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29 novembre 2006

DOSSIER : Système syndical français, un enjeu considérable.

Il est des dossiers dont l'importance pourtant stratégique ne se traduit pas par une exposition médiatique à la hauteur des enjeux. Pour avoir été saisi sur ce sujet par Matignon, le CES est pourtant sous les feux de la rampe. Mais attention, le terrain est miné par des bombes à fragmentations.

Un statut issu de la seconde guerre mondiale
medium_SYNDICAT_CGT.gifCinq syndicats se partagent les manettes et les 8% de salariés syndiqués (5% dans le privé) : CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC. Ces cinq organisations sont seules habilitées à négocier et à signer les accords de portée nationale depuis 1966.
medium_SYNDICAT_FO.jpgSouvenons-nous par exemple que parmi les cinq critères officiels de la représentativité (adoptés en…1950 !), il y a " l'attitude patriotique pendant l'occupation allemande" ? Cela paraît aujourd'hui absolument surréaliste, mais explique par exemple que la CGT obtienne une "très belle note" sur ce seul critère suranné.

La France, bonnet d'âne
medium_SYNDICAT_CFE_CGC.jpgCes cinq syndicats, CGT en tête, sont capables de paralyser notre pays entier avec quelques dizaines de piquets de grève bien placés et 5.000 personnes endoctrinées, notamment dans les transports. La France occupe le 30ème et dernier rang du taux de syndicalisation des pays membres de l'OCDE, avec le chiffre alarmant de 8% (cf tableau en bas de page).

medium_SYNDICAT_CFDT.jpgFinancements, la source de tous les blocages
Ces syndicats reçoivent de l'argent public pour leurs charges de fonctionnement, siègent à la Sécurité Sociale et aux instances de l'Assurance chômage. Ils gèrent aussi une grande partie des fonds colossaux de la formation professionnelle. Par ailleurs, rappelons que nos "Cinq Rois syndicaux" ne payent ni TVA, ni taxe professionnelle. medium_SYNDICAT_CFTS.gifEnfin, parachevant l'archaïsme protecteur de leur situation statutaire, ces syndicats ne sont pas tenus de publier leurs comptes. Cet inconcevable laxisme comptable est évidemment un gisement inépuisable de malversations et de scandales révélés, ou potentiels.
Est-il acceptable que les ressources d'un syndicat ne proviennent majoritairement pas des cotisations de ses membres, mais de fonds attribués par l'état ? Ce mélange des genres est le levier de toutes les compromissions et de tous les pactes secrets. Est-il acceptable que l'UNSA*, faible en pouvoir mais fort en nombre d'adhérents, ne puisse pas s'asseoir aux tables des négociations nationales. De telles règles ne sont pas dignes d'un grand pays démocratique comme la France.
Démocratie, modèle social, transparence….qui peut le croire dans ces conditions ?
La rupture n'est pas souhaitable. Elle est vitale.


POUR MEMOIRE
Quelques taux de syndicalisation
France : 8%
USA : 15%
Espagne : 18%
Pays-Bas : 22%
Allemagne : 28%
Italie : 38%
Belgique : 58%
Suède : 80%


*Union Nationale des Syndicats Autonomes

Commentaires

"siègent à la Sécurité Sociale et aux instances de l'Assurance chômage. Ils gèrent aussi une grande partie des fonds colossaux de la formation professionnelle"


C'est ahurissant que si peu représentatifs, ils aient autant de pouvoirs !!

J'attends avec impatience le moment où ils prendront le rôle de la défense des salariés et point barre.

Personnellement, j'ai l'impression d'élire des gens, députés etc... et d'être dirigés par des syndicats politisés à outrance.

Leur pouvoir, ils ne l'ont gagné par leur représentativité !! mais uniquement par leur pouvoir de nuisance.

J'aimerais savoir combien représentent les fonds de l'Etat qui leur sont attribués... ce serait véritablement intéressant...

Et enfin... pourquoi les syndicats sont-ils si réticents à l'idée d'un vote à bulletins secrets pour la poursuite d'une grève dans les 8 jours ??? Pourquoi ?

Ecrit par : galac | 01 décembre 2006

REPONSE A GALAC
Le dernier rapport Hadas Lebel remis à Matignon estime le montant total des subventions données aux 5 syndicats par l'état entre 280 et 300 millions € (pour leurs seuls frais de fonctionnements), d'autres approches les estiment largement supérieures, plutôt entre 500 et 900 M€. Il est en réalité impossible de connaître les vrais chiffres et le rapport prend soin de préciser que ces chiffres sont "invérifiables au vu des données disponibles".
Ces quelques chiffres ne tiennent compte ni des 14 à 15.000 fonctionnaires mis à la disposition des syndicats pour assurer leur fonctionnement, ni bien sûr des fonds de la formation dont la répartition est totalement opaque.
Maintenant, pour votre question sur le vote à bulletins secrets...sa formulation contient la réponse.

Ecrit par : Philippe DERMAGNE | 01 décembre 2006

Merci M. Dermagne

Je trouve seulement dommage que cette information soit si mal connue.

Je ne sais pas où est la solution, mais il est certain que les choses ne peuvent rester telles qu'elles sont.

Ecrit par : mentalo | 01 décembre 2006

REPONSE A MENTALO
Cet état de faits a heureusement plus duré qu'il ne durera. Alors rassurez vous, les choses bougeront avant longtemps (après les élections) car la réforme est désormais ancrée dans les esprits de tout bord.
Tout vient à point qui sait attendre...mais il est grand temps !

Ecrit par : Philippe DERMAGNE | 01 décembre 2006

BONNE FETE DE SAINT NICOLAS
pour notre président
homme du nord, je sais la valeur de ce jour pour nous
tous nos espoirs sont dans cette année decisive
bonne fete NICOLAS SARKOZI

michel delehaye

ps une idée serrait de relier et de faire parvenir ce jour tous les messages dans ce sens rie de la boetie NON?

Ecrit par : delehaye | 06 décembre 2006

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