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22 novembre 2006
LETTRE OUVERTE A NICOLAS SARKOZY
Que la magie de l'internet fasse que cette lettre parvienne à son destinataire...pour le faire sourire un peu.
Mon Cher Nicolas,
Je m'adresse à toi directement car à certains moments, je suis sûr que tu te sens finalement assez seul. Tu sais…quand tu réfléchis le matin…en te rasant par exemple. Alors parfois je me dis que le témoignage d'un anonyme te fera du bien, hors de ton cercle de fidèles et d'amis bien sûr, mais aussi de courtisans.
Tu sais, je te connais depuis longtemps ! Je veux dire, personnellement. Notre Livret de Famille est signé de ta propre main. Eh oui ! Tu nous marias un certain 27 avril 1984 à Neuilly. Etant de plus de la même génération, c'est te dire combien nous pouvons être
complices toi et moi ! Tu es déjà le socle républicain de ma vie familiale, alors tu penses bien que ma vie future de citoyen te concerne aussi.
Oh ! bien sûr, depuis cette date heureuse de 1984, de nombreuses élections ont coulé dans les urnes et "mon" 27 avril 84 n'est rien par rapport à "notre" 22 avril" 2007. Mais tu es là, bien là, installé dans mon paysage politique national. C'est donc ma double affection, historique et politique, qui me pousse à t'écrire.
Moi, je suis un adhérent UMP, tu t'en doutes. A Boulogne, une cité exposée et convoitée. Mais là n'est pas le sujet.
Je t'écris parce que je veux t'apporter mon éclairage sur la terrible campagne qui t'attend. Ce n'est pas un scoop, tous les coups possibles te seront portés et tous les pièges vicieux te seront tendus. Sur ce registre cependant, je ne me fais pas trop de soucis.
En revanche, je te demande de rester sur tes gardes. Je te connais Nicolas, tu es un homme de bon sens et de cœur, aimant son pays, politiquement bien entouré, animé et porté par une volonté farouche, avec le niveau d'ambition qu'il convient d'avoir en de telles circonstances. Mais méfie-toi ! Non pas de ceux de ton camp – quoi que…mais je te fais confiance, tu sauras régler les chicaneries et bagarres internes - non, méfie-toi vraiment de Royal !
Partant de l'axiome que tu seras confronté à elle au second tour (bon, ce n'est pas gagné, mais supposons..), je souhaite que tu n'oublies jamais une chose : c'est une femme qui ne raisonne pas comme les autres ! Elle en a tous les attributs et les atours virginaux, mais ce n'est pas une femme, c'est une hydre politique.
De plus elle est servie par un parti puissant dont elle a trouvé les clés de la manipulation génétique en pleins champs...des caméras et des sondages. Nous savons qu'elle a parfaitement compris que la soif de pouvoir et la seule perspective de revenir aux affaires allaient lui faire accepter toutes les transgressions. Tu auras beau les dénoncer, cela ne servira à rien.
Tu dois lutter sur un autre terrain, celui de l'affectif et donc parfois de l'irrationnel. Oui, je sais, cela n'est pas facile, mais plus tu auras d'arguments fondés, de chiffres avérés et de projets intelligents (que tu dois évidemment utiliser par ailleurs), plus tu prendras le risque d'avoir en réponse un raisonnement fallacieux avec une petite phrase, certes souvent creuse mais qui portera. "Il n'est de pire sourd qui ne veuille entendre" nous rappelle sagement le vieil adage. Une partie des Français est dans cette psychologie perverse et navrante. Et puis, n'oublie pas non plus qu'elle n'est pas idiote, loin s'en faut !
Alors un bilan honorable c'est bien. Un programme ambitieux c'est un basique. Mais l'histoire nous a mille fois démontré que la victoire ne dépend hélas nullement de ces pré requis.
La victoire, Nicolas, seul toi peut l'arracher. Parfois tu devras même prendre des décisions sur lesquelles tes propres Conseils ne seront pas automatiquement d'accord. Fais alors comme tu le sens, avec ton intuition. Ce sont ton caractère, ta personnalité, ton charisme, ta sensibilité, ta spontanéité, ton expérience, ton verbe, ta faconde, ton envie, ton humour…qui feront la différence.
Confronté à une femme prête à tout, façon "Desperate Housewives", un homme part avec un réel handicap. Ta seule planche de salut est d'adopter la bonne posture, sans égard particulier, sans courtoisie exagérée, ni condescendance face à cette hydre politique. Une partie difficile je te l'accorde, mais je suis convaincu qu'il n'y a que toi pour la gagner. En bref, sois toi-même en toute circonstance, c'est la seule façon de toucher au coeur les Français.
Bien à Vous, Monsieur le Président.
PS : Dans ta campagne et après d'ailleurs aussi, donne le maximum de responsabilités aux femmes de qualité qui t'entourent.
Photos : Thierry Parant
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