18 février 2007
MIGRATION DES INTELLECTUELS
Les intellectuels apostats de la gauche sont-ils des expatriés de la pensée unique ?
De mémoire politique, je n'ai pas souvenir d'avoir assisté à une telle tentation de cerveaux de
gauche à migrer vers la droite. Que peut vouloir dire cet exode ? Ces intellectuels ont-ils toujours une réelle influence ? Zidane, Debbouze ou Hanin ne sont-ils pas passés devant en ce domaine?
Evidemment, la réponse justifierait à elle seule d'un ouvrage complet. Mais je vais essayer de débroussailler pour tenter de répondre la seule question qui m'intéresse en ce moment : cette migration peut-elle contribuer à la victoire de la droite en général et de Nicolas Sarkozy en particulier ?
Panorama : intellos du haut, intellos du bas.
Philosophes, écrivains, politologues, historiens, professeurs, psychanalystes, économistes…il y a les stars comme les Lévy, Glucksmann, Finkielkraut, Gallo, Sollers ou autres Sorman, Minc...etc. Ils sont très souvent invités sur les plateaux TV, pour la promo de leurs idées ou plutôt pour celle de leur dernier livre. ![]()
Et puis, il y a les autres, plus dans l'ombre et nettement moins connus, en tout cas des Français. Ils réfléchissent
et écrivent tout autant, mais seul le microcosme des initiés et des spécialistes les connaît bien : Chauvel, Guaino, Miller, Onfray, Rancière, Rosanvallon, Stora, Taguieff (ordre alpha)…etc. Ces intellos du bas ne sont pas moins bons que les intellos du haut. Ils sont simplement moins exposés médiatiquement, tout en étant des relais références des grands courants de la pensée politique.
A eux tous ils forment l'intelligentsia française, dont la majorité est à gauche. Pardon à ceux qui ne le sont pas parmi ceux que j'ai cités.
Les racines de l'exode
On n'a jamais vu un intellectuel* de droite passé à gauche. Cette simple remarque, qui fait presque sourire, serait déjà très intéressante à étudier en profondeur.
Les racines du mouvement de la gauche vers la droite qui s'accélère sont en réalité difficiles à extraire.
Devant une problématique complexe et ardue, il faut toujours revenir à des raisonnements simples et binaires, en se posant des questions fermées (oui-non) et en quantité limitée.
En fait, je n'en poserai que cinq :
1. Ce début d'exode est-il dû à une déception portant sur l'idée même du socialisme ?
Non. Ces intellectuels ont toujours le cœur à gauche, mais en abandonnant les dogmes.
2. Cette tentation droitière constitue-t-elle les premiers signes de l'explosion des principes de la pensée unique et du politiquement correct ?
A mon sens, la réponse est oui. Ces intellectuels oseraient enfin se sortir de ce carcan diabolique qui freine la France depuis quarante ans.
3. Ce mouvement peut-il avoir pour origine les errances et l'archaïsme du Parti Socialiste français ?
A mes yeux, c'est une évidence.
4. La personnalité de Royal peut-elle expliquer leur désaffection de la gauche ?
Oui. Elle n'en est pas l'origine, mais elle l'accélère singulièrement.
5. Dans un élan de sauvegarde nationale, voient-ils finalement Sarkozy comme le seul réunissant les critères qui le rendent apte à remettre la France dans un cercle vertueux ?
Oui. Sans lui donner pour autant un blanc-seing, je ne vois pas d'autre explication possible.
Une très bonne nouvelle pour la France
Il est probable que ces intellectuels vont aider un certain nombre de Français à faire leur choix dans le secret de l'isoloir. C'est une bonne nouvelle pour la droite libérale et sociale.
Mais ce n'est peut-être pas la meilleure nouvelle. Je crois en effet que le plus important serait le signe de l'effondrement du bastion qu'est la pensée unique. Souhaitons qu'il s'accélère. L'abandon de cet odieuse attitude collective a laissé le France attachée trop longtemps au quai de son histoire.
Le futur président de la République cumulerait alors ses atouts particuliers avec un nouvel état d'esprit général, ce qui lui permettra de mener plus rapidement encore les réformes de fond qui sont tant nécessaires.
* Parmi les très rares politiques, Mitterrand est le plus fameux transfuge de droite vers la gauche
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