux aléas des alliances et des promesses secrètes du style…" si tu me suis, tu seras mon premier Premier Ministre" ! Ne souriez pas ! C'est ainsi que cela se passe en politique et c'est d'ailleurs à la fois logique et même légitime quand on a des ambitions nationales, régionales ou locales.
Maintenant une petite devinette ! Si par malheur pour la Droite libérale et surtout pour la France, Jospin était élu, devinez qui sera son prochain Premier Ministre, si toutefois la Chambre était à gauche après les Présidentielles ?

Photo France 2

13:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

27 juin 2006

L'INTERVENTION DE JACQUES CHIRAC

medium_CHIRAC_France_2_-_26_Juin_2006.jpgFrance 2 – 26 juin

Le Président Chirac est intervenu sur France 2 pour replacer Dominique de Villepin en perspective. Il a affirmé que la France ne peut s'offrir le luxe de voir s'arrêter les réformes en attendant les élections. Il a raison, mais hélas…

Je suis un UMP convaincu des bienfaits économiques et sociaux du libéralisme, pour peu qu'on laisse le temps aux hommes en place de voir leurs idées et leurs décisions prendre formes. J'ai aimé Jacques Chirac car il incarnait un retour de la France vers des valeurs politiques et humaines plus conformes à ce qu'elle est véritablement. A ce titre, notre Président m'inspirera toujours une certaine tendresse, mais aujourd'hui il ne doit pas abîmer ce souvenir. Hier soir il a été bon, seulement voilà…
. Je ne le crois pas lorsqu'il affirme que le gouvernement de Villepin fera son travail jusqu'au bout, en allant au-delà des affaires courantes.
. Je ne le crois pas lorsqu'il dit que tout va bien, alors que le climat gouvernemental est délétère depuis des mois et que le CPE fut l'illustration même d'une grosse faute des gestion politique. Cet optimisme forcené est-il crédible aux yeux des Français ?
. Je n'adhère pas à son ton emphatique lorsqu'il affirme que la France est le pays du monde où les investisseurs se bousculent. Il a raison sur les chiffres officiels mais ces chiffres ne veulent rien dire.
Je n'aime pas le suspense qu'il entretient sur sa candidature.
- Il serait tellement sage de dire dès aujourd'hui qu'il ne sera pas candidat, même si cela risque de raviver les ambitions un peu plus tôt que prévu. Une telle déclaration serait précisément le moyen de rendre crédible sa volonté d'actions durant les 10 mois qui arrivent puisqu'il n'aurait plus rien à perdre. Protège-t-il et favorise-t-il le futur candidat de la droite en agissant ainsi ?
- Il serait tellement pertinent d'avouer aux Français que la France, bien que toujours parmi les grandes nations économiques, perd du terrain sur l'échiquier mondial
- Il serait tellement clair et sincère d'avouer que les affaires (Clearstream dans un registre ou EADS dans un autre ) doivent être combattues avec force sans avoir à évoquer que c'est à la justice de faire son travail (ce qui est vrai)
- Il lui serait enfin tellement facile de trouver une formulation positive pour dire que continuer les réformes est une tâche très difficile, plutôt que d'essayer de faire croire qu'elles seront menées jusqu'à H – 24 des élections présidentielles, sous prétexte que tous les gouvernements qui ont abandonné leur mission ont perdu. Qu'il le veuille ou non, la France est ingouvernable sur des sujets de fond que ni la Gauche, ni les syndicats ne sont prêts à négocier durant cette regrettable période.

Mais ma façon de voir les choses est sans doute naïve et politiquement une aberration. Pourtant, si nous décidions un jour de dire les choses telles qu'elles sont, nous pourrions être surpris de la capacité des Français à réagir positivement. Le Président aurait pu tout simplement dire qu'un changement de Premier Ministre à 10 mois de l'échéance réduirait encore plus les possibilités de réformes, ce qui aurait précisément crédibilisé sa volonté de vraiment diriger la France jusqu'au bout de son mandat.
Lorsque j'écris ces quelques lignes, je n'ai pas le sentiment de trahir mon camp, mais au contraire la conviction de le faire avancer.

20:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07 juin 2006

NE NOUS ENDORMONS PAS !

Dans le "projet de projet" socialiste qui vient de sortir, il est manifeste que certains ont du avaler quelques couleuvres. Si Fabius peut être satisfait du virage à gauche, Royal n'est pas totalement désavouée, loin s'en faut. Il est un point touchant à nos institutions qui me semble intéressant tant sur le plan tactique que politique.

Pourquoi "projet de projet" ?
Il suffit de découvrir ce matin dans la presse les différents commentaires de quelques grandes figures du PS pour pouvoir affirmer que le texte subira de très profonds aménagements d'ici 2007, au point d'ailleurs qu'il n'aura assurément plus rien à voir avec la première mouture d'aujourd'hui. Quelques exemples de réactions :
" Il n'y a plus de projet, Ségolène l'a tué" selon Arnaud Montebourg ( membre du Bureau National)
" Un catalogue de propositions partielles et insatisfaisantes" selon Jack Lang (membre du BN)
" Certains font campagne à l'extérieur sur d'autres propositions que celles du PS", selon Bertrand Delanoë (membre du BN)
Alors que Claude Allègre (non-membre du BN) regrettait la veille, en parlant indirectement de Royal, "les exemples de cette navrante société des apparences" ou encore Jean Glavany (membre du BN) qui réclame "un Président engagé sur le fond des convictions…et non sur la forme médiatique". Quand à Fabius qui doit s'estimer heureux du net positionnement à gauche il déclarait en substance ce matin sur Europe 1 que tout allait bien.
Bref, il fallait bien que le Bureau National - composé de 74 membres* - sorte au milieu de la nuit avec un pseudo consensus dans les mains. Le texte révèle une ambition qui n'est rien moins que de s'opposer au reste de la planète, jugez plutôt : "transformer la société" face à "la domination de la finance mondiale", ce qu'il m'est difficile de ne pas qualifier d'utopisme dogmatique, cela étant probablement le prix à payer pour que ce projet ait été signé à l'unanimité. Quelques-uns de ses autres "points forts" : le SMIC à 1500 euros d'ici 2012 pour relancer l'économie (sic), un "bouclier logement" pour les plus démunis, une "couverture professionnelle universelle" et surtout l'avènement d'une "République parlementaire".

Un projet qui prévoit une modification de nos institutions
Royal a marqué un point dans les esprits du PS avec le concept de démocratie participative et le projet prévoit également de revaloriser le pouvoir du Parlement. C'est une bonne chose, qui est d'ailleurs prévue depuis longtemps dans le projet UMP. Le PS n'invente donc rien.
Sujet plus sensible, la responsabilité pénale du Chef de l'Etat
. Le projet PS parle ici d'un équivalent à la française de l'"empeachment" américain, qui coûta cher à Richard Nixon ( Watergate) et à Bill Clinton (Monica). Cette intention n'est pas nouvelle puisqu'elle faisait partie du programme du candidat Chirac en 2002 et la commission Pierre Avril avait proposé en 2003 un projet en de nombreux points comparables, projet qui ne fut jamais inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée. Mais aujourd'hui c'est habile sur le plan tactique de la part du PS qui souligne indirectement ce qu'il perçoit comme les errements de notre Président Jacques Chirac, tout en coupant en partie l'herbe politique sous le pied de l'UMP. Il eut été en effet difficile à Nicolas Sarkozy d'inclure un tel chapitre de façon explicite dans le projet UMP sans déclencher une guerre ouverte et violente avec le Président de la République. Le Bureau national PS a parfaitement assimilé cette difficulté du grand parti de la majorité et il en profite. Entre nous, je trouve cela bien joué politiquement.

Le temps, tous les droits !
Maintenant, cela doit rappeler à nos dirigeants de l'UMP qu'ils ne doivent pas s'endormir sur le changement, ou pour le moins sur les évolutions en profondeur de nos Institutions.
Cela étant, il ne faut pas partir trop tôt. Une campagne présidentielle ressemble à un marathon. Il ne faut pas user toutes ses cartouches et toute son énergie dans les premiers kilomètres.

* D'après la liste des membres du Bureau National affichée sur le site PS, Royal n'apparaît pas (au 8 juin 2006)

21:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

06 juin 2006

LA VRAIE ROYAL

Dans les mois qui viennent, je ne passerai pas mon temps à formuler mes commentaires sur les sondages et autres études dont nous allons être assommés pratiquement quotidiennement. J'essaierai d'autre part de respecter l'équilibre entre critiques et propositions constructives. Mais de temps en temps "je nous ferai" des vacances. C'est le cas aujourd'hui avec deux documents, en l'occurrence deux photos.

LE FIGARO DU 6 JUIN
medium_Thesmile!.jpgCertains documents valent à eux seuls des études de caractère. C'est peut-être le cas de cette photo que je vois comme la synthèse assez extraordinaire de ce qu'est la vraie candidate Royal. Regardez attentivement : le doigt sentencieux de la certitude, le regard droit pointé sur l'objectif, les dents serrées et le sourire carnassier, le tout habillé de la veste blanche de la pureté....ne trouvez-vous pas la posture fascinante et révélatrice ? Certains estimeront que je manque sans doute d'objectivité, d'autres que je développe un esprit politico-misogyne primaire. Je puis assurer à mes lecteurs que c'est tout le contraire. Et je vais même vous faire une confidence : j'aurais adoré que le leader de la Majorité fut une femme.

LIBERATION DU 6 JUIN

medium_SEGO-AUBRY.2.jpg
Autre document intéressant ! Qu'y voyons-nous ? Une Aubry qui fouille dans son grand sac gibecière et qui ne veut surtout pas croiser le regard de Royal. Royal qui manifestement jette un oeil en se demandant ce que l'autre peut bien lui sortir de son sac. Et Mauroy, l'oeil vague, qui lui préférerait sans doute être ailleurs.

Voilà ! Ceci n'est pas une démonstration. Ce n'est pas vraiment sérieux. C'était juste la récréation du jour.

Désolé pour la qualité médiocre des deux photos, les originaux sont je vous l'assure plus instructifs.

14:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

02 juin 2006

LA PHRASE DU JOUR

" On a un Sarkozy dans ce pays, pas besoin d'en avoir deux"
Dominique Strass-Khan

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Elle l'ignore encore, mais Royal vient de se condamner l'accès à l'investiture du PS. Comme je le disais il y a quelques jours dans mon article "Royal sort du bois" paru le 19 mai, elle n'est pas socialiste !
Je ne suis pas sûr qu'il faille s'en réjouir, car son suicide politique nous rapproche d'un retour de Lionel Jospin dans le rôle du Chevalier Blanc. Comprenant sa gaffe, Royal a certes sur France 2 (ce matin 2 juin avec Arlette Chabot) tenté d'affirmer qu'elle était socialiste, mais le processus de destruction est en marche et la "petite formule" de DSK restera ancrée dans les esprits au PS.
Nous devrons et devons peut-être déjà en tenir compte dans nos débats politiques dont je répéterai sans cesse l'objectif : décider les indécis.

10:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

POURQUOI UN LIEN AVEC LE SITE DU PS ? (bis repetita placent)

Nous ne devons pas nous cantonner à notre petit cercle de convaincus. Pour combattre un adversaire, en sport comme en politique, il faut le connaître, débusquer ses contradictions, découvrir ses incohérences, ses faiblesses mais aussi ses forces. Aller à la source est la meilleure des informations ?

09:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note