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30 novembre 2006
Quant à la candidature d'Alliot-Marie…
…elle serait le meilleur moyen d'offrir une nouvelle dynamique à Nicolas Sarkozy. De mon point de vue, voilà pourquoi.
D'abord adressons nos félicitations à Nicolas
Bravo et bonne chance à toi et à nous tous de l'UMP !
L'annonce officielle d'une candidature ressemble à une naissance : on sait que cela va arriver mais le jour J…ce n'est pas pareil ! J'aurais personnellement préféré plus de simplicité. J'ignore si la tactique média alambiquée retenue est le fruit d'un fumeux conseil en communication, mais entre nous…elle est absurde. La communication a été mon métier pendant 20 ans ( y compris politique), ce n'est pas ainsi qu'il faut s'y prendre. Mais peu importe le mode choisi, il sera oublié dès ce soir après son intervention sur France 2.
Pourvu que Michèle Alliot-Marie joue le jeu.
Si notre Président de la République et notre Ministre de la Défense ont vraiment la volonté d'aider leur camp - ce qui n'est pas vraiment évident à ce jour - alors Michèle Alliot-Marie doit affronter l'épreuve des élections internes. Il semblerait que cela soit sa ferme intention. Tant mieux ! Avec un potentiel de 20% au maximum, elle sait pourtant qu'elle ne peut pas l'emporter. Michèle Alliot-Marie est une femme intelligente, expérimentée et réaliste. Si "elle y va", cela n'est pas pour diviser, c'est encore moins parce qu'elle pense pouvoir gagner, mais c'est pour faire d'une pierre deux coups.
Après une confrontation des idées et des débats internes d'un bon niveau valorisant l'UMP toute entière, elle offrira sur un plateau une nouvelle dynamique à Nicolas Sarkozy et la confirmation de sa légitimité, façon Royal au PS.
Ce faisant, elle acquerrait simultanément une belle stature personnelle, socle probable de la réalité de son avenir politique (après la présidentielle).
Aider son camp tout en jouant placée…malin personnellement et excellent collectivement.
photos Le Point
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29 novembre 2006
DOSSIER : Système syndical français, un enjeu considérable.
Il est des dossiers dont l'importance pourtant stratégique ne se traduit pas par une exposition médiatique à la hauteur des enjeux. Pour avoir été saisi sur ce sujet par Matignon, le CES est pourtant sous les feux de la rampe. Mais attention, le terrain est miné par des bombes à fragmentations.
Un statut issu de la seconde guerre mondiale
Cinq syndicats se partagent les manettes et les 8% de salariés syndiqués (5% dans le privé) : CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC. Ces cinq organisations sont seules habilitées à négocier et à signer les accords de portée nationale depuis 1966.
Souvenons-nous par exemple que parmi les cinq critères officiels de la représentativité (adoptés en…1950 !), il y a " l'attitude patriotique pendant l'occupation allemande" ? Cela paraît aujourd'hui absolument surréaliste, mais explique par exemple que la CGT obtienne une "très belle note" sur ce seul critère suranné.
La France, bonnet d'âne
Ces cinq syndicats, CGT en tête, sont capables de paralyser notre pays entier avec quelques dizaines de piquets de grève bien placés et 5.000 personnes endoctrinées, notamment dans les transports. La France occupe le 30ème et dernier rang du taux de syndicalisation des pays membres de l'OCDE, avec le chiffre alarmant de 8% (cf tableau en bas de page).
Financements, la source de tous les blocages
Ces syndicats reçoivent de l'argent public pour leurs charges de fonctionnement, siègent à la Sécurité Sociale et aux instances de l'Assurance chômage. Ils gèrent aussi une grande partie des fonds colossaux de la formation professionnelle. Par ailleurs, rappelons que nos "Cinq Rois syndicaux" ne payent ni TVA, ni taxe professionnelle.
Enfin, parachevant l'archaïsme protecteur de leur situation statutaire, ces syndicats ne sont pas tenus de publier leurs comptes. Cet inconcevable laxisme comptable est évidemment un gisement inépuisable de malversations et de scandales révélés, ou potentiels.
Est-il acceptable que les ressources d'un syndicat ne proviennent majoritairement pas des cotisations de ses membres, mais de fonds attribués par l'état ? Ce mélange des genres est le levier de toutes les compromissions et de tous les pactes secrets. Est-il acceptable que l'UNSA*, faible en pouvoir mais fort en nombre d'adhérents, ne puisse pas s'asseoir aux tables des négociations nationales. De telles règles ne sont pas dignes d'un grand pays démocratique comme la France.
Démocratie, modèle social, transparence….qui peut le croire dans ces conditions ?
La rupture n'est pas souhaitable. Elle est vitale.
POUR MEMOIRE
Quelques taux de syndicalisation
France : 8%
USA : 15%
Espagne : 18%
Pays-Bas : 22%
Allemagne : 28%
Italie : 38%
Belgique : 58%
Suède : 80%
*Union Nationale des Syndicats Autonomes
21:00 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25 novembre 2006
HASARD OU ENTENTE SECRETE ?
Cette semaine, les trois grands magazines hebdomadaires consacrent leur Une à Royal. Tous simultanément ! Bizarre, vous ne trouvez pas !
Bien entendu chaque Rédaction s'en défendra, mais il m'est difficile de croire que seul le hasard ait amené ces trois magazines nationaux à consacrer leur couverture à Royal la même semaine.
Seul L'Express me semble avoir une démarche intellectuellement un peu plus honnête que ses confrères. Evidemment Royal se trouve quand même placée au premier plan…mais c'est probablement par courtoisie…ce
dont il est permis de douter !
Dévoreur de la presse de tout bord, française et étrangère, je suis extrêmement attentif à la sémantique et à la sémiologie journalistiques. Je vous engage à opter pour cette vigilance, vous n'en serez que mieux protéger, médiatiquement parlant.
"Ségolène", un prénom pain bénit pour la presse
Le Point titre " La vraie nature de Ségolène" alors que Le Nouvel Observateur va plus loin encore avec "Le roman de Ségolène".
On remarquera l'utilisation du seul prénom. Il offre sur un plateau une dimension affective à la candidate. En France, il n'existe plus qu'une seule Ségolène. Les médias la considèrent comme une Amie. Ils veulent la "vendre" aux Français comme une intime, un membre de leur famille, une "Mamma" à l'italienne, une
sainte qui protégera toujours le pauvre et l'orphelin.
Les médias vont en faire un mythe, aux lèvres brillantes toujours chargées de "gloss", en récrivant son enfance et son histoire, en façonnant sur mesure une nouvelle genèse, de telle sorte que chacun pense que Royal, c'est sûr, avait un destin national. ![]()
Alors qu'elle fut éduquée et élevée dans un univers bourgeois très confortable, les médias vont nous la présenter comme une jeune fille rebelle qui a payé ses études toute seule, après avoir refusé l'autorité du Père. Une telle femme ne peut avoir qu'un caractère trempé dans l'acier de la liberté, de l'indépendance intellectuelle et de la sincérité.
Sarkozy ne sera jamais appelé Nicolas.
Pouvons-nous imaginer des couvertures du Point ou du Nouvel Obs avec des titres tels que " La vraie nature de
Nicolas" ou "le roman de Nicolas". Je vous le dis, nous ne les verrons jamais et le prénom du président de l'UMP sera sèchement et toujours remplacé par "Sarkozy".
Mais les Français ne sont pas si bêtes ! Il est permis d'espérer que la "chérie catho...dique" de la presse n'aura pas un meilleur sort que la promotion médiatique massive du "Oui" pour le référendum européen. Le bon sens populaire a toujours le dernier …bon mot. Pour l'Europe c'est regrettable, mais pour les présidentielles cela serait heureux.
20:00 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22 novembre 2006
LETTRE OUVERTE A NICOLAS SARKOZY
Que la magie de l'internet fasse que cette lettre parvienne à son destinataire...pour le faire sourire un peu.
Mon Cher Nicolas,
Je m'adresse à toi directement car à certains moments, je suis sûr que tu te sens finalement assez seul. Tu sais…quand tu réfléchis le matin…en te rasant par exemple. Alors parfois je me dis que le témoignage d'un anonyme te fera du bien, hors de ton cercle de fidèles et d'amis bien sûr, mais aussi de courtisans.
Tu sais, je te connais depuis longtemps ! Je veux dire, personnellement. Notre Livret de Famille est signé de ta propre main. Eh oui ! Tu nous marias un certain 27 avril 1984 à Neuilly. Etant de plus de la même génération, c'est te dire combien nous pouvons être
complices toi et moi ! Tu es déjà le socle républicain de ma vie familiale, alors tu penses bien que ma vie future de citoyen te concerne aussi.
Oh ! bien sûr, depuis cette date heureuse de 1984, de nombreuses élections ont coulé dans les urnes et "mon" 27 avril 84 n'est rien par rapport à "notre" 22 avril" 2007. Mais tu es là, bien là, installé dans mon paysage politique national. C'est donc ma double affection, historique et politique, qui me pousse à t'écrire.
Moi, je suis un adhérent UMP, tu t'en doutes. A Boulogne, une cité exposée et convoitée. Mais là n'est pas le sujet.
Je t'écris parce que je veux t'apporter mon éclairage sur la terrible campagne qui t'attend. Ce n'est pas un scoop, tous les coups possibles te seront portés et tous les pièges vicieux te seront tendus. Sur ce registre cependant, je ne me fais pas trop de soucis.
En revanche, je te demande de rester sur tes gardes. Je te connais Nicolas, tu es un homme de bon sens et de cœur, aimant son pays, politiquement bien entouré, animé et porté par une volonté farouche, avec le niveau d'ambition qu'il convient d'avoir en de telles circonstances. Mais méfie-toi ! Non pas de ceux de ton camp – quoi que…mais je te fais confiance, tu sauras régler les chicaneries et bagarres internes - non, méfie-toi vraiment de Royal !
Partant de l'axiome que tu seras confronté à elle au second tour (bon, ce n'est pas gagné, mais supposons..), je souhaite que tu n'oublies jamais une chose : c'est une femme qui ne raisonne pas comme les autres ! Elle en a tous les attributs et les atours virginaux, mais ce n'est pas une femme, c'est une hydre politique.
De plus elle est servie par un parti puissant dont elle a trouvé les clés de la manipulation génétique en pleins champs...des caméras et des sondages. Nous savons qu'elle a parfaitement compris que la soif de pouvoir et la seule perspective de revenir aux affaires allaient lui faire accepter toutes les transgressions. Tu auras beau les dénoncer, cela ne servira à rien.
Tu dois lutter sur un autre terrain, celui de l'affectif et donc parfois de l'irrationnel. Oui, je sais, cela n'est pas facile, mais plus tu auras d'arguments fondés, de chiffres avérés et de projets intelligents (que tu dois évidemment utiliser par ailleurs), plus tu prendras le risque d'avoir en réponse un raisonnement fallacieux avec une petite phrase, certes souvent creuse mais qui portera. "Il n'est de pire sourd qui ne veuille entendre" nous rappelle sagement le vieil adage. Une partie des Français est dans cette psychologie perverse et navrante. Et puis, n'oublie pas non plus qu'elle n'est pas idiote, loin s'en faut !
Alors un bilan honorable c'est bien. Un programme ambitieux c'est un basique. Mais l'histoire nous a mille fois démontré que la victoire ne dépend hélas nullement de ces pré requis.
La victoire, Nicolas, seul toi peut l'arracher. Parfois tu devras même prendre des décisions sur lesquelles tes propres Conseils ne seront pas automatiquement d'accord. Fais alors comme tu le sens, avec ton intuition. Ce sont ton caractère, ta personnalité, ton charisme, ta sensibilité, ta spontanéité, ton expérience, ton verbe, ta faconde, ton envie, ton humour…qui feront la différence.
Confronté à une femme prête à tout, façon "Desperate Housewives", un homme part avec un réel handicap. Ta seule planche de salut est d'adopter la bonne posture, sans égard particulier, sans courtoisie exagérée, ni condescendance face à cette hydre politique. Une partie difficile je te l'accorde, mais je suis convaincu qu'il n'y a que toi pour la gagner. En bref, sois toi-même en toute circonstance, c'est la seule façon de toucher au coeur les Français.
Bien à Vous, Monsieur le Président.
PS : Dans ta campagne et après d'ailleurs aussi, donne le maximum de responsabilités aux femmes de qualité qui t'entourent.
Photos : Thierry Parant
16:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 novembre 2006
Royal, probablement la candidate la plus coriace
Nous pensons tous que le programme de l'UMP est sérieux, réfléchi et le fruit du bon sens. C'est indéniable et sur ce point notre mouvement semble avoir objectivement une certaine avance sur le PS. Mais si un bilan honorable est un pré requis qui n'a jamais fait la victoire, un programme - par ailleurs obligatoire - n'a jamais été non plus un argument définitif pour asseoir une campagne gagnante. Alors, comment nous y prendre ?
Il faut nous poser les bonnes questions
Je ne suis pas dans les petits papiers ni du comité exécutif de l'UMP, ni du cercle restreint des intimes politiques de Nicolas Sarkozy, mais gageons que la très nette victoire interne de Royal a du ébranler plus d'un de ses membres.
Nous ferions une erreur stratégique de considérer ce résultat comme anodin et sans conséquences sur le plan national. Les questions qu'il faut impérativement nous poser me paraissent claires : Que veut vraiment dire le score sans appel de Royal ? Est-il déclinable sur l'ensemble de l'électorat ? Comment lutter, sans perdre notre âme, contre cette imposture que les sympathisants de gauche eux-mêmes acceptent sans broncher ? Les 5 à 10% de l'électorat indécis dont le vote fera pencher la balance sont-ils sensibles au "mode Royal" et si oui, pourquoi ?…etc.
Royal n'est pas seule en jeu, mais...
A l'occasion de cette élection, la stratégie politique ne consiste sans doute pas à se focaliser uniquement sur les
atouts et les attributs de Royal. Nombre total de candidats, présences de Le Pen, de de Villiers et de Bayrou, les petites phrases de Chirac, de Villepin ou d'Alliot-Marie…tous ces paramètres comptent.
Mais si le match final est Sarkozy contre Royal, alors tout ce qui sera dit et fait durant la campagne prendra un relief singulier.
Au-delà des bons arguments, la bonne posture.
Il ne sert à rien de dénigrer l'inspiration dogmatique du programme du PS. Il ne sert à rien de nous lamenter sur la médiocrité des arguments absurdes et sans fondement de la candidate Royal. On dit toujours qu'une Présidentielle est une rencontre, une pulsion politique populaire, une affaire d'envie, de charisme et de force de conviction. Nous savons que Nicolas Sarkozy possèdent ces qualités, servies par un talent oratoire hors du
commun, une belle maîtrise de la controverse et une solide culture politique nationale et internationale. Cela n'est hélas pas suffisant pour que nous soyons rassurés sur l'issue d'un scrutin majoritaire à deux tours.
Ne surtout pas baisser la garde
Si une partie des Français a envie d'entendre des phrases d'espoirs sans lendemain, s'il a envie de croire encore à de belles promesses, s'il a envie d'entendre des illusions, s'il pense que le seul fait d'élire une femme est déjà la garantie, non du succès, mais au moins d'un vrai changement…alors Royal sera à l'Elysée avant même que nous n'ayons su ou pu nous retourner. Oh, bien sûr, elle peut s'écrouler et révéler sa véritable nature durant la campagne qui sera longue et usante. Nous pouvons en rêver mais n'y comptons pas. Cela serait le meilleur moyen de baisser notre garde et d'être vulnérables.
La mission de notre leader sera délicate
Nicolas Sarkozy devra à la fois garder sa ligne générale en évitant le piège du "tout sauf Sarkozy". Il devra faire
face à des arguments fallacieux, émis par un "Ange" souriant, en gardant son calme et sans condescendance ni ton doctoral. Il ne devra jamais oublier - et Dieu sait que c'est difficile – qu'il a en face de lui une femme et qu'à ce seul titre, tout propos pourra être interprété comme du machisme, voire comme une certaine misogynie. Il devra traiter Royal à la fois comme une femme et comme un homme, sans égard particulier ni agressivité trop marquée. La bonne mesure et les équilibres seront délicats à trouver.
Cette femme est prête à tout
La seule chose que Nicolas ne doit pas oublier est qu'il aura en face de lui
une candidate qui est le remake version politique de la série TV "Desperate Housewises"(sur Canal+ tous les jeudis soirs). Et contrairement à la traduction maladroite qui est faite de ce feuilleton à succès, le bon qualificatif n'est pas "désespérées, mais "prêtes à tout". Et le pire, est que cette posture sera acceptée par son propre camp qui est manifestement prêt à avaler des couleuvres pour arriver "aux responsabilités", comme ils disent.
14:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17 novembre 2006
Election de Royal, que dit la presse étrangère ?
Royal l'a donc largement emporté en ayant su attirer les votes de quelques 111.000 militants socialistes, sur environ 180.000 suffrages exprimés.
Je viens de passer deux heures à décrypter la presse étrangère…
Une première remarque : elle accorde une indéniable importance à l'événement.
Pour lire pratiquement tous les jours la presse étrangère, je puis vous dire que c'est relativement rare à propos d'un événement touchant à la politique intérieure française. J'ai mille fois constaté que des événements intérieurs, présentés aux Français comme ayant une portée mondiale, ne font généralement pas deux lignes dans les journaux à l'étranger.
Cela étant dit, la plupart des titres se contente de transmettre l'information, en soulignant notamment cinq points :
1. Royal est la première femme à représenter un grand parti dans la course présidentielle : elle aurait donc une chance certaine de l'emporter.
2. L'ampleur de sa victoire : pourrait révéler une aspiration profonde de changement de l'ensemble du peuple français
3. De nombreux journaux soulignent que la victoire de Royal serait essentiellement due à son langage décalé, au fait qu'elle n'hésite pas à sortir des sentiers battus et également à son apparente virginité politique qui se traduit par une certaine candeur ayant finalement plu aux militants
4. Elle va devoir maintenant s'attacher à réunir les différentes sensibilités du PS et le combat ne fait que commencer
5. Pratiquement tous les journaux prédisent une campagne présidentielle, dominée par le duel Sarkozy-Royal.
Que faut-il en penser ?
Je n'ai pas distingué de parti pris. Quelles que soient les sensibilités politiques des journaux et des majorités en place dans les pays concernés, l'information semble transmise de façon assez neutre. L'étonnement et la curiosité sont plutôt les sentiments qui dominent.
Seule chose intéressante de souligner : la victoire de Royal est perçue comme une véritable tendance des choix possibles du peuple français. La campagne présidentielle 2007 sera donc particulièrement suivie par le monde entier. Une femme qui deviendrait Présidente de la France, pays parmi les plus riches du monde et détenteur de l'arme nucléaire, serait effectivement un choc de portée mondiale. C'est précisément contre cet argument, intangible et impalpable, que Nicolas Sarkozy, son équipe et nous tous au quotidien devront lutter.
*Liste des titres de la presse étrangère en ligne utilisés pour cette revue :
Allemagne : Frankfurtur Allgemeine Zeintung et Berliner Zeitung
Belgique : Le Soir
Brésil : O Globo
Chili : El Mercurio
Espagne : El Pais
Italie : Corriere de la Sera
Royaume-Uni : The Independent, Times , Financial Time
Suède : Dagbladet
USA : International Herald Tribune, New York Times, Washington Post et Wall Street Journal
PETIT TRUC A CONNAITRE
Si consulter la presse étangère vous intéresse mais que la barrière des langues représente une difficulté, utlisez
le traducteur automatique situé dans la barre de navigation de Google (en haut à droite en cliquant sur "Orthographe"). Cet outil traduit en quelques secondes des pages entières de façon relativement satisfaisante.
12:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 novembre 2006
AVEZ-VOUS LU LE PROGRAMME DU PS ?
Lire le programme du PS relève du devoir et du civisme.
Tout en vous imprégnant des incantations socialistes, la lecture de cette anthologie de la pensée socialiste vous fera aussi passer un agréable moment. Personnellement j'ai parfois ri…à en pleurer !
Quelques phrases prises au hasard…
"…Notre objectif est de retrouver le plein emploi d'ici 2012…" Formidable !
"…pour y parvenir nous mettrons en œuvre un nouveau modèle de croissance…" Quel talent !
"…nous augmenterons le pouvoir d'achat par la négociation sociale…" C'est sûr !
"… nous donnerons à l'Université de nouveaux moyens…" Qui serait contre ?
"…nous continuerons à nous battre pour l'adoption d'une directive cadre européenne sur les services d'intérêt général…" On l'espère bien !
"…Nous voulons donner à l'Europe la capacité d'investir dans l'avenir eu augmentant fortement le budget…"
. Ne rions pas, c'est le mot "fortement" qui change tout !
"…nous relancerons la négociation sur le temps de travail, pour étendre le bénéfice des 35 heures, avec création d'emplois à tous les salariés…". C'est le meilleur moyen, la preuve est faite !
"…nous soutiendrons la promotion d'une agriculture de qualité…". Là encore, avouons-le, c'est particulièrement ambitieux !
"…nous amplifierons les moyens de lutte contre la violence à l''Ecole…" Nous voilà pleinement rassurés !
"…nous restaurerons la confiance des victimes envers la police…" Au fait, comment ?
" …un plan de renaissance urbaine permettra de lutter contre la spéculation immobilière…" . Rien n'est encore rédigé, mais avoir un plan est essentiel !
" …nous donnerons aux élus les moyens de se consacrer pleinement à leurs fonctions…" Nous sommes contents pour eux !
"… nous adopterons une loi pour que les salariés puissent participer à toutes les décisions qui relèvent de l'avenir de l'emploi et des salaires…". Là, tous les chefs d'entreprise n'ont plus qu'à rendre leur tablier.
"…nous augmenterons le budget de la justice…" Bravo, seule l'intention compte !
"… nous favoriserons un audiovisuel public fort pour une télévision de qualité où le pluralisme de l'information sera restauré…". Pourtant 90% de la presse n'est-elle pas déjà à gauche ?
"…nous proposerons la mise en place d'une ONU économique". Là, ne prenons pas de risques ! C'est une simple proposition.
Et perle parmi les perles venant en épilogue comme pour bien souligner la suractivité neuronale et le sérieux du document :
"…notre projet a tiré pleinement les leçons des expériences de la gauche au pouvoir…"
Au PS, tout est au futur, rien n'est au présent.
Outre les formulations qui sont alarmantes d'imprécision, l'esprit dogmatique transpire entre toutes les lignes. Le projet PS est incantatoire et n'est en réalité qu'une liste d'objectifs sans aucune méthodologie pour les atteindre. L'intégralité du texte est rédigé au temps futur et ne comporte pratiquement aucun chiffres mis à part "35" pour 35 Heures et 1.500 € pour le SMIC… "le plus tôt possible dans la législature".
Rappelez-vous, Hollande était très fier d'avoir su réunir les différentes tendances au sein du PS en obtenant un compromis. En fait de compromis, ce projet est la traduction d'une incommensurable vacuité politique et économique. Son sous-titre pourrait être "Demain on rase gratis !"
Vous ne perdrez pas votre temps à le lire in extenso. Croyez moi, cela vous donnera des arguments au Café du Commerce.
Un programme que vous pourrez même chanter sur un air de Michel Fugain..."C'est un beau roman, c'est une belle histoire...".
16:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11 novembre 2006
Colombey 0 - Saint-Etienne 0
MATCH NUL, SOUS UN SPECTRE ARBITRAL
Je n'apprécie pas cette chicane à distance entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac à propos du Gaullisme. Personne n'a le droit de s'approprier l'Histoire.
Les Vieux - dans l'acception africaine du terme, sans aucunes connotations insultantes ou méprisantes - n'aiment pas le changement. C'est finalement assez paradoxal. Nous pourrions imaginer qu'avec les années, la simple idée
du changement soit le meilleur des remèdes pour reculer la finitude à laquelle nous sommes tous confrontés. Eh bien non ! Plus on vieillit et plus on aime le passé, ce qui peut aussi se comprendre; regarder le passé pouvant être après tout le meilleur frein d'un avenir tant redouté. "C'était mieux avant" est ce que se disent toutes les générations depuis la nuit des temps. Pourtant le monde avance, en tout cas évolue inexorablement depuis toujours.
Si cela semble décidément bien compliqué, il est une certitude et une constante : la résistance au changement des Vieux n'a jamais fait trembler les Jeunes épris de nouveautés et d'évolutions. C'est heureux !
A propos des institutions
A Colombey Jacques Chirac met en garde " ceux qui aujourd'hui, par ignorance ou par calcul, voudraient ébranler cet édifice" (la Constitution).
A Saint-Etienne, Nicolas affirme de son côté que " le Gaullisme ne se commémore pas, il se vit". Si je préfère assez spontanément cette conception dynamique du Gaullisme, elle ne me convient pas non plus, pour ce qu'un tel propos révèle d'une rivalité stérile.
Le Gaullisme n'appartient à personne…
Le jeudi 30 mai 1968, j'étais sur les Champs-Elysées, derrière Malraux, Debré (le vrai !) et tant d'autres. J'avais à peine 18 ans. Je portais haut un drapeau tricolore frappé d'une Croix de Lorraine. Je n'ai pas pour autant la moindre pulsion pour m'estimer copropriétaire du Gaullisme, investi d'une sorte de mission de gardiennage politique. Les seuls qui pourraient s'en prévaloir sont ceux qui sont allés à Londres en 1940.
…et personne ne peut prétendre savoir ce qu'il ferait aujourd'hui
J'ignore totalement ce que penserait ou ferait Charles de Gaulle en ce début de XXIème siècle. L'histoire atteste qu'il fut un homme de rupture et non un conservateur, tant en 1940 qu'en 1958 et jusque 1969, année de sa démission grandiose après un référendum sur la décentralisation qui lui fut défavorable. Bel exemple de démocratie. Quand je pense que Mitterrand a osé le comparer à un dictateur !![]()
Pour s'approcher de sa pensée, je ne peux que me référer aux dix mots* qui sont revenus le plus souvent dans ses discours et ses écrits : France, Pays, République, Etat, Monde, Peuple, Nation, Progrès, Paix, Avenir.
Ces mots sont déjà et toujours tout un programme politique, parfaitement d'actualité. Un seul mot manque à la panoplie : Europe, mais il en fut l'un des principaux maîtres d'œuvre.
Sans Charles de Gaulle, le Gaullisme est une abstraction politique.
Le Gaullisme est une simple et belle résurgence, relancée au milieu du XXème siècle par un Homme d'exception aimant passionnément son pays et son Peuple, d'une certaine idée universelle et intemporelle de la France : libre, forte, indépendante, solidaire, sociale, mais aussi consciente des réalités d'un Monde qui évolue.
Envisager une évolution de nos Institutions n'est pas un crime républicain et encore moins une idée qui doit être condamnée au prétexte qu'elle serait contraire au Gaullisme. C'est au contraire trahir sa mémoire que de refuser l'idée même de mouvement. Jacques Chirac n'a pas à mettre en garde ceux qui envisagent une évolution des institutions, et encore moins Nicolas Sarkozy leader d'un mouvement dont les origines historiques sont sans ambiguité.
Mais Charles de Gaulle n'est pas là pour arbitrer ce match nul. Il aurait sans doute levé son drapeau pour décréter le hors jeu.
* Les 10 mots révélés dans "Le Vocabulaire du Général de Gaulle" de Jean-Marie Cotteret et René Moreau, après une analyse implacable d'un ordinateur
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07 novembre 2006
LE LIEN DU SOUVENIR ARMENIEN
Par solidarité, par humanisme et par obligation morale...je rends ici hommage aux 1.500.000 martyrs du génocide arménien que le gouvernement turc persiste à nier (lien permanent en bas à gauche de cette page d'accueil).
Un ami de 30 ans, Jean Eckian (créateur et promoteur du site internet "In Homage" ), me disait très récemment
que la Turquie aura beaucoup de mal à reconnaître cette phase honteuse de son histoire pour une raison strictement financière. Selon lui, si la Turquie reconnaissait officiellement ses torts, des dizaines de milliers d'Arméniens demanderaient réparations et indemnisations. C'est possible, mais je ne crois que cela soit ce que demande la majorité de ce Peuple pour retrouver son histoire dans la sérénité.
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05 novembre 2006
NICOLAS HULOT NE SERA PAS CANDIDAT
Son livre sort mardi 7 novembre et déjà toute la presse en parle. Le JDD en fait sa Une, donnant en partie le ton du fond rédactionnel tous médias confondus qui nous attend la semaine prochaine.
Sans doute la personnalité la plus aimée des Français. A juste titre
Comment ne pas trouver sympathique et attachante la croisade environnementale de Nicolas Hulot ? Comment ne pas être de son avis ? Comment ne pas accorder grand crédit à celui qui a sillonné la planète entière depuis 20 ans en sachant nous faire partager ses merveilles ?
Nicolas Hulot, c'est le Cousteau nouvelle génération. C'est celui qui nous fait rêver devant notre poste de télévision. Nicolas Hulot aime tellement la nature qu'il sait nous faire communier avec lui et avec elle. C'est aussi celui que l'on sent investi d'une mission d'alerte, d'un devoir de vigilance universelle. Bref, c'est un homme qu'on aime obli-ga-toi-re-ment ! Moi le premier.
Il prend le risque d'être instrumentalisé
Dès qu'il parle, ses propos prennent automatiquement une dimension politique. Les Verts ont évidemment tendance à le considérer des leurs, des Voynet, Yann Wehrling ou autre Noël Mamère
ne supportant pas qu'une personnalité de son calibre joue dans leur pré carré. Pour le PS, un protecteur de l'environnement ne peut être qu'un homme de gauche. Quant à Royal, qui écoute tant l'opinion des Français, elle ne va pas tarder à sortir un couplet opportuniste sur le sujet. Il suffit d'attendre.
Nicolas Hulot va sans aucun doute influencer les candidats dans le choix de leurs thèmes de campagne, mais il est trop sage pour se présenter lui-même. En la circonstance, il n'est ni de droite, ni de gauche. Il utilise simplement son aura médiatique pour défendre la nature…de ses idées !
Le danger est qu'il soit malgré lui instrumentalisé par les prédateurs politiques qui rôdent autour de lui. Le député
vert européen Jean-Luc Bennahmias a donné le ton en déclarant de façon condescendante
"…il sera candidat, mais il est le seul à ne pas le savoir"*.
Un propos insultant pour Nicolas Hulot qui sera, souhaitons le, suffisamment clairvoyant et lucide pour se démarquer et s'éloigner de ce type de personnages.
Nicolas Hulot ne se présentera pas, j'en fais le pari et le voeu
L'environnement et l'écologie étant devenus un passage obligatoire pour tout candidat, le thème n'est déjà plus un argument de campagne différenciateur. Chacun présentera sa méthode de lutte environnementale de façon plus ou moins crédible, mais aucun n'en tirera profit dans les urnes. Tout comme Al Gore avec son film, Nicolas Hulot a donc déjà gagné sa bataille personnelle.
Mais ce n'est pas cette évidence qui l'arrêtera dans sa volonté de se présenter. La vraie raison sera à mon sens politique. Hulot est un libéral qui ne veut probablement pas défavoriser le camp pour lequel il a, j'en suis convaincu, un penchant naturel. Dans l'hypothèse où il se présenterait, il capterait un électorat autant de droite que de gauche, ce qui de toute façon affaiblirait le camp de ses préférences libérales. Nicolas Hulot, j'en forme le voeu, préférera donc garder sa liberté de jugement et d'expression lui permettant de critiquer qui bon lui semblera, cette fois sans distinction politique. Sa vraie force.
*Source JJD - Photos JJD, sipa
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03 novembre 2006
LE MONDE BOUGE !... VOUS ETES SÛRS ?
Aujourd'hui, trois informations qui ne sont pourtant pas des scoop doivent nous faire garder une conscience aiguë sur les évolutions d'un monde en profonde gestation. Je vous les soumets en guise de réflexion. Et n'oubliez jamais que mes articles ont en principe toujours un rapport avec l'objet même de mon blog : contribuer à la victoire en 2007. Pour découvrir le lien il faut évidemment lire le papier jusqu'au bout...
1. La Chine et l'Afrique.
Un sommet sino-africain se déroule en ce moment à Pékin. Un seul chiffre suffit à donner l'ampleur du phénomène : 48 ! C'est le nombre des pays africains qui ont répondu présents à ce sommet, sur un total de 53.
Les échanges entre la Chine et l'Afrique ont été multipliés par 10 en dix ans, passant de quelques 400 millions de dollars en 1995 à 40 milliards en 2005 (importations+exportations).
Enfin, 30% du pétrole brut importé en Chine (38 millions de tonnes sur un total de 127) provient du continent africain, notamment de l'Angola et du Soudan, pour mémoire pays du Darfour. ![]()
Ces quelques statistiques démontrent et nous rappellent que l'Afrique est déjà et sera de plus en plus sous l'emprise de la Chine, qui semble commettre les deux erreurs que l'Europe avait faites aux XIXème et XXème siècle : puiser sans mesure dans les réserves naturelles de ce continent et inonder les pays d'investissements sans retour réel ni pérennité pour les peuples des nations concernées.
2. Vladimir Poutine tisse sa toile
Le nouveau tsar russe continue à tisser tranquillement son réseau d'influences. Il installe les verrous de son pouvoir en plaçant bon nombre de ses amis ex- KGB ou du FSB (les nouveaux services secrets russes et émanation du KGB) aux postes stratégiques de l'économie, énergie en tête, et des armées. Des hommes tels que Sergueï Ivanov (Ministre de la défense), Sergueï Tchemezov (Président de Rosoboron Export, agence d'exportation d'armes), Viktor Ivanov (Secrétaire adjoint du Kremlin et Président de la compagnie aérienne Aeroflot) ou encore Igor Setchin (Président de la compagnie pétrolière Rosneft)…
Bref, nous assistons à la mise en place d'un outil diabolique au service exclusif des désirs politico-stratégiques fantasques de Vladimir Poutine. Si les démocraties occidentales ne peuvent rien faire, elles doivent rester extrêmement vigilantes sur le chantage énergétique qu'exerce déjà cet inquiétant personnage. Très inquiétant !
3. L'Iran et le nucléaire militaire
Avoir la conscience des changements du monde
Tels sont donc les trois faits internationaux majeurs - parmi tant d'autres - sur lesquels je voulais attirer l'attention. Il n'y a rien de nouveau et chacun d'entre nous les connaît. Mais leur accordons-nous toute l'importance souhaitable ? Nous rendons-nous compte des conséquences ? En tenons-nous compte dans nos décisions économiques et politiques ?
La France peut un jour se réveiller avec une grosse migraine, car elle n'aura pas vu, pas voulu voir ou simplement pas apprécié à leur véritable mesure la nouvelle donne internationale, les ruptures en cours et les nouveaux enjeux. Nous avons tendance à maintenir dans une illusion stérile les 62 millions de Français sur fond de RTT et d'exception française. La presse nous assomme d'une actualité lénifiante trop souvent sans intérêt pour vendre du papier. Les politiques nous submergent de promesses euphoriques en nous plongeant dans un bain d'anesthésiants.
Quel est le rapport avec les élections présidentielles ?
La France retrouve une croissance porteuse d'emplois. Elle est en train de rebondir. Une influence sur le plan international passant nécessairement et entre autre par une bonne santé économique, souhaitons que notre redressement se poursuive. Ce n'est vraiment pas le moment de généraliser les 35 heures ou de renationaliser Gaz de France. Mais nous devrions aussi regarder le monde en face, tel qu'il est et devient, pour mieux le comprendre et pour contribuer vraiment à ses grandes orientations. En ce domaine, c'est à la presse et aux politiques de faire notre éducation. La font-ils ? Rien n'est moins sûr.
Dans ce contexte international hostile où ne jouent pas que des enfants de cœur, notre futur Chef de l'Etat ne devra pas développer le moindre angélisme. Il devra aussi avoir une pertinence stratégique pour appréhender les problèmes et une vue globale des bouleversements du monde, avec des prises de positions, sans gérer la France en fonction des sondages et de la rumeur.
Sinon la France risque de ne plus être pour très longtemps encore parmi les nations qui comptent, avec une parole qu'on écoute.
Photos Les Echos
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02 novembre 2006
DARFOUR ET BANLIEUES
Alors que le Nouvel Obs fait sa dernière couverture sur les banlieues qui brûleraient en titrant d'un "SOS" outrancier, il se prépare un génocide au Darfour dans l'indifférence internationale générale. Oh, après tout, ce n'est rien ! Nous ne parlons ici que de 6 millions de femmes, d'hommes et d'enfants innocents en route pour le massacre.
Un anniversaire empoisonné
Il serait imbécile et inhumain de nier la réalité des épouvantables difficultés économiques et sociales qu'affrontent des habitants finalement parqués dans des zones devenues sensibles. Contrairement à ce qu'affirme l'opposition, le programme mis en œuvre par le Gouvernement, Jean-Louis Borloo en tête (avec les 500 quartiers prioritaires et un budget de 25 à 30 milliards € sur 3 à 5 ans qui seront essentiellement consacrés à la rénovation immobilière et à l'animation urbaine) portera ses fruits sous 36 ou 48 mois. Il faut du temps, dans tous les cas plus d'un an, ce qui rend insupportable et scandaleux le concept d'anniversaire lancé et relayé par tous les médias.
De l'huile sur les braises d'un malheur social.
Les incendiaires de bus, les voyous qui attaquent par pur plaisir, les abrutis avec lecteur MP3 et fumettes en poches qui mettent à sac tout un quartier en une nuit, ou encore les adolescents cagoulés assassins ayant perdu tout repère ne sont assurément que quelques centaines dans la France entière. Manipulés ou non, instrumentalisés ou pas, l'exploitation médiatique est un véritable drame qui se cumule aux drames.
La France est en ébullition parce que quelques centaines de voyous désoeuvrés ayant trop regardé sans surveillance les séries policières à la télévision sont prêts à en découdre avec les CRS. Ils jouent avec des cocktails molotov et des armes de poing, comme nous jouions aux soldats de plomb ou comme nous nous amusions à lancer des bombes…à eau sur les passants.
Mais attention, les mêmes causes produisant les mêmes effets, une minorité peut entraîner une majorité. Aujourd'hui, ces criminels peuvent générer un effet d'entraînement auprès d'une population économiquement et socialement en errance, donc affaiblie sur le plan psychologique. Là est le vrai danger de l'exploitation outrancière de ce qui devrait pourtant rester dans le tiroir des faits divers et des chiens écrasés.
Non seulement cette surexposition médiatique déforme la vérité et l'ampleur des événements, mais surtout elle nous rend incapables d'agir à court terme sur les bons leviers. Tout est trop sensible. Si les médias ne créaient pas cet effet loupe, tous les Français et tous les Politiques seraient d'accord sur les solutions immédiates à apporter.
Le drame social est à Marseille, le cataclysme humanitaire est en Afrique![]()
En acceptant de prendre un recul non partisan, que représente cette malheureuse jeune femme de 26 ans brûlée à Marseille par rapport aux 6 millions d'êtres humains en péril au Darfour ? Angélisme que de le rappeler ? Assimilation douteuse que de faire cette comparaison ? Politiquement incorrect que d'oser le souligner ? Le lien entre nos banlieues si proches et le Darfour si lointain est pourtant simple : c'est l'humanisme contre la barbarie. Si le premier finit toujours par triompher, la seconde gagne toujours les premières batailles. Mais entre les deux phases, on aura laissé tuer un seul ou des millions d'Etres humains en prenant le risque de creuser le lit des extrémistes, des dictateurs et des tyrans de tout acabit.
Parler du Darfour serait bien pour nous aussi...
Il serait égoïstement bénéfique pour nos banlieues chaudes et la sérénité de notre nation de voir le Nouvel Obs titrer "SOS Darfour". Cela serait une bonne façon d'isoler et de relativiser les véritables racines de la violence dans nos quartiers sensibles et constituerait un excellent outil didactique pour tous.
Ah mais…suis-je bête ! J'allais oublier de préciser que cela permettrait aussi d'augmenter la pression sur la Chine qui pose son veto à une intervention des forces de
l'ONU dans cette région du monde, au motif non avouable qu'elle est le premier acheteur du pétrole soudanais.
Il est aussi inutile d'envoyer deux compagnies de CRS à Marseille pour calmer 100 voyous, qu'il semble vain d'expédier 10.000 hommes de l'ONU pour en sauver 6 millions.
"Une tragédie ordinaire" comme l'écrit Jacques Attali.
16:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

