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28 novembre 2007

LE POUVOIR D'ACHAT EN QUESTION - Partie 1

Parmi tous les thèmes des grands chantiers lancés depuis six mois, il en est un qui prend du retard, celui du pouvoir d'achat. Nicolas Sarkozy intervenant demain jeudi sur ce thème, c'est le moment d'en parler.

Vous le savez, je ne suis pas un adepte du bilan à six mois. Il faut du temps. Mais compte tenu de la spécificité de ce dossier stratégique, les choses ne peuvent pas évoluer rapidement.
N'oublions pas que si des décisions étaient prises d'ici la fin de l'année (c'est demain !), elles ne pourraient être concrètement mises en œuvre que mi 2008, pour une efficacité visible et une évolution des opinions vers la fin de l'année prochaine. Soit dix huit mois après les élections présidentielles.
Là, nous pourrons commencer à parler de premier bilan.

Un paramètre particulièrement sensible
Le "pouvoir d'achat" est LE paramètre économique que les Français les plus défavorisés ressentent le plus vite et le plus douloureusement.
Un pot de yaourt qui augmente de 10 ou 15% n'a aucune incidence sur la vie d'une famille qui ne tire pas la ficelle par les deux bouts le 10 ou le 15 du mois.
En revanche, il est facile d'en imaginer l'impact dans une famille dont les revenus sont modestes.

Trop tôt pour un bilan, certes, mais il faut rectifier le tir.
Levier d'augmentation du pouvoir d'achat, la croissance ne se décrète pas ! Sa réalité et son niveau dépendent beaucoup de paramètres extérieurs qu'aucun gouvernement ne maîtrise réellement (exemple : le prix de l'énergie).
Pour obtenir des résultats rapidement, il faut chercher ailleurs.

Les mesures envisagées par Villepin - chèque transport, baisse segmentée selon le revenu de l'électricité…etc - ont été heureusement abandonnées. D'inspiration malthusienne, elles auraient traité la problématique par le petit bout d'une lorgnette court terme, n'aboutissant qu'à la paupérisation d'une partie des Français.
Ces mesures auraient tiré vers le bas alors que tout doit être fait pour tirer par le haut. Elles auraient de surcroît créé des inégalités structurelles entre les Français et creuser le déficit.

Enfin, aux dires des chefs d'enteprises que je rencontre, le mécanisme des heures supplémentaires s'avère très compliqué à mettre en oeuvre. Les législateurs auraient-ils rédigé une usine à gaz !
Notre Ministre de l'Economie doit être vigilante sur ce point, en envisageant de rectifier le tir.

Une clé majeure existe
Quels sont les prix qui pèsent le plus dans le ressenti du pouvoir d'achat ? Ce sont évidemment ceux que tout français subit chaque jour : l'alimentation, le loyer et ses charges induites, le transport et dans une moindre mesure, les télécommunications.
Les prix des loyers et des transports sont la conséquence de mécanismes complexes dont les évolutions ne peuvent se faire que lentement.
Il ne faut pas non plus oublier que la marge de manœuvre financière de l'état est faible. Une réduction importante, par exemple, des taxes sur les produits pétroliers (TIPP) est budgétairement quasi impossible. De plus cela serait contraire à l'esprit du Grenelle de l'Environnement.

Il est en revanche un domaine qui ne coûterait rien à l'état donc aux contribuables : une évolution des pratiques de la grande distribution et de leurs fournisseurs industriels, notamment bien entendu sur les produits alimentaires courants.

L'une des solutions du pouvoir d'achat passe nécessairement par là !

Fin de la partie I (suite demain)

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