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30 avril 2007
ATTENTION QUAND MEME !
En relisant mon article d'hier, j'ai réalisé que ma certitude de l'élection de Nicolas Sarkozy était certes d'un sympathique optimisme décérébré de partisan, mais surtout peut-être d'une fatuité déplacée. Ne tombons pas dans un excès de solipsisme, rectifions légèrement le tir !
Dans mon esprit, si le résultat ne fait toujours aucun doute, je ne pense pas pour autant que notre candidat puisse adopter la même posture. Lui, ne doit pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, c'est sûr ! Et ne donner aucun signe qu'il pourrait le penser une seule seconde.
Attention donc !
Il est très difficile de rester calme et posé face à 20.000 personnes chaudes comme la braise. Après tout c'est fait pour !
Mais il ne faut pas non plus se laisser embarquer dans une grandiloquence qui provoque les hourras d'une assistance bienveillante.
Les petites phrases, celles qui peuvent précisément choquer les quelques hésitants - ils ne sont pas dans la salle - doivent être évitées.
Quand j'entends les propos assez cassants de notre leader sur Mai 68 et ceux, plus mesurés, sur l'introduction d'une certaine dose de proportionnelle, c'est à mon sens prendre un risque inutile à J-6.
Qui faut-il convaincre ?
Sur le sujet de Mai 68, il aurait pu dire rigoureusement la même chose avec des mots plus châtiés. Pourquoi prendre le risque d'irriter les velléitaires susceptibles ?
Sur la proportionnelle, pourquoi finalement l'accepter même timidement. Cela permettra-t-il d'obtenir plus de voix de Villiers ou Le Pen, je ne le crois pas. Leur choix est fait depuis le soir du premier tour.
Cela serait donc pour capter les Bayrou du premier tour ? Ma foi peut-être, mais c'est un jeu dangereux que d'afficher un changement d'avis très rapide sur un tel sujet.![]()
Avec de telles déclarations plus ou moins improvisées, ceux qui sont acquis à Sarkozy sont de son avis, mais ils ne mettront pas pour autant deux bulletins de votes dans l'urne.
Quant à ceux dont le cœur balance encore légèrement, ils peuvent pencher rapidement dans l'autre camp, par pure réaction.
Ce n'est pas, je suppose, le but de tels discours dont les médias extraient avec un malin plaisir et passent en boucle les petites phrases.
Laisser venir et gérer son avance tranquillement, façon Lance Armstrong dans le Tour de France, me paraît être la meilleure attitude. Ne rien ajouter au programme, pour l'instant, me semble être la sagesse.
En attendant mercredi soir bien sûr !
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