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25 juillet 2006

LA SPONTANEITE EN POLITIQUE

Pour les hommes politiques, avoir des conseils en communication ne serait-il pas à la source du déclin de leur image? Question paradoxale ? Pas si sûr, car à force de réfléchir trop longtemps, de suivre des schémas et des positions trop mûrement analysées, on aboutit à un défaut de fraîcheur, à la langue de bois ou pire encore à des personnalités factices.

Face aux journalistes, je crois que les politiques qui n'osent ou ne veulent pas répondre clairement à certaines questions se trompent désormais de méthodes. On peut imaginer et accepter que l'art de la politique induise une certaine habileté de l'instant, mais je suis convaincu que les Français sont parfaitement capables d'entendre et de comprendre la franchise - tout simplement - dès lors qu'ils sentent et admettent comme acquise la sincérité de la personnalité concernée.
C'est d'ailleurs ce préalable qui pose problème : la sincérité d'un Politique, et non sa crédibilité comme on l'entend souvent dire. La crédibilité n'est que la conséquence de la sincérité. Lorsque la gauche critique systématiquement la droite, elle n'est pas crédible. Lorsque la droite critique systématiquement la gauche, elle ne l'est pas plus.
Une personne sincère a plus facilement le ton juste, les mots adaptés, le regard direct, les mains expressives, le geste révélateur, l'émotion qui fait mouche….une telle personne est généralement plus crédible et malgré quelques inévitables malentendus, elle gagnera à sa cause un plus grand nombre.
En prenant ce schéma je trouve plus crédible - chacun dans leur registre - Arlette Laguiller que Ségolène Royal, DSK que Fabius et à droite Sarkozy qu'Alliot-Marie ou Bayrou que de Villiers. Il est ici inutile de rappeler ma très large préférence parmi ces quelques figures politiques.

Cela étant, je dois adresser quelques reproches à mes collègues journalistes qui depuis des lustres acceptent des non-réponses à leurs questions, laissent dire des chiffres et des faits erronés ou exploitent bêtement le moindre lapsus supposé révélateur. C'est absurde !
J'ai toujours estimé que ce laxisme était un crime de lèse-démocratie. Faut-il rappeler que dans une démocratie la presse est le seul contre-pouvoir de l'état ! Evidence mille fois bafouée ! Mais lorsque la presse ne fait pas son métier, elle manque à sa mission, elle se détourne de son Saint Graal…l'amorce d'une Vérité, si difficile à révéler il faut en convenir.
Alors, selon moi et sur le mode iconoclaste… puisque les journalistes français ne font toujours pas leur métier, notre seul espoir est de trouver un candidat qui le fera à leur place. C'est ce que l'on appelle un comble !

C'est pour cette raison que je ne suis pas de l'avis de Luc Ferry lorsqu'il se pose la question : Comment gouverner les démocraties s'il faut être populaire pour être élu et impopulaire pour réformer".
Luc Ferry - un honnête homme que j'ai eu l'occasion de rencontrer – raisonne en fonction de paramètres politiquement désuets qui ne doivent plus être pris comme référents. C'est aussi cela la rupture. Il ne faut plus être "populaire" pour être élu, il faut tout simplement être sincère. Il ne faut plus être impopulaire pour réformer, il faut être crédible. L'un n'allant pas sans l'autre…ou l'art et la manière d'être un bon Politique nouvelle vague vertueux. Il suffit d'y croire !

Commentaires

Je ne pense pas que tu aies bien saisi le phrase de Ferry, qui est un appel à ne plus être populaire pour être élu, et ne pas devenir impopulaire en réformant. C'est une quête de solutions.

Tu en apportes une avec la sincérité. Mais celle-ci ne peut rien si les journalistes, que tu cites, et les professeurs, de même que tous les gens qui ont une réponsabilité parce qu'ils proposent des analyses et des idées aux gens (donc tous les hommes politiques, essayistes, militants qui ont un blog), ne font pas ce pourquoi ils se sont engagés: ELEVER LE CITOYEN, le tirer pas le haut, AGUISER SON ESPRIT CRITIQUE.

Alors seulement, on pourra espérer ne plus avoir à jouer le jeu de la popularité, dangereux car proche d'un adjectif qualificatif en -iste.

Ecrit par : pierre catalan | 26 juillet 2006

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