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28 août 2006

BILLET D'HUMEUR : une interview surréaliste

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En France, nous l'oublions trop facilement, le paysage politico médiatique peut nuire à la crédibilité de notre démocratie. La récente interview de Ségolène Royal par Béatrice Schonberg au 20 Heures de France 2 du samedi 26 août devrait nous rappeler qu'un mélange des genres est dangereux.


Je suis d'autant plus gêné de souligner cette situation que je suis moi-même journaliste, que j'apprécie Béatrice Schonberg et qu'enfin Jean-Louis Borloo m'a toujours été sympathique depuis qu'il est au gouvernement. Qui pourrait contester aujourd'hui que ce Radical apporte une dimension sociale aux actions du gouvernement ?
Mais en écoutant l'interview de Royal l'autre soir, cela m'a une nouvelle fois rappelé combien la situation était surréaliste. D'un côté une Schonberg qui pose des questions directes et pertinentes sur une chaîne publique, de l'autre une Royal qui répond avec ses poncifs habituels en forçant son sourire hollywoodien. Plus Royal souriait - évidemment sans répondre aux questions - et plus Schonberg adoptait un visage fermé en durcissant le ton et la précision de ses questions. Une animosité grandissante entre les deux femmes était réellement perceptible.

Une question se repose donc…
"Mais enfin, comment est-il possible qu'une présentatrice et femme d'un Ministre pose des questions à une personnalité politique, de l'opposition ou non ?". Est-ce normal ? Est-ce sain ? Est-ce acceptable ? Non, cela ne l'est pas.
Ce n'est pas non plus, me direz-vous, la première fois que cela se produit. Cette proximité "affective" entre les journalistes et les politiques est monnaie courante. Des couples sur médiatisés tels que ceux de Anne Sinclair-Dominique Strauss-Kahn ou Christine Ockrent-Bernard Kouchner, en sont des exemples criants que nous finissons par oublier. Nous avons tort ! Verrons-nous un jour Schonberg interviewer Borloo avec autant de pugnacité que Royal ? Je vous laisse imaginer la réponse. Ce n'est pas faire injure à l'indépendance d'esprit de cette journaliste attachante que de nous poser la question. C'est la situation qui est inadmissible. Je ne demande pas aux politiques de ne pas tomber amoureux des journalistes. En revanche, lorsque cela se produit, je demande aux journalistes d'en assumer les conséquences en suivant un code éthique fondé sur une morale politique élémentaire. Sur ce terrain la France a du chemin à faire. Aucune loi ne pourra jamais éviter un tel phénomène. C'est notre culture qui est en question et la faculté du peuple français tout entier - y compris les patrons de chaînes - à dénoncer et à rendre impossible un tel imbroglio. Pour la clarté de notre démocratie, cette question est aussi importante à mes yeux que le taux de syndicalisation, que la réforme de la gestion paritaire des instances sociales ou, plus large encore, qu'une vision nationale. D'une certaine façon, c'est la liberté de la presse qui est l'enjeu. C'est donc aussi notre propre Liberté et à l'UMP, le mot Liberté a un sens. Non ?

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25 août 2006

Le plus grave problème du PS se confirme.

Le plus grave problème du PS n'est ni l'investiture de son leader (quoique !), ni l'absence d'un programme réellement partagé, ni la guerre de tranchées avec l'UMP ! Le plus grave problème du PS, c'est la bonne marche de notre économie et, surtout, ses conséquences sur le chômage.

Nous sommes habitués depuis toujours à une opposition dont les seuls programmes consistent la plupart du temps à critiquer les actions et les positions de la majorité. C'est un mal qui n'est d'ailleurs pas propre à la France, c'est à peu de choses près le même scénario dans toutes les démocraties du monde. Le plus étonnant dans notre pays est que ce travail de sape politicien démontre son efficacité depuis plus de 25 ans. Que les bascules de majorité viennent de droite ou de gauche - toujours pour quelques malheureux pour cent - les partis majoritaires et les équipes étant aux affaires (à l'exception des Présidentielles) ont toujours perdu les élections.
Ceci nous valut, entre autres désagréments, quelques "belles" cohabitations qui firent prendre à la France un retard dans de nombreux domaines. Le dernier exemple navrant de scrutin perdu fut le non au référendum sur la constitution européenne en 2005. Il a suffi qu'un irresponsable comme Fabius sème le doute dans les esprits (alors que cinq mois auparavant même le PC y était favorable) pour que tous les discours devinssent douteux, de droite comme de gauche. Il est certain que la prestation télévisuelle du Président Chirac face aux jeunes – "Je ne vous comprends pas" - n'arrangea guère le problème. Mais ce référendum fut aussi une source de déchirements au sein même du PS qui en subit et en subira encore longtemps les conséquences. Tant mieux pour la droite libérale mais aussi sociale. Je me souviens encore des déclarations pro européennes d'un Strauss-Khan ou d'un Lang qui, prudents et circonspects, s'opposaient en termes châtiés à leur camarade Fabius. Le feu couvait sous la braise et tous savaient que Fabius n'avait que faire de l'Europe; il visait déjà une position singulière pour les présidentielles 2007. Quelle fourberie !

Bref ! Pour revenir à mon sujet, la question qu'il convient de nous poser est la suivante : quelle est la différence entre les présidentielles qui arrivent et toutes les autres élections nationales passées ? Réponse : le taux de chômage.
C'est en effet la première fois depuis très longtemps que le taux de chômage affiche une si belle tendance. Il baisse de façon significative et durable, pour descendre je l'espère en dessous des 8% voire des 7,5% avant l'été 2007. Ce taux n'est pas le fruit de manipulations statistiques comme le prétend l'opposition. Il est bien sûr la conséquence d'une économie dont tous les indicateurs virent au vert (investissements, dépenses des ménages, exportations, investissements étrangers en France…etc), mais il est surtout une donnée simple et incontestable facilement lisible par les Français. Tous les Français.

Une bonne situation économique ne suffirait pas si le chômage ne baissait pas.
Les Gouvernements qui affichaient des résultats économiques honorables ou satisfaisants ont souvent pensé que les élections leur seraient favorables. Nous savons que cela est faux et nous savons pourquoi : une économie en bonne santé qui ne crée pas d'emplois (ex. : les USA durant plusieurs années) est une économie anti-sociale. Le taux de chômage est une donnée tout à fait particulière. Outre, évidemment, la résolution progressive de ce fléau, le cercle vertueux dans lequel notre Gouvernement a su nous inscrire change radicalement la perception du chômage et donc la donne des arguments politiques recevables émis par la gauche. Malgré quelques erreurs regrettables (ex. : le CPE du printemps) la plupart des décisions du Gouvernement deviennent aussi plus rapidement efficaces et l'opposition perd une grande partie de sa crédibilité lorsqu'elle les critique sans discernement. Oh! Elle ne la perd pas auprès de son électorat de base, elle la perd auprès des trois à cinq pour cent d'électeurs indécis, ceux que j'appelle les "décideurs de notre avenir".

La gauche enrage de perdre cet argument…
Ceux qui me lisent régulièrement savent que ces "décideurs de notre avenir" sont mon cheval de bataille pour des élections qui se joueront très probablement à la "photo finish", tant au premier tour qu'au second (je me refuse à envisager une répétition du cauchemar du 2ème tour des présidentielles 2002 !). Le PS et toute l'opposition auront beau dire auront beau faire, leurs discours et leurs solutions sur le chômage - n°1 des points sensibles et des arguments politiques depuis 25 années - trouveront moins d'échos et tous les autres sujets avec. Alors que le Gouvernement et la France profitent d'une spirale vertueuse, le PS, lui, se retrouve dans une spirale vicieuse que la guerre terrible et la course à l'investiture illustrent assez bien
La campagne qui commence s'annonce passionnante, voire savoureuse. Elle ne manquera certainement pas de révéler quelques impostures politiciennes. En attendant, sachons utiliser cet argument massue qu'est la baisse durable du chômage en réponse à nombre de critiques. Si tout n'est pas rose, on peut affirmer aujourd'hui que la France s'est remise en route au grand dam de la gauche qui enrage ! Un exemple ? Même Jack Lang va jusqu'à ressortir ses anciennes fiches de professeur en droit fiscal pour essayer de nous convaincre de la nécessité d'un profond remaniement de notre fiscalité. Certes, ce candidat à la candidature PS doit comme ses petits amis trouver un terrain qui lui soit propre, mais l'élégant Jack pourtant élevé à l'aune des préceptes politiques de Mitterrand ne joue pas là dans un registre très crédible.
"La force tranquille" de 81 fut accompagné, souvenez-vous, d'une autre affiche avec pour accroche…"D'abord le chômage"…nous avons pu voir ce que cette promesse a donné. C'est au moins une que les socialistes ne pourront décemment plus faire. En principe !

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01 août 2006

ATTENTION AU CULTE DE LA PERSONNALITE

medium_Sarkozy_livre-1-tm_1_.3.jpgJe forme le vœu que Nicolas Sarkozy soit notre prochain Président de la République. J'apprécie cet homme pour de multiples raisons - y compris personnelles - et je me battrai à mon humble niveau pour contribuer à sa victoire. Mais attention au culte de la personnalité ! Elle n'est conforme ni à mon idée de la démocratie, ni surtout à ce que doit être la France du XXIème siècle

A la veille de mon départ en vacances, je me suis demandé quel sujet pourrait nous préparer à la rentrée politique. De l'automne au printemps prochains, nous allons en voir des "vertes et des pas mûres" ! Les partis politiques vont élire leurs hérauts en laissant libres de leurs paroles ceux qu'ils rejetteront, des camps retranchés et des alliances ponctuelles vont se former, quelques scandales vont surgir, quelques coups bas aussi…les amendements vont pleuvoir à l'Assemblée en même temps que les probables mises en œuvre du 49.3, les chiffres du chômage vont continuer de baisser au grand dam de la gauche…bref la France vivra en avançant cahin-caha vers une échéance redoutée par tous.
En réalité, je suis inquiet. Inquiet sur la possibilité d'intoxication sarkozyenne. Aucune perversité dans ce propos, un simple désir d'alerte. Dès la rentrée notre leader devra distiller avec plus de prudence et plus de mesure encore sa présence médiatique, ses réactions attendues sur tout sujet, ses petites phrases qui font mouche avec ses désormais célèbres "…je vais vous parler franchement…" ou "…je le dis comme je le pense…". Il devra tenir jusqu'au printemps et cela ne sera pas facile.
Certes le ton sera inexorablement crescendo au fur et à mesure de l'approche des élections, mais Nicolas Sarkozy doit se méfier de l'effet de lassitude. Attention à un effet Big Brother pervers. Avec son livre de l'été (semble-t-il déjà n°1 des ventes), tous les Français le verront dans toutes les vitrines des librairies de France et de Navarre et les esprits seront chauds en septembre. Chauds sur son nom, chauds sur ce visage en gros plan de la couverture, chauds sur son contenu bien sûr ! Mais l'UMP ne doit pas se résumer à l'incarnation de son Président. J'ignore le moment qu'il a choisi pour quitter le Gouvernement mais dès cet instant - qui précédera probablement de quelques semaines son investiture UMP - notre Nicolas national devra savoir éviter le piège d'un marathon : partir trop vite. Dans un petit discours convivial prononcé à l'occasion de l'inauguration de la permanence du député UDF Pierre-Christophe Baguet à Boulogne, Nicolas Sarkozy a terminé son intervention par ceci (en substance) : " …le vainqueur sera celui qui en a le plus envie…et en matière d'envie, croyez-moi, je prends tout le monde". Si l'envie est la source de toute motivation au long cours, elle peut être aussi le gisement d'un certain aveuglement. Une trop grande envie peut faire oublier quelques fondamentaux ou rendre invisibles les chausse- trappes que ne manqueront pas de lui tendre tous ses concurrents ou adversaires…jusqu'à la dernière minute !
A mon sens, dès qu'il sera officiellement candidat, Nicolas Sarkozy que je supporte sans réserves de fond devra progressivement élargir le champ de vision des Français sur l'équipe qui l'entoure et sur celle qui l'entourerait une fois élu. Cette élection, n'en doutons pas, se jouera dans un mouchoir de poche, tant au premier tour qu'au second. L'avenir de la France sera donc comme d'habitude entre les mains des 2 à 3% de Français indécis jusqu'au matin du vote. Tous les détails comptent et le culte de la personnalité à lui seul peut générer un phénomène de rejet auprès de cette catégorie d'électeurs. Pourquoi ? Parce que c'est ainsi. Et ces 2 à 3% d'électeurs qui décideront de notre avenir à tous, c'est à nous de les convaincre chaque jour, un par un, lors d'un diner, à la terrasse d'un café ou sur la plage. Nous venons de fêter notre 250.000ème adhérent à l'UMP. Si chacun d'entre nous délivre la bonne parole à trois ou quatre personnes dans les huit mois qui arrivent...faites le compte...c'est gagné !
Bonnes vacances à tous.

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