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17 mars 2007
QUI A UN PROJET POUR LA FRANCE ?
Pour un chef d'entreprise, avoir un projet est un impératif vital. Pour un chef d'état, il en est de même !
Hélas, à ce jour, les candidats - sauf un, devinez qui - n'ont pas de vision autre que strictement électoraliste qui assimile le tactique au stratégique.
Conséquence de la démocratie participative…
Sur ce terrain, c'est Royal qui a gagné ! Elle a donné un ton sur lequel ont plongé tous les grands médias, sans aucune réflexion quant à la contribution positive qu'ils auraient pu et dû avoir sur cette campagne. Quelle grave erreur dont nous sommes tous les victimes ! Le mauvais chasse le bon est un vieux principe qui se vérifie hélas une nouvelle fois.
…une escalade de promesses opportunistes.
Non seulement, ce leurre de proximité pseudo démocratique condamne la campagne à rester au ras des pâquerettes mais aussi et surtout, il oblige mécaniquement chaque candidat à entamer malgré lui une espèce d'escalade de promesses de détails. Sur ce terrain Bayrou est le pire de tous, puisqu'il affirme qu'il va tout changer sans rien dépenser.
Toujours le levier pervers de la pensée unique
Il suffit de voir Nicolas Sarkozy avec le projet d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, pour être soupçonné de faire uniquement un clin d'œil à l'électorat de Le Pen.
Ses détracteurs ne réfléchissent pas une seule seconde à l'intérêt stratégique de l'idée qui est refusée en bloc. Pourquoi ? Parce que ! Circulez, y'a rien à voir !
Immédiatement nous assistons aux montées de boucliers des adeptes du politiquement correct, cadre refuge de la pensée unique. Dès qu'un politique propose une idée qui sort du cercle sclérosant des convenances, il est diabolisé et lapidé !
Bayrou n'a aucune vision
Pour exister et avancer il faut pourtant prendre des risques, en affirmant haut et fort sa conception d'une certaine
idée de notre France. C'est une règle universelle que Bayrou ne suit pas, par pure tactique électoraliste et non par conviction comme il le prétend.
Sur ce point, la presse joue les girouettes et abandonne ce qui devrait être son rôle : expliquer un phénomène et non en faire la promotion, après l'avoir généré !
Alors, forcément Bayrou tente ceux qui doutent et se rassurent en écoutant un homme dont le socle politico
sémantique repose strictement sur la négation du clivage gauche-droite, clé d'accès en papier mâché à toutes les solutions.
Ce n'est pas que la mièvrerie et l'eau tiède plaisent à ceux qui ne veulent pas des extrêmes, non ! Elles attirent en réalité ceux qui ont peur des risques, parce que Bayrou ne peut leur en expliquer les avantages. Il n'en prend aucun.
La belle et fausse idée du "prenons les meilleurs et travaillons tous main dans la main" est toujours un discours sympathique, mais il ne permet pas de faire le choc salutaire dont nous avons besoin.
Sarkozy, le seul à avoir un projet pour la France.
Ne confondons pas programme et projet. Le premier est tactique, le second stratégique. C'est toute la différence.
Le tactique relève d'un programme de gouvernement ( par ailleurs important vu les circonstances de la campagne), alors que le stratégique relève d'une vision.
Cette vision, c'est accepter la réalité du monde et de ses évolutions.
C'est imaginer l'adaptation de la France à ce nouveau contexte sans pour autant perdre nos valeurs.
C'est ne pas entretenir les Français dans la vanité de croire qu'ils peuvent tout changer à eux seuls, mais leur donner la fierté de leurs atouts.
C'est être convaincu, et faire comprendre pourquoi plus de travail pour l'un crée rapidement un emploi pour un autre.
C'est faire confiance aux hommes et aux femmes en leur laissant organiser leur bonheur comme ils l'entendent et non en leur imposant.
Une vision, c'est une France enfin rétablie de ses stigmates collectivistes qui ont fait croire trop longtemps qu'égalitarisme était synonyme d'égalité.
Puisque tout ou presque a échoué
Une vision, c'est enfin donner à la France l'opportunité d'une expérience réellement libérale, et sociale bien sûr, ce qu'elle est le seul pays occidental à n'avoir finalement jamais eu. ![]()
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'ensemble des invités dont Jacques Attali lui-même sur le plateau de Guillaume Durand hier soir, lors de l'excellente émission "Esprits libres". Le social par le libéralisme, pourquoi pas !
Qu'on le veuille ou non, le seul à avoir cette ambition et cette conviction de la nécessité d'un choc, c'est bien Nicolas Sarkozy. Mais qu'il est difficile d'avoir le sens de la mesure pour être élu et le sens de l'état ensuite pour gouverner.
Sarkozy ne doit pas dévier de sa route, mais "tout dire avant pour tout faire après" n'est pas facile à faire comprendre aux Français. Et pourtant !
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