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07 décembre 2006

Ascenseur social, un concept piège.

Quittons la chaleur de l'actualité pour aborder un sujet de fond : l'égalité des chances dont l'une des facettes est illustrée par un concept hélas bien installé : "l'ascenseur social". Un outil cher au PS et à la CGT qui recèle en vérité bien des pièges, voire même quelques turpitudes...

Le mot "ascenseur" est porteur d'une connotation d'automatisme et surtout de facilité qui me déplaît. C'est une illusion qui va à l'encontre de l'objectif poursuivi : donner les mêmes chances à chacun et à tous.

medium_ASCENSEUR_SOCIAL_EN_PANNE.gifAvec son livre "L'ascenseur social est en panne, j'ai pris l'escalier"* - quel formidable titre ! - Aziz Zenni et Jean-Marc Pitte (journaliste à France 3) avaient fait quelques vagues en octobre 2005. Ce livre expliquait comment un enfant d'une cité partant du bas de l'échelle a vite compris qu'il fallait se battre pour s'en sortir et que c'était possible. Dur, mais possible !

Pourquoi un piège ?
Il est pervers d'offrir des ascenseurs à ceux qui veulent s'en sortir pour une raison simple : ils n'en ont pas besoin. Ils ont la farouche volonté de trouver leur chemin. Voilà une affirmation politiquement très incorrecte qui mérite d'être pondérée. Quels que soient le paysage de leur vie et le cadre de leur éducation, les personnes courageuses parviennent toujours à s'en sortir. Est-ce une raison suffisante pour ne pas améliorer et élargir la palette des possibilités du progrès social, bien sûr que non ! Mais voilà pourquoi il faut édicter de nouvelles règles en fonction du principe de l'égalité des chances républicaine et non de celui de l'égalitarisme socialiste. L'égalitarisme tire tout le système vers le bas alors qu'il faut précisément avoir l'ambition du contraire. La seule égalité des chances qui vaille, c'est à l'école puis à l'université qu'elle se forge en développant les orientations qui débouchent sur des emplois.

Le "Mauvais" chasse toujours le "Bon".
Il est un vieux principe économique qui affirme que "la mauvaise monnaie chasse la bonne" (principe édicté par Sir Thomas Gresham au XVIème siècle, mille fois vérifié depuis). Déclinable sur le plan social, ce principe permet de penser que "le mauvais ouvrier chasse le bon" ou encore que "le mauvais état d'esprit chasse la morale et la justice". C'est une loi de la nature humaine et de la vie collective. medium_THOMAS_GRESHAM.jpg

La réussite, c'est comme les antibiotiques, elle ne peut être automatique !
Pour vouloir aider ceux qui le méritent ( et il le faut !), nous ouvrons cependant la brèche aux "fainéants-combinares". Ceux-là ne sont pas assez stupides pour ne pas exploiter, toujours très habilement, le système mis à leur disposition. C'est en cela que l'ascenseur social est un concept pervers. Il faut du courage pour travailler, il faut du courage pour oser, il faut du courage pour persévérer et entreprendre. Tout organisation sociale qui tend à rendre trop facile ce qui est difficile est voué à l'échec car, malheureusement, elle donne l'occasion à ceux qui ne jouent pas le jeu d'être des profiteurs qui ralentissent tous les autres. En cela la vie peut être comparée à un carrefour encombré dans lequel s'engage un automobiliste qui ne veut pas admettre, ou se rendre compte, qu'il bloquera à lui seul tous les autres. Le mauvais automobiliste chasse donc le bon qui, pour se défendre, se met lui aussi à enfreindre les règles...etc, etc ! Il faut donner les mêmes chances à tous mais en maintenant deux grandes valeurs : l'effort et le mérite. C'est une autre loi de la nature humaine que les chimères collectivistes ne veulent pas admettre.

Le programme de l'UMP s'inspire directement de l'exemple d'Aziz Zenni
Avec son 5ème engagement (Une société du respect …), son 6ème (Revaloriser le travail…) et son 7ème (L'éducation...) l'UMP veut installer une société de l’égalité des chances. Je vous engage à lire intégralement le programme de l'UMP et la liste des propositions très précises qui l'accompagnent (nous sommes à des années- lumière de l'angélisme et de l'archaïsme PS).
La perfection n'existe pas, mais je crois très sincèrement que notre projet tend à réinstaller les fondations d'une société où chacun a ses chances, en évitant le piège de l'égalitarisme tout en protégeant la justice sociale. Tout ne se fera pas en un jour, mais la volonté existe et le chemin est tracé.

Convenons cependant que la marge est mince et la frontière fragile avec un système qui deviendrait injuste. C'est toute la difficulté et l'enjeu de notre programme que les socialistes ne sont génétiquement pas construits pour comprendre et encore moins mettre en oeuvre.
Charge à l'UMP et à l'ensemble de ses militants de le faire comprendre à ceux qui doutent.



* Editions de l'Archipel, octobre 2005, préface de Claude Bébéar

Commentaires

Effectivement, l'ascenseur social est à double tranchant. Mais il est légitime d'aider aussi et surtout ceux qui s'aident eux-même. Un exemple: je n'ai aucun diplome, si ce n'est le BEPC. Je me suis arrété 1 an avant le bac (ce qui n'est la chose la plus intelligente que j'ai faite, j'en conviens...). Aujourd'hui, je suis commercial dans l'automobile. Parcours semé d'embuches, intérim... Mais j'y suis arrivé. Ce qui me plais dans le programme UMP, c'est la notion de volontarisme, de dépassement de soi. La gauche a toujours proné l'assistanat, et comme vous le disiez, le nivellement par le bas.
La ou le bas blesse, c'est pour tout ce qui est formation. La VAE est une bonne chose, mais il y a encore du boulot, et l'UMP semble s'etre investi d'une mission dans ce domaine. C'est ça qui me plait. A tout age, on peut se remettre en question et balayer les erreurs passées avec de la bonne volonté. Et c'est ça qu'il faut proner. Ca passe par la responsabilisation de l'individu. Et c'est à nous de le faire comprendre !

Ecrit par : Julien Couvelard | 09 décembre 2006

A JULIEN
Toute la difficulté est de mettre en place des systèmes et des filières qui aident ceux qui "ont envie", tout en offrant les mêmes chances à tous dans un esprit de justice sociale. Dur, dur ! La VAE donne la possibilité de transformer en diplôme l'expérience, mais bien sûr le chemin demeure semé d'embûches...que les courageux savent franchir. Il me semble que tu en es un bel exemple.

Ecrit par : Philippe DERMAGNE | 10 décembre 2006

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