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28 juin 2007
DOSSIER (en 3 parties)
REGARDONS DANS LE RETROVISEUR (1/3)
En observant l'histoire, nous aurions dû perdre.
La France fut en campagne durant pratiquement deux années pleines dont huit mois crescendo intensifs. Présidentielle puis législatives, les Français ont écouté, vibré, pesté, subi, pleuré ou dansé au gré des sondages et des résultats. Quel grand enseignement faut-il en extraire ?
Sur le plan politique rien qui n'ait été déjà dit.
Implosion du PS au seuil d'une longue et douloureuse refondation, une Royal qui joua le cache misère et faux atout de la participation, en se jouant d'éléphants excédés aux pieds lourds, un Nicolas
Sarkozy d'union, aux idées claires et grand orateur qui traça sa route bien pavée et réfléchie depuis trois ans, un Bayrou qui y crut puis s'égara, des vérités et des mensonges, des convictions et des rôles de composition…le tout pour une France qui a finalement choisi clairement le bipartisme en réduisant à néant petits partis et extrêmes.
Le tout, aussi, pour un peuple de France qui a préféré intuitivement la sincérité à la fourberie et surtout, le travail de fond à l'improvisation permanente.
Belle sagesse collective en vérité !
Le bon sens est respecté
Avec un peu de recul, faut-il s'étonner de notre victoire que l'histoire jugeait improbable ? Non, je ne le pense pas.
Nous avions pourtant au départ tout contre nous : majorité sortante, bilan honorable mais n'ayant jamais constitué un argument de campagne, candidat prenant tous les risques en lançant les débats les plus délicats, ravissante candidate socialiste incarnant par sa seule féminité le changement et le culot…etc.
Malgré ses bévues, ce n'est pas Royal qui a pas perdu l'élection,
c'est Sarkozy qui l'a gagnée !
C'est une différence stratégique pour analyser la réalité de l'événement.
Malgré ses immenses tensions internes et ses incohérences le PS n'est pas la cause de sa défaite, c'est l'UMP qui
constituait tout simplement une armée en ordre de marche, plus forte et imbattable !
Et je suis certain qu'en termes de résultats, personne n'aurait fait mieux que Royal, Strauss-Kahn inclus.
Nous devons remercier plus que chaleureusement notre Président !
Outre nos handicaps de départ (sur le papier) et malgré son absence de travail depuis cinq ans, nous pourrions presque dire que c'était au tour du PS de prendre l'Elysées et le Parlement.
Heureusement pour la France, ce désastre n'a pas eu lieu. Le PS n'était tout simplement pas prêt à gouverner. Mais, historiquement, la Gauche aurait dû pouvoir faire toutes les bêtises de la création, il eut été logique qu'elle gagnât.
Seulement voilà ! Elle a eu la malchance - une immense chance pour nous - de tomber face à un adversaire, véritable monstre politique. Tant mieux ! Il se trouve que ce monstre est du coté des idées libérales et qu'il a su mettre en ordre de bataille un parti dont toutes les composantes étaient tendues vers un seul objectif : la victoire.
Si le PS se recompose en véritable parti social démocrate, 2012 sera serré.
Une révolution droitière, libérale et sociale est donc en marche. Parfait !
Pour avoir une chance de ne pas décrocher, ce n'était vraiment pas le moment que la France s'offre le luxe d'un socialisme à l'ancienne refusant le monde et mal préparé. Elle n'en a plus les moyens, si tant est qu'elle les ait jamais eus.
Les aveux de Royal sur les 35 heures et le SMIC sont proprement effrayants à l'idée qu'elle l'eût emporté.
Si, en cinq ans, le PS (ou tout autre parti social démocrate puissant restant manifestement à créer) devient intelligent et moderne, il saura offrir une alternance crédible sans traumatisme idéologique. Sur ce point d'ailleurs, je prédis que ni Royal et encore moins Strauss-Kahn ou Fabius (trop vieux) ne seront les candidats officiels. Des jeunes ambitieux, encore inconnus du grand public, pousseront leurs cornes et s'imposeront. Attendons de voir.
Restons terriblement mobilisés
Avoir des convictions libérales et être UMP ne doit pas pour autant rendre aveugle. Aucune démocratie ne peut vivre sans alternance. Cela ne va évidemment pas jusqu'à souhaiter une défaite et je ferai tout pour contribuer, à ma modeste échelle, à une nouvelle victoire en 2008 (les municipales) et en 2012. Mais en attendant, nous devons rester mobilisés comme jamais et tout faire pour que notre Président réussisse, sans lever le pied. La rentrée sera chaude.
Mais une autre rupture s'impose, peut-être plus fondamentale encore.
Objet des parties 2 et 3 de mon dossier, le deuxième plus grand enseignement de cette période électorale, fascinante à bien des égards, est la carence définitive des médias et des journalistes de l'audiovisuel. De quoi pleurer !
Une analyse que je tenterai d'écrire durant le week-end.
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