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25 août 2006
Le plus grave problème du PS se confirme.
Le plus grave problème du PS n'est ni l'investiture de son leader (quoique !), ni l'absence d'un programme réellement partagé, ni la guerre de tranchées avec l'UMP ! Le plus grave problème du PS, c'est la bonne marche de notre économie et, surtout, ses conséquences sur le chômage.
Nous sommes habitués depuis toujours à une opposition dont les seuls programmes consistent la plupart du temps à critiquer les actions et les positions de la majorité. C'est un mal qui n'est d'ailleurs pas propre à la France, c'est à peu de choses près le même scénario dans toutes les démocraties du monde. Le plus étonnant dans notre pays est que ce travail de sape politicien démontre son efficacité depuis plus de 25 ans. Que les bascules de majorité viennent de droite ou de gauche - toujours pour quelques malheureux pour cent - les partis majoritaires et les équipes étant aux affaires (à l'exception des Présidentielles) ont toujours perdu les élections.
Ceci nous valut, entre autres désagréments, quelques "belles" cohabitations qui firent prendre à la France un retard dans de nombreux domaines. Le dernier exemple navrant de scrutin perdu fut le non au référendum sur la constitution européenne en 2005. Il a suffi qu'un irresponsable comme Fabius sème le doute dans les esprits (alors que cinq mois auparavant même le PC y était favorable) pour que tous les discours devinssent douteux, de droite comme de gauche. Il est certain que la prestation télévisuelle du Président Chirac face aux jeunes – "Je ne vous comprends pas" - n'arrangea guère le problème. Mais ce référendum fut aussi une source de déchirements au sein même du PS qui en subit et en subira encore longtemps les conséquences. Tant mieux pour la droite libérale mais aussi sociale. Je me souviens encore des déclarations pro européennes d'un Strauss-Khan ou d'un Lang qui, prudents et circonspects, s'opposaient en termes châtiés à leur camarade Fabius. Le feu couvait sous la braise et tous savaient que Fabius n'avait que faire de l'Europe; il visait déjà une position singulière pour les présidentielles 2007. Quelle fourberie !
Bref ! Pour revenir à mon sujet, la question qu'il convient de nous poser est la suivante : quelle est la différence entre les présidentielles qui arrivent et toutes les autres élections nationales passées ? Réponse : le taux de chômage.
C'est en effet la première fois depuis très longtemps que le taux de chômage affiche une si belle tendance. Il baisse de façon significative et durable, pour descendre je l'espère en dessous des 8% voire des 7,5% avant l'été 2007. Ce taux n'est pas le fruit de manipulations statistiques comme le prétend l'opposition. Il est bien sûr la conséquence d'une économie dont tous les indicateurs virent au vert (investissements, dépenses des ménages, exportations, investissements étrangers en France…etc), mais il est surtout une donnée simple et incontestable facilement lisible par les Français. Tous les Français.
Une bonne situation économique ne suffirait pas si le chômage ne baissait pas.
Les Gouvernements qui affichaient des résultats économiques honorables ou satisfaisants ont souvent pensé que les élections leur seraient favorables. Nous savons que cela est faux et nous savons pourquoi : une économie en bonne santé qui ne crée pas d'emplois (ex. : les USA durant plusieurs années) est une économie anti-sociale. Le taux de chômage est une donnée tout à fait particulière. Outre, évidemment, la résolution progressive de ce fléau, le cercle vertueux dans lequel notre Gouvernement a su nous inscrire change radicalement la perception du chômage et donc la donne des arguments politiques recevables émis par la gauche. Malgré quelques erreurs regrettables (ex. : le CPE du printemps) la plupart des décisions du Gouvernement deviennent aussi plus rapidement efficaces et l'opposition perd une grande partie de sa crédibilité lorsqu'elle les critique sans discernement. Oh! Elle ne la perd pas auprès de son électorat de base, elle la perd auprès des trois à cinq pour cent d'électeurs indécis, ceux que j'appelle les "décideurs de notre avenir".
La gauche enrage de perdre cet argument…
Ceux qui me lisent régulièrement savent que ces "décideurs de notre avenir" sont mon cheval de bataille pour des élections qui se joueront très probablement à la "photo finish", tant au premier tour qu'au second (je me refuse à envisager une répétition du cauchemar du 2ème tour des présidentielles 2002 !). Le PS et toute l'opposition auront beau dire auront beau faire, leurs discours et leurs solutions sur le chômage - n°1 des points sensibles et des arguments politiques depuis 25 années - trouveront moins d'échos et tous les autres sujets avec. Alors que le Gouvernement et la France profitent d'une spirale vertueuse, le PS, lui, se retrouve dans une spirale vicieuse que la guerre terrible et la course à l'investiture illustrent assez bien
La campagne qui commence s'annonce passionnante, voire savoureuse. Elle ne manquera certainement pas de révéler quelques impostures politiciennes. En attendant, sachons utiliser cet argument massue qu'est la baisse durable du chômage en réponse à nombre de critiques. Si tout n'est pas rose, on peut affirmer aujourd'hui que la France s'est remise en route au grand dam de la gauche qui enrage ! Un exemple ? Même Jack Lang va jusqu'à ressortir ses anciennes fiches de professeur en droit fiscal pour essayer de nous convaincre de la nécessité d'un profond remaniement de notre fiscalité. Certes, ce candidat à la candidature PS doit comme ses petits amis trouver un terrain qui lui soit propre, mais l'élégant Jack pourtant élevé à l'aune des préceptes politiques de Mitterrand ne joue pas là dans un registre très crédible.
"La force tranquille" de 81 fut accompagné, souvenez-vous, d'une autre affiche avec pour accroche…"D'abord le chômage"…nous avons pu voir ce que cette promesse a donné. C'est au moins une que les socialistes ne pourront décemment plus faire. En principe !
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Commentaires
Petite correction, toutes les majorités (ou équipes) ont perdu les élections présidentielles ou legislatives depuis 1981 ;-). 1995 est un peu différente, mais on peut considérer cela comme une alternance vu que Balladur était au pouvoir et qu'il a échoué face à son rival Chirac.
1981 : majorité de droite, victoire de la gauche aux présidentielles et législatives
1986 : majorité de gauche et victoire de la droite aux législatives
1988 : majorité de droite et victoire de la gauche aux présidentielles puis législatives
1993 : majorité de gauche et victoire de la droite aux législatives
1995 : majorité de droite "balladurienne" et victoire de la droite "chiraqienne" aux présidentielles
1997 : majorité de droite et victoire de la gauche aux législatives
2002 : majorité de gauche et victoire de la droite aux présidentielles au législatives
J'espère que cette logique sera stoppée pour 2007 à moins d'un scénario comme 1995 avec victoire de la droite "sarkozyste" après majorité "chiraquienne" !
Ecrit par : Charles Sitzenstuhl | 26 août 2006
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