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19 décembre 2006

PEUT-ON VRAIMENT QUITTER LA SECURITE SOCIALE ?

Les Français l'ignorent : il serait possible de quitter la Sécurité Sociale ! Mais arrêter de payer ses cotisations à l'URSSAF, est-il un droit ou un canular ? Un dossier explosif qui commence à circuler et que les politiques et surtout les instances de la sécurité sociale devront prendre à bras le corps avant longtemps..

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Alors que la dette publique laisse la France avec les deux pieds dans un bloc de béton, il est toujours intéressant de s'attarder sur un dossier dont le déficit cumulé est de 40 à 50 milliards. Rappelons que pour la seule année 2006, les pertes de la SS seront de l'ordre de 8 à 10 milliards €.

INFO OU INTOX ?
Il est très difficile d'y voir clair. Le chantre de cette campagne est Edouard Fillias, jeune candidat potentiel à l'élection présidentielle, créateur président du parti Alternative Libérale (un millier d'adhérents dit-on). Pour lui, c'est acquis, les Français ont le droit de renvoyer leur carte Vitale et de cesser de cotiser en respectant toutefois un certain nombre de conditions. Pour la Sécurité Sociale, c'est évidemment contraire à la loi et même clairement passible de lourdes amendes financières et de graves sanctions pénales.
Où est la vérité ? Ce n'est pas ici que vous trouverez la réponse tant l'imbroglio juridique est dense. Le problème trouverait son origine dans les contradictions voire les incompatibilités qui apparaîtraient entre les Directives européennes (n° 92/49 CEE du 18 juin 1992 et n° 92/96 CEE du 10 novembre 1992) et la loi et les différents codes concernés français, notamment celui de la Mutualité.

ATTENTION, GRAND DANGER !
J'ignore si Fillias a raison et ce n'est d'ailleurs pas le problème sur lequel je veux attirer l'attention. Ce garçon me semble en effet totalement inconscient et irresponsable. Car de deux choses l'une : ou il a raison et dans ce cas le passage d'un système de monopole à une situation concurrentielle, bien que souhaitable, ne peut être préparé qu'avec prudence et longtemps à l'avance selon un échéancier très précis; ou il a tort et dans ce cas Fillias allume un incendie sans aucun fondement ce qui peut aggraver encore plus la situation de notre sécurité sociale et le principe de solidarité.
Tout le monde n'est pas Monsieur Fillias et de nombreux français dont la situation est déjà difficile ne peuvent s'offrir le luxe du moindre incident de remboursements ou de prise en charge de leurs frais de santé.
Fillias ferait bien de réfléchir un peu plus aux conséquences potentielles dramatiques de ses déclarations.
Se faire connaître à l'occasion de l'élection présidentielle est une chose. Utiliser tous les moyens pour y parvenir relève en la circonstance d'un crime de lèse République.

Commentaires

Vous faites plusieurs confusions. La revendication de Fillias est essentiellement politique. Il demande la fin du monopole à l'inverse de Claude Reichman qui l'affirme.

Deuxième confusion, sécu et solidarité n'ont rien à voir. La CMU est financée par vos impôts, pas par vos cotisations et c'est normal. Rien n'empêche que l'asssurance maladie soit exercée par des acteurs privés comme c'est le cas dans la majorité des pays, en imposant l'obligation de s'assurer. Savez vous que les assureurs privés font aussi bien que la sécu pour 20 à 30% moins chers?

Et cela ne remet absolument pas en cause votre solidarité imposée..

Votre post confirme une chose cependant, l'UMP n'est pas un parti libéral et croire qu'on peut faire avancer le libéralisme en son sein est illusoire.

Ecrit par : Camille | 19 décembre 2006

Cher(e) Camille,
Je ne fais aucune confusion et la couverture sociale ne se limite pas à la CMU, loin s'en faut.
Mon article pose une question que seuls des experts des droits nationaux et européens sont peut-être capables de résoudre. Je n'ai pas la réponse à la question que je pose.
S'il est évident que les assureurs privés sont capables de faire mieux que la SS, cela ne veut pas dire que nous en avons le droit.
En revanche et enfin, détrompez-vous. L'UMP est un bel et bien un parti libéral, mais pas un libéralisme échevelé et sans conscience. Nous tentons simplement de rendre compatibles la solidarité, la réussite par le mérite et la justice sociale. C'est toute la différence entre l'égalitarisme socialiste et l'égalité des chances de la droite libérale et sociale. Ne vous en déplaise.

Ecrit par : Philippe DERMAGNE | 19 décembre 2006

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