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29 mars 2007
LES FRANÇAIS ONT BESOIN D'UTOPIES QU'ILS SENTENT ACCESSIBLES
Abandonnons un temps les programmes et les sondages et rêvons un peu.
Comme les émigrés irlandais ou italiens débarquant en 1900 sur Ellis Island à une encablure de Manhattan, chaque français a plus besoin de croire en sa capacité de réussir sa vie que de croire en l'avenir.
L'avenir, c'est lui. L'avenir dépend de lui.
Pour y parvenir il est essentiel que cela soit perçu comme possible. Le rêve américain, qui n'était rien d'autre que cela, a fait traverser l'Atlantique à des dizaines de millions d'Européens chargés d'espoirs bien sûr, mais surtout d'ambition et de courage.
Après, à chacun de gagner non sa vie, mais son bonheur selon ses envies et selon son mérite !
Cette loi parait difficile à accepter. Tout le monde pense ipso facto que dans un tel système seuls les meilleurs gagnent, que c'est la jungle. C'est précisément cela qu'il faut changer dans notre France sclérosée. L'égalité des chances et la reconnaissance du mérite ne doivent pas être synonymes de jungle. D'ailleurs, il serait déjà pertinent de nous mettre d'accord sur les sens des mots "gagner" et "réussir". Tout le monde peut gagner. Tout le monde doit pouvoir gagner. Tout le monde doit croire qu'il peut réussir.
Réussir, ce n'est pas devenir milliardaire. Etre heureux, ce n'est pas avoir envie de le devenir
Ce rêve qui est de devenir heureux ne doit pas s'exprimer uniquement par une échelle fondée sur des paramètres pécuniaires. Il me semble difficile de ne pas penser que 99% des habitants de notre planète ont la capacité de réussir "quelque chose" et de réaliser leurs rêves, bref...d'être heureux. Encore faut-il bien entendu que les systèmes et les cultures autorisent d'avoir cette perspective.
Rêver d'être menuisier, agriculteur ou artiste peintre est aussi noble que d'avoir l'ambition d'être PDG d'une société du CAC 40, ingénieur ou astronaute-pâtissier !
Changer les états d'esprit, telle devrait être la vraie rupture
Parvenir à installer cet état d'esprit de façon universelle, c'est en réalité réunir les conditions d'une profonde révolution culturelle. Il faut restaurer le sens de l'aventure et de l'ambition, la soif de découverte et la curiosité, l'esprit d'ouverture et la créativité, en anéantissant préjugés et dogmes au profit d'une glorification d'une liberté qui, évidemment, s'arrête là où commence celle de l'autre. C'est en cela que le communisme et le collectivisme sont finalement des cancers qui se nourrissent des quelques faiblesses d'un corps globalement sain. Mais les cancers tuent.
La pauvreté est un scandale, pas la richesse.
Il faut considérer comme un scandale la situation des SDF ou de ceux qui travaillant n'ont pas les moyens de trouver un toit. Il ne faut pas montrer du doigt et soumettre à la vindicte ceux qui gagnent..."48.000", 150.000, un million d'euros ou plus encore. La richesse - en l'occurence financière - est parfaitement honorable.
Ce n'est pas en prenant aux "nantis" ce qu'ils ont gagné qu'on rendra plus heureux les autres. Les soldats du
Maréchal de La Palice n'auraient pas dit mieux et pourtant ! L'idée communiste distille encore et toujours cet axiome collectiviste pervers : puisqu'aucun système n'a démontré qu'on pouvait faire le bonheur de tous, alors imposons l'égalité par le bas….mais quel bas !
Une anecdote résume ce dogme. Souvenez-vous, lorsque le communiste Charles Fiterman a pris son poste de Ministre des Transports en 1981, il n'a plus fait qu'une classe dans le métro parisien…mais au lieu de ne faire que des premières, il n'a fait que des secondes classes.
"Tout le monde, il est pas beau !"
Alors bien sûr, il y aura des scandales financiers ( qu'il faut impérativement réduire), des voyous (qu'il convient de traquer), alors bien sûr il y aura toujours des différences parfois percues comme indécentes dans les trains de vie. C'est la vie. Après tout, la liberté d'être fainéant est une liberté comme une autre à une condition : en accepter les conséquences. L'apologie de la paresse ne doit simplement pas venir gêner celle de la réussite par le travail, en ouvrant trop largement les portes à ceux qui trichent et profitent d'un système.
C'est précisément ce que les socialistes ne veulent pas admettre.
L'avant-dernier slogan de la campagne de Royal est la parfaite illustration d'une erreur fondamentale : "Plus juste la France sera plus forte". Il faut, de mon point de vue, penser rigoureusement l'inverse : " Plus forte, la France sera plus juste"....en d'autres termes, ne pas mettre la charrue avant les boeufs.
La mission première de l'état
L'histoire l'a démontré et le démontre encore. Il faut partager et surtout égaliser les chances. Il faut d'urgence valoriser l'acquisition de richesse (dont le bonheur) à force de travail, de courage et de pugnacité. Ces valeurs doivent être enseigner à tous, de la maternelle au doctorat, quel que soit le moment où l'on interrompt ses études. C'est la mission et sans doute même LA plus grande mission de tout état libéral et social.
Pourquoi finalement je vote Sarkozy
Drôle de question pour un adhérent à l'UMP ! Mais il est toujours intéressant de se reposer de temps en temps cette question basique : pourquoi Sarkozy ?
Au-delà de son programme, de ses déclarations (parfois dangereuses) et de son expérience, c'est parce que je sens dans son discours global cette philosophie de la réussite et de l'égalité des chances. Je suis absolument convaincu qu'il est le seul à être capable de donner cette Foi au peuple français.
S'il doit réussir ce pari après avoir été élu, ce n'est pas en 100 jours qu'il y parviendra mais en 100 mois.
Oui, je sais, j'ai un peu d'avance sur l'agenda. Mais j'en avais assez des sondages, alors je me suis lâché ! Et puis, il faut toujours voir loin. Très loin !
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