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26 juillet 2007
VACANCES JUSQU'AU 27 AOUT
Depuis quelques semaines, je n'ai plus l'assiduité habituelle et mes articles sont très sensiblement moins nombreux. Je vous en avais expliquer les raisons…
…et cela ne s'arrangera pas durant les quatre semaines qui viennent. Nos Députés travaillent, c'est l'essentiel ! Je serai de retour fin août, mais comme promis je reprendrai mes habitudes dès septembre.
Surtout ne m'oubliez pas et revenez aussi nombreux.
Bonnes vacances à tous.
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18 juillet 2007
OUVERTURE ET GUERRE FROIDE
En politique intérieure, les événements de la semaine ne sont pas nombreux, sauf un : Jack Lang. En politique extérieure non plus, sauf un : Poutine.
Informations sur mon blog
Après un an d'intense motivation pour nourrir mon blog, je dois bien avouer à mes lecteurs que je prends pour l'instant quelques distances et ce pour trois raisons.
La première : j'ai beaucoup donné entre septembre 2006 et juin 2007, ce qui m'a permis d'obtenir en mars, avril et mai la visite régulière de 2.178 visiteurs différents, pour une moyenne mensuelle de 3.350 visites et près de 20.000 pages vues ou lues. …jolis meetings non !
D'autre part, mes activités professionnelles - le journalisme faut-il le rappeler - m'ont accaparées pour boucler avant le mois d'août, les magazines trimestriels pour lesquels je travaille.
Enfin, j'avais besoin d'un certain repos politique.
Rassurez-vous, ou inquiétez-vous, mais soyez convaincus qu'en septembre je serai de retour de façon soutenue et ce pour deux raisons : d'une part le gouvernement et Nicolas Sarkozy auront besoin de toutes les bonnes volontés et, d'autre part, nous aurons tous en ligne de mire les municipales qui, à Boulogne plus qu'ailleurs, ne seront pas nécessairement une partie facile dans notre propre camp.
Laissons la gauche et le PS se reconstituer
Comme je l'écrivais dès fin 2006, le PS est en phase d'implosion. Ce qu'il y a de surréaliste, c'est que certains en
doutent encore. Tous les cadres, Hollande en tête, sont enlisés dans leurs archaïsmes. Royal "se souvient de sa défaite " comme le titre Libération. Mais tout cela ne m'intéresse plus et n'a d'ailleurs, pour l'instant, aucune importance pour notre pays. Laissons les socialistes se sortir de leur marigot.
Cela étant dit, voyons les trois faits, dont deux d'actualité qui méritent commentaires.
Nicolas Sarkory et son gouvernement ne mollissent pas
Exemple parmi d'autres, le service minimum. Puisque les syndicats, notamment la CGT et FO, ont voulu noyer le poisson en traînant les pieds, notre Président a décidé d'accélérer en passant à la phase législative. Parfait !
Certes, Rachida Dati rencontre quelques difficultés, mais même Dominique Sopo ( Président de SOS Racisme) est venu à son secours. Les choses devraient se tasser. Kouchner tente de faire son boulot sur le Kosovo et sur le Liban.
Quant à un dossier comme celui de la gouvernance d'EADS, il n'a pas fallu longtemps pour mettre tout le monde d'accord aux forceps, et peu importe qui l'a emporté des Allemands ou des Français. 
La dynamique gouvernementale est donc très puissante. Même si nous devons nous attendre à rencontrer des passages délicats, le mouvement est pris. Pourvu que cela dure !
Jack Lang a donc dit oui
Durant sa carrière, le personnage a maintes fois prouvé qu'il était à la fois opportuniste et fidèle, deux qualités difficiles à concilier. Souvenons-nous ! Sa dernière volte-face fut l'annulation in extremis de la parution de son
livre en septembre dernier, alors qu'il pensait encore pouvoir être candidat à la Présidence. Quelques bonnes feuilles indiscrètes révélèrent qu'il tirait à boulets rouges sur Royal, pour finalement l'encenser durant toute la campagne. C'est çà la politique !
Lang est l'une des personnalités historiques et poids lourd du PS. Le voir membre de la Commission Balladur équivaut à un tremblement de terre de niveau 9 sur l'échelle de Richter socialiste.
Ses compétences constitutionnelles sont indéniables. Attendons de voir sa contribution à ce projet, mais lorsque le Président Sarkozy nous parlait d'ouverture, aurions seulement imaginé que cela irait jusqu'à un Jack Lang ?
Je n'apprécie pas spécialement le personnage, mais il faut bien encore avouer que l'habileté de notre Président est réellement diabolique.
Poutine joue avec le feu.
Sur le plan international, c'est, de mon point de vue, l'événement majeur de ces derniers mois. La dégradation des relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et la Russie est profonde. Expulsion de quelques diplomates Russes, refus de Moscou d'expatrier Andreï Lougovoï, principal suspect de l'empoisonnement au polonium
d'Alexander Litvinenko, citoyen anglais faut-il le préciser.
Ces avatars ne sont que des prétextes et des leviers de négociations plus secrètes. Lesquels, je l'ignore, mais d'autres intérêts et d'autres projets troubles ou inavouables sont assurément derrières tout ceci.
Cette escalade démontre à quel point Poutine, ex agent du KGB, n'a pas perdu les habitudes de la guerre froide. Il emprisonne, neutralise ou fait peut être même exécuter tous ceux qui s'opposent à lui.
Les missiles américains orientés vers l'Iran n'arrangent pas le dossier des relations Est-Ouest dans leur ensemble. Ces engins balistiques sont d'ailleurs peut-être le véritable enjeu. Poutine, ne souhaitant sans doute pas se heurter frontalement à Bush, met la pression sur ses amis Anglais.
Pendant ce temps là, Total vient de signer un important accord sur des champs d'exploitation gaziers et les entreprises et financiers anglais sont les premiers investisseurs étrangers en Russie. Allez comprendre !
Il est certain que comparés à de tels enjeux politiques, stratégiques et économiques, les états d'âme de Madame Royal ne nous intéressent pas, tant ils sont vulgaires. Je pense même qu'elle peut oublier sa candidature pour 2012. Il n'y parviendra jamais.
" C'est une télévangéliste illuminée" dit d'elle Jacques Généreux, un économiste proche d'Henri Emmanuelli.
Comment ne pas être de son avis ?
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07 juillet 2007
VAGUE A L'AME OU ETAT D'ANE ?
La semaine est passée à la vitesse de la lumière et je réalise que cela fait bientôt une semaine que je n'ai pas écrit une seule ligne. Cela ne m'était pas arrivé depuis six mois. Inquiétant…ou alors révélateur de quelques doutes et agacements !
Un Premier Ministre stupidement traité d'ectoplasme politique
François Fillon est injustement perçu comme un simple chef de chantier, alors qu'il a largement contribué à l'élaboration de l'architecture du programme présidentiel. En titrant sur cinq colonnes à la une "L'énigme Fillon", le dernier JDD invente une chimère pour vendre du papier.
Avec " Fillon aperçu à l'Assemblée" le quotidien Libération traite de fantôme le Premier Ministre, dans l'unique but de souligner que le Président Sarkozy est le seul patron…comme toujours depuis l'avènement de la Vème République, mais cette fois c'est officiel.
Alors je me remonte le moral avec la méthode Coué, en me répétant sans cesse…" la France est sur le bon chemin, elle est entre de bonnes mains".
Quant aux socialistes, ils restent définitivement campés sur des positions et des postures d'un autre temps. Ils ont une image de la Présidence surannée et ils n'admettent pas que 53% des Français ont voulu ce type de gestion à la tête de l'Etat, par ailleurs très clairement annoncée avant les élections.
Une ouverture qui inquiète stupidement tout le monde
Le principe d'ouverture qui semble pouvoir s'élargir jusqu'à des Lang, Védrine, Walls ou même Strauss-Kahn, fait grimacer une partie
des élus UMP dont l'union n'est déjà plus aussi belle qu'en mai. N'est-ce pas désolant ?
Alors je me rassure en me disant que de toute façon, quelles que soient les critiques, la volonté d'ouverture est bien ancrée et que notre Président n'est pas un adepte de la palinodie. Il fait ce qu'il dit et s'engage.
Cette ouverture horripile évidemment et surtout de nombreux socialistes qui découvrent que leur refondation sera un parcours du combattant.
La presse prête même à Sarkozy l'intention de déjà préparer les Municipales…et alors ?
Alors je me dis que si cela est le cas, c'est une bonne façon de joindre l'utile politique à l'agréable électoral.
Des réformes stupidement ralenties…
Les projets de reforme présidentiels (universités, fiscalité, justice…) sont parfois accueillis très fraîchement par
notre propre camp, ce que j'ai quelques difficultés à comprendre.
Les projets sont évidemment amendés avec malin plaisir par l'opposition ou retoqués par la Commission des finances présidée par Didier Migaud (PS).
Mais, par exemple sur le bouclier fiscal, un député du Nouveau Centre, Charles de Courson, est même parti en campagne pour convaincre une partie des élus UMP et PS qu'il fallait retirer la CSG et la CRDS de l'assiette de l'ISF….Courson a semble-t-il gagné !
Alors je me dis que le navire avance plus qu'il ne recule. Au moins il est en mouvement.
Une stupide bagarre de chefs
Raffarin ou Devedjian ? Devedjian ou Raffarin ? A ce jour un peu les deux Mon Général, mais il semblerait que l'un se soit stupidement sabordé. Traiter de "salope" une consoeur ou de "connard" un confrère, est fréquent dans nos vies professionnelles….en privé bien sûr et sans que cela soit l'exacte opinion de celui qui s'exprime ! 
Mais à ce niveau de responsabilités et d'exposition, comment peut-on se laisser piéger de la sorte par un micro sensible ? C'est une grave erreur qu'il paiera longtemps, voire à jamais. Il se dit aussi que la guéguerre entre nos deux personnalités seraient plus virulente encore qu'elle n'y paraît. Ce n'est pas bon !
Que faut-il penser de tout cela ?
Telles sont quelques-uns des événements de ces derniers jours, dont je dois bien vous avouer qu'ils m'agacent.
Etant incapable pour l'instant de se reconstruire, nous pouvons "comprendre" l'opposition. Elle n'a rien d'autre à faire qu'à mettre des bâtons dans les roues de la majorité et du gouvernement. C'est pour l'instant sa seule façon d'exister.
En revanche, sans doute suis-je trop idiot pour comprendre la finesse des réserves, des postures, voire des sévères critiques d'un certain nombre d'élus UMP ou du Nouveau Centre.
C'est à la rentrée que nos rangs devront être serrés. Des dossiers comme le service minimum, la représentativité syndicale et surtout le projet de simplification du contrat de travail ne seront pas des sinécures.
Je ne suis pas un adepte de la pensée unique. J'aime la discussion, la confrontation et l'éristique. Mais je perçois des craquelures et des signes qui me gênent, deux mois à peine après la victoire.
Bah ! Je me dis que cela n'est que vague à l'âme passager et non état d'âne.
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01 juillet 2007
DOSSIER (en 3 parties)
REGARDONS DANS LE RETROVISEUR (3/3)
Les journalistes télévisions sont des icônes décérébrées
Voilà une affirmation très dure ! C'est hélas la grande, navrante et définitive confirmation révélée par les deux campagnes successives que nous venons de vivre : la presse télévision n'a pas rempli son rôle. Loin s'en faut !
Une évidence regrettable
Nous nous en doutions depuis quelques années - si ce n'est depuis toujours - les rédactions des grands médias télévisuels français ont révélé leur laxisme professionnel et démontré la négation même de leur fonction.
Il suffit de nous rappeler l'indigence journalistique des émissions "A vous de juger" (France 2 - Arlette Chabot) ou de "J'ai une question à vous poser " (TF1-Poivre d'Arvor) ou encore du débat d'entre deux tours Sarkozy-Royal - paroxysme de la farce journalistique - avec les deux même arbitres, sans
pouvoirs ni règles de conduite, sauf celles de l'absence et de la nonchalance.
A la lumière de ces productions indigentes nous sommes définitivement fixés sur l'inqualifiable carence des deux grandes chaînes nationales et de leurs équipes de rédaction. Faut-il rappeler que ces "débats" furent suivies à chaque fois par 8 à 10 millions de Français ? Ces chaînes font et défont l'opinion publique.
Aucune structure rédactionnelle
Amusez-vous durant quelques jours à zaper continuellement entre les JT de TF1 et de France 2 de 20H00 à 20H30.
Sauf événement majeur planétaire prenant le pas sur tout autre sujet, vous découvrirez que les sommaires sont strictement établis en fonction des faits divers et non d'un ordre logique, réfléchi à l'avance et constant, comme dans tout journal digne de ce nom : politique intérieur, politique internationale, économie, social, sports, faits divers…etc.

Les professionnels de l'audiovisuel prétendront que c'est impossible. Je prétends que cela est faux.
Il "suffirait" d'en avoir la volonté et le talent pour capter et garder les audiences. Le problème est que le premier qui appliquerait une telle méthode perdrait de l'audience un "certain temps" avant de regagner du terrain.
Aux JT, les rubriques "faits divers" et "chiens écrasés" sont reines : déraillement d'un train, inondation ou incendie catastrophiques, accident de la route, poursuite ou bavure policières, procès d'un criminel…etc. Tout ceci est à mes yeux du voyeurisme, donnant la part belle à des sujets sans aucun intérêt réel pour la communauté et pour sa formation politique et économique. L'exception française pourrait sur ce terrain démontrer sa réalité.
Mais audience et concurrence des chaînes obligent sans doute !
Quelques émissions d'investigation plus sérieuses
Ces chaînes se rattrapent un peu avec quelques bons magazines d'investigation. Mais étant systématiquement diffusés en secondes partie de soirées, leurs audiences sont faibles par rapport aux infos traitées à chaud durant les 13H00 et les 20H00.
TF1 est la spécialiste du sensationnel creux avec "Le droit de savoir" de Charles Villeneuve, où on ne compte plus le nombre d'émissions sur les GIGN ou les commandos spéciaux.
France 2 avec "Envoyé Spécial" de Françoise Joly et Guilaine Chenu et Canal + (la chaîne la plus à gauche de toute) avec "Lundi Investigation" de Stéphane Haumant et Emilie Raffoul, ces deux chaînes traitent des sujets d'actualités, rarement des analyses politiques.
Quelques journalistes sauvent l'honneur du métier
De bons professionnels ayant à cœur de poser les bonnes questions tels que Yves Calvi avec "Mots croisés" (France 2) ou "C dans l'air" ( France 5),
Christine Ockrent avec "Trans Europe Express" (France 3), ou encore Jean-Jacques Bourdin (RMC Info) et Laurence Ferrari avec "Dimanche +" (Canal)…ceux-là sauvent l'honneur de leur corporation.
Ils remplissent leur mission. Ils posent des questions impertinentes, politiquement considérées comme incorrectes, sans se satisfaire de déclarations péremptoires ou fallacieuses.
Grâce leur soit rendue ! Ils démontrent qu'il est possible de faire du vrai journalisme. En tout cas celui que nous attentons. Celui dont la démocratie a besoin.
Nous sommes les seuls au monde…à une exception près.
La France est sans doute la seule démocratie au monde où :
- les politiques peuvent choisir - ou refuser ce qui revient au même - le ou les journalistes pour une interview, un débat ou un face-à-face.
- les politiques n'hésitent pas à "exiger" une invitation, qu'on leur accorde dans 99% des cas, un jour et une heure précis, avec les journaux de 20H00 comme préférence bien entendu.
- les journalistes télévision ne sont que des chambres d'enregistrement, une espèce mutante sorte de carpes aérobies muettes. Ces journalistes là ne sont pas des contradicteurs objectifs ayant bûcher leurs dossiers.
Cette situation n'existe nulle part ailleurs sauf sans doute en Italie, ce qui ne constitue guère une référence.
Un panurgisme télévisuel renversant
Les scoops et les véritables commentaires politiques sont toujours issus de la presse écrite, ce qui est tout à l'honneur de cette dernière.
Nous pourrions nous dire que la France a la chance d'avoir une belle et bonne presse écrite. C'est assez vrai dans l'ensemble, notamment avec des quotidiens économiques tels que Les Echos ou La Tribune. Mais celle-ci n'est malheureusement lue que par une infime fraction de la population. Avant la politique, l'économie est son cheval de bataille, même si les deux sont souvent liées.
La télé n'a jamais de scoop, bizarre non !
Il est intéressant de nous poser la question ! Par quel mystère ou par quel mécanisme, les Français n'ont-ils jamais l'occasion de découvrir aux JT de 20H00 des informations politiques exclusives, n'ayant pas encore été traitées par la presse écrite du matin ou de l'après-midi ?
Etre amené à se poser la question est déjà surprenant, y répondre relève de l'exploit.
Les équipes de rédaction et les journalistes des TV reçoivent pourtant comme tous leurs confrères de l'écrit les mêmes dépêches des agences de presse, aux mêmes heures.
C'est dans leur traitement que la différence apparaît : les télévisions semblent toujours attendre que la presse écrite tire ou ait tiré la première ! Pourquoi, je l'ignore !
L'EXEMPLE AMERICAIN
Les journalistes sont souverains
Les Etats-Unis sont un pays où les médias sont puissants, riches et indépendants des groupes ou sociétés industriels.
Les journalistes y sont craints et respectés. La presse écrite, qui diffuse quelques 53 millions d'exemplaires chaque jour pour 300 millions d'Américains, y est très lue (rappel chiffres France : 7,8 millions de quotidiens - PQN incluse - pour 62 millions d'habitants).
Les grandes chaînes de télévision nationales américaines ont toutes des journalistes et des commentateurs politiques dont les opinions sont clairement affichées et parfaitement connues. L'hypocrisie ne peut se glisser dans un système dont les règles sont fondamentalement saines.
Il ne viendrait pas à l'idée d'un politique de choisir un journaliste pour une interview et de demander à connaître à l'avance les questions qui lui seront posées durant l'émission.
Non-réponses et déclarations péremptoires sont rédhibitoires
De leur côté, les journalistes ne se satisfont jamais de non-réponses ou de chiffres dont les sources ne seraient pas connues ou vérifiées. Allégations interdites !
Aux Etats-Unis, un politique qui ne répond pas clairement aux questions est immédiatement discrédité par le
journaliste lui même, qui ne manque alors jamais de faire des réflexions acerbes.
Il faut avoir vu un débat des primaires ( en l'occurence du parti républicain) pour apprécier la rigueur des échanges et le respect absolue des temps de paroles, question par question.
En France, si un journaliste se permettait d'adopter un tel comportement, cela serait pris pour de l'agressivité. Il y a fort à parier que le politique menacerait même de quitter le plateau. Impensable et suicidaire aux USA ou au Royaume-Uni.
Quelques exemples de journalistes TV américains
Toutes les grandes chaînes nationales (CBS, NBC, ABC, CNN et FoxNews) ont évidemment leurs émissions politiques. La notoriété de certains journalistes est mondiale. Des Dan Rather (ci-contre) malgré le scandale à propos du service militaire de GW Bush sur CBS ou Larry King sur CNN sont des stars vieillissantes mais toujours très regardées.
Les Bill O'Reilly (O'Reilly Factor sur Fox News), Sean Hannity (Républicain) et Alan Colmes (Démocrate) qui
animent ensemble leur émission, Rush Limbaugh, Chris Matthews, Paula Zahn ou autre Ann Coulter (plus écrivain que journaliste) sont la classe montante des commentateurs ayant 35 à 50 ans. Il ne fait pas bon leur mentir ou tenir une langue de bois.
Rappelons que ces journalistes ne taisent nullement leurs penchants politiques, ce qui constitue une différence fondamentale avec notre univers médiatique français.
Evidemment, il ne faut pas pour autant penser que le système made in USA soit parfait. Il a ses revers de la médaille, leur pouvoir étant sans doute finalement trop grand. Mais à choisir….c'est peut-être un moindre mal, comparé à la situation française.
En France, les journalistes cachent leurs penchants politiques
Tout le monde sait ce que pensent des Jean Daniel, Jean-François Kahn, Serge July, Franz-Olivier Giesbert
ou Poivre d'Arvor…mais il est incorrect de le faire savoir, au non d'une fausse sacro-sainte indépendance et liberté d'esprit.
Il est déjà plus délicat de connaître les opinions des Chazal, Ockrent, Schönberg ou
Chabot, mais il est "amusant" de constater que ce sont toutes des femmes.
Quant à des Pujadas ou Roselmack, finalement, cela n'a aucune importance. Ils ne sont que des icônes décérébrées sachant lire un prompteur, en charge de présenter ce que leurs rédacteurs en chef ont décidé, les seuls responsables de ce qui passe à l'antenne.
Des propos très durs certes, mais qui sont à la hauteur de la révolution et de la rupture que nos médias français seraient bien inspirés de mener rapidement.
Les origines du problème
Outre les origines historiques remontant à 1945 (voir mon article précédent 2/3), comment expliquer l'attitude des journalistes de nos deux grandes chaînes nationales qui font et défont l'opinion, je le disais précédemment.
Pourquoi sont-ils à ce point timorés dans leur comportement et dans l'animation des débats ?
Ecartant le manque de travail, je ne vois qu'une seule explication possible mais elle reste insuffisante. Elle remonte au début des années 60.
A cette époque la RTF puis l'ORTF était sous monopole d'état. Les rédacteurs en chef et les journalistes étaient directement reliés à l'Elysées et à Matignon. Sur la seule et unique chaîne TV en noir et blanc, rien ne se faisait en matière d'information politique sans l'accord du Président ou du 1er Ministre. Pratiques inconcevables aujourd'hui, les habitudes sont-elles ancrées à ce point dans les esprits qu'elles auto paralysent les cerveaux ?
La faute à qui ?
Les politiques ont-ils gardé de mauvaises habitudes ? Les journalistes sont-ils encore dans le syndrome du politiquement correct ? Craignent-ils toujours pour leur job lorsqu'ils posent les questions qui dérangent, en refusant de façon frontale toute langue de bois ?
Dans tous les cas, ce n'est pas avec un Poivre d'Arvor se croyant tout permis avec notre nouveau Président ( "…le petit garçon…") que les choses risquent de s'arranger. Le niveau requis est tout autre.
On pourrait imaginer que TF1 fusse plutôt conciliant avec un candidat ou un gouvernement de la droite libérale comme aujourd'hui. Cela ne me choque pas à partir du moment où les opinions et les positionnements sont clairs et publics.
Mais les journalistes des chaînes publiques de France Télévision ne font pas mieux. Ils sont tout autant tétraplégiques face aux politiques et leurs capacités d'animation d'un face à face ou d'un débat se limitent, la plupart du temps, au politiquement correct. Alors…?
Alors, vous vous doutez que je n'ai pas la réponse. Il faudrait une enquête et un livre complet pour tenter de l'élaborer !
Mais il serait temps que notre presse et nos médias français fassent leur aggiornamento. Grand temps !
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