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30 mars 2007
GALILEO, UN GRAND PROJET EUROPEEN EN PERIL
Un dossier sur lequel Nicolas Sarkozy devrait prendre rapidement la main.
On en parle depuis le début des années 2000. Il prend forme avec un premier satellite test lancé le 28 décembre 2005 de Baïkonour mais depuis, le projet de géolocalisation européen Galiléo est dans l'ornière.
Conçu pour être le concurrent du GPS américain (aujourd'hui toujours en situation de monopole) Galiléo fait du surplace. L'UE et les entreprises concernées ne parviennent pas à se mettre d'accord.
D'un coût estimé à 3,5 milliards d'euros, le problème n'est pas tant son financement que la répartition des revenus et des emplois entre les acteurs industriels et les futurs opérateurs.
Pourquoi Galiléo peut-il faire partie des thèmes de la campagne ?
1. Si Nicolas Sarkozy prenait la main sur ce sujet il afficherait sa vision d'une Europe indépendante. Outre d'être une nouvelle fois un initiateur, ceci constituerait un excellent moyen de clouer le bec de ses détracteurs qui affirment qu'il est atlantiste et pro-américain. (Rappelons que les Etats-Unis peuvent interrompre à tout moment l'accès à leur système GPS, si jamais une "mouche" stratégique les piquait).
2. Les études révèlent que le déploiement de Galiléo générerait entre 100 et 150.000 emplois pérennes sur les 15 ans qui viennent.
3. Etant un projet auquel s'intéressent d'autres pays tels que la Chine et l'Inde, Galiléo serait un levier de convergence des intérêts et d'équilibre entre l'Europe et ces grands pays émergents. Avoir des intérêts en commun est toujours un socle pour de bonnes relations commerciales, voire même une source de paix.
4. Galiléo est considérée techniquement comme largement supérieur au GPS américain, ce qui ne gâte rien en termes d'image pour l'Europe face au reste du monde.
5. Il se dit enfin que les Anglais sont d'accord pour une utilisation civile du système mais pas militaire. Ils ralentissent donc le projet sous la pression des américains qui voient d'un mauvais œil la perte de leur monopole. Logique ! Il faudra quand même que la perfide Albion choisisse un jour son camp.
Marcher sur la Lune ou tout savoir de ce qui se passe sur la Terre
Toutes proportions gardées, Galiléo me fait penser au projet fou de Kennedy et de la NASA en 1960 de marcher sur la Lune avant 1970, dans l'unique but de
damer le pion aux Russes dans la conquête de l'espace. Le premier pas de Neil Armstrong sur le sol poussiéreux de notre satellite naturel a coûté quelques dizaines de milliards de dollars.
A l'époque personne n'était capable de dire que cela servait à autre chose qu'a la vanité et à la fierté nationales. Mais combien cela a-t-
il rapporté aussi bien sur le plan économique que stratégique depuis bientôt 40 ans ?
Une grande partie à la fois de l'image et de la réalité de la puissance des USA est fondée sur cette aventure lunaire.
Avec le recul, on peut même considérer que l'Union Soviétique en perdant la Lune commença à perdre une suprématie et un prestige dont l'effondrement définitif s'illustra par celui du mur de Berlin en 1989.
Galiléo n'aura évidemment jamais cette envergure historique, mais c'est l'un des très rares dossiers - si ce n'est le seul et unique sur le plan européen - qui réunit tous les atouts.
Véritable résolution de la quadrature du cercle sur les plans économique, social, politique et électoral.
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