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17 février 2007

L'ENIGME JACQUES ATTALI

Son parcours auprès de Mitterrand étant à mes yeux trop empreint d'ésotérisme pour nombre de Français, je ne fais pas partie des admirateurs d'Attali. Il n'en demeure pas moins que ses analyses sont toujours intéressantes. Il fait partie du gotha des intellectuels dont l'influence est grande.

medium_ATTALI_JACQUES.2.jpgJacques Attali est un humaniste, son engagement pour aider de nombreuses régions déshéritées du monde le prouve. Mais c'est surtout un cerveau qui passe son temps à réfléchir. Un loisir auquel certains de nos Politiques devraient consacrer un peu plus de temps !
Extraits d'une interview dans Les Echos du 15 février, voici quelques morceaux choisis :

1. A propos de la campagne en cours
"…le pays est submergé par une vague de populisme, avec une surenchère de promesses sociales non financées. Ce populisme est heureusement aujourd'hui incarné par deux démocrates de qualité, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. C'est une chance."

Surprenante conclusion, qu'il explique immédiatement après :
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"…ce populisme pourrait être incarné par un autre candidat, lui aussi jeune, brillant, convaincant, séduisant, nouveau…mais d'extrême droite. Cela se produira si le prochain président, élu sur une base populiste, échoue."

2. Répondre aux interrogations immédiates est-il populiste ?
"Oui, quand on ne les replace pas dans le contexte global de la préparation de l'avenir."

Attali pense par exemple ici à la question des retraites qui vont arithmétiquement au désastre social si rien de sérieux n'est fait

medium_ATTALI_2.jpg3. A propos du déclin :
"…ce n'est pas ("pas encore" ndlr) grave si nous savons réagir. Mais nous ne nous y préparons pas : le déclassement de nos universités, le départ de certaines de nos élites, la volonté de chacun de réagir individuellement et non collectivement est le signe d'une menace de déclin absolu."

4. La pétition de Jacques Delors sur l'impôt :
"Elle vise juste. La réhabilitation de l'impôt est aussi nécessaire que celle de l'entreprise."

5. A propos des gaspillages :
" …il ne faut pas traquer l'impôt, mais équilibrer les dépenses et recettes…"

6. A propos de l'organisation administrative de notre territoire :
"…Pour bien fonctionner, le pays a besoin de trois fois moins de régions et de communes, et il n'a plus besoin de départements et de cantons…"

puis il précise :

"…le pouvoir politique ne tient d'ailleurs plus, en grande partie, que par cette superposition des strates de pouvoirs locaux : c'est son dernier théâtre. C'est pourquoi il refuse de le remettre en cause."

Sur ce sujet, rappelons que les Régions françaises sont toutes dirigées par la gauche sauf deux : l'Alsace présidée par l'UMP Adrien Zeller et la Corse présidée par Ange Santini ( ce n'est pas une Région mais une Collectivité territoire).

7. A propos de ce qu'aiment les Français
"…les Français sont plus lucides qu'on ne le croit….ils aiment les hommes courageux….ils veulent surtout qu'on les dirige…"

8. A propos des gaffes de Royal
"…elle en a déjà commis plusieurs, et non des moindres !"

Puis Attali ajoute :
"…rien ne se jouera sur la compétence".

Un avis surprenant si on a l'ambition d'élever le débat, en même temps que la culture et la maturité politiques du peuple français.

medium_ATTALI_3.jpg9. A propos de Bayrou :
"… sa démarche d'indépendance est estimable….si Bayrou n'est pas au second tour, il ne pourra rien faire d'autre que de rallier Nicolas Sarkozy pour préparer les législatives."
De façon subliminale Jacques Attali pense donc que Bayrou pourrait atteindre le second tour, ce qui donne une idée de son opinion sur le potentiel de la candidate du PS.

10. A propos de la qualité première d'un président
"…il est donc très important que le futur président ait pu réfléchir longuement à l'avance qu'il imagine pour la France dans vingt ou trente ans."

Notons simplement qu'à aucun moment Attali ne prend le soin de mettre au féminin le mot président.

Evidemment, soyons honnête !
J'ai tendance à faire une interprétation de ces propos avec le prisme déformant du militant UMP. La gauche reste le camp naturel de Jacques Attali et je n'ai pas ici retranscris le passage où il prête à Royal de grandes qualités.

Mais j'ai quand même le sentiment que ses remarques égratignent à fleuret moucheté des sujets de fond comme par exemple, la capacité de Royal à diriger le pays ou sa démocratie participative.
Et si ce n'était pas l'intention de Jacques Attali, l'ambiguité si ce n'est l'énigme de ses déclarations restent entières.

Fait-il cependant partie des intellectuels dont le coeur balance ? A vous de juger !

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