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24 novembre 2007

NOUS DEVONS REMERCIER SUD RAIL !

Voilà un titre étonnant, non ? Pourtant, d'ici quelques années, nous constaterons que les trotskistes de Sud auront été à l'origine de l'explosion salutaire de notre paysage syndical. Désir ou réalité ?

32ff24b351084dbc9b5964a282a868bc.gifTout le monde est d'accord, et bien heureux que Sarkozy, Fillon et Bertrand s'y collent, sur le fond de la réforme des régimes spéciaux.
Oui, tout le monde est d'accord...sauf les furieux illuminés de Sud Rail ou de Sud Etudiants dont il convient de nous méfier tant ces "étudiants" sont des fanatiques au comportement terroristes.
Les premiers estiment que la justice et l'équité seraient de passer les 23 millions de salariés français à 37,5 annuités. Les seconds ne veulent pas de l'autonomie élargie des universités. C'est drôle et cocasse, car c'est finalement l'inverse des revendications de mai 68.
Bref ! Outre leurs demandes fantaisistes dans un monde de liberté et de démocratie soumis à la mondialisation, ces gens là viennent dans leur outrance échevelée de nous rendre un sacré service.

Pourquoi remercier Sud Rail et Christian Mahieux ?

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Les exaltés de Sud Rail seront à l'origine de l'explosion du paysage syndical français. Sa structure était depuis 60 ans la racine de la perversité de notre dialogue social.
Nous avons vu François Chérèque demander un arrêt de la grève avant même qu'elle n'ait commencé. Nous 00bf7c1a37df4e010679f5edeb808588.jpgavons surtout vu un Bernard Thibault, conscient des enjeux, devenir raisonnable mais lâché par sa base dure, aiguillonnée par Sud Rail.
Ce dernier événement laissera des cicatrices profondes au sein de la CGT, qui vivra très probablement une scission dans les années qui arrivent.
Il vient de se passer à la CGT à propos des régimes spéciaux ce qu'a vécu le PS sur le traité européen. Tout à la fois dévot trotskiste, Raspoutine d'un peuple qu'il affirme défendre et mauvais génie de la CGT, Christian Mahieux de Sud a définitivement fait imploser le principe de solidarité intersyndicale entre gauche et extrème gauche. Merci, Camarade !

Cela tombe très bien
Nous aurons d'un côté les mouvances ultragauchistes de la CGT, de FO et de Sud qui ne rêvent que du retour des soviets. Ceux-là ne représenteront plus que 1 à 2 % des syndicalistes. Ils seront progressivement laminés dans les entreprises.
Oh ! Etant fortement représentés dans les postes clés (les conducteurs notamment) ils seront toujours capables de nuire, mais leur influence diminuera. Sur le plan politique, ceux-là seront proches de la LCR de Besancenot ou de Mélenchon ou autres Emmanuelli qui finiront par quitter le PS en créant leurs partis ancrés à gauche de la nouvelle gauche socialiste.

De l'autre côté nous aurons des syndicalistes modernes et progressistes ( CFDT, CFTC, CGC et des nouveaux venus, il faut le souhaiter) acceptant les vérités de l'histoire et la réalité du monde contemporain. Ceux-là seront des interlocuteurs toujours exigeants, mais ils seront constructifs et suivront des raisonnements plus inspirés des cours de HEC ou de Harvard que ceux issus du "Manuel du parfait petit syndicaliste" des années 60. Politiquement, ils seront proches et participeront au reformatage d'un nouveau PS, dynamisés par quelques jeunes pousses. Valls, Le Foll, Montebourg...allez savoir !

Tout cela ne se fera pas en un jour
Je prends peut-être mes désirs pour réalités. Cette projection relève peut-être de la science fiction. Il n'empêche ! Ces événements tombent finalement très bien dans la perspective de la réforme sur la représentativité syndicale, prévue au programme présidentiel faut-il le rappeler.
Pour peu qu'en cinq ou sept ans, cette réforme sache attirer 20, 30 ou 50% des salariés français (une cotisation exonéré d'impôts serait la bienvenue) les rapports de force seront inversés, au bénéfice de la majorité. Enfin !
6408b8f5beefc40e241329a38d942af5.jpgJ'ai appris qu'il y avait un mot à ne pas prononcer en ce moment à l'Elysées ou à La Lanterne. C'est le mot "bilan". Souvenez-vous de ce que j'écrivais il y a quelques jours (cf article du 7 novembre) : "le temps ! Bordel !"
Nous devons avoir bien conscience que la fin de cette grève n'est que le début d'un combat qui durera cinq à dix années.

La France est cette nation tout à fait extraordinaire à laquelle il faut expliquer très, très longtemps les choses. Mais quand elle a compris, alors là…elle rattrape tout le monde.

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