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29 novembre 2007
LE POUVOIR D'ACHAT EN QUESTION – Partie 2
La grande distribution est-elle une partie de la solution ?
Ce soir le Président Sarkozy sera aux JT de 20H00. Nous ignorons les détails de ce qu'il va annoncer.
Sortira-t-il une mesure inédite et imprévue ? Quoiqu'il en soit, de ce qu'il dira et avancera dépend une partie majeure des enjeux du quinquennat.
La quadrature du cercle
Maîtrise des prix des loyers, nouveau déblocage prématuré du capital de l'épargne salariale, plus grande facilité de résiliation des abonnements auprès des opérateurs télécoms…une panoplie de mesures de tout genre va sans doute être avancée. Elles seront pour la plupart les bienvenues, mais elles auront chacune une efficacité relative et segmentée selon la population concernée.
La mesure idéale d'une augmentation du pouvoir d'achat est celle qui répond à ces sept paramètres :
- ne rien coûter à la collectivité
- toucher tous les Français
- être rapidement opérationnelle
- facile à comprendre
- ne pas avoir de conséquences indirectes négatives (vices cachés)
- ne pas creuser les inégalités structurelles, en créant de nouveaux avantages acquis sectoriels
- obtenir l'adhésion des entrepreneurs et des syndicats
Respecter ces points relève-t-il de la quadrature du cercle ? Je ne le pense pas.
Le problème de la Loi Galland
Conçue à l'origine pour protéger le petit commerce, cette loi a eu on le sait un effet pervers. Elle a supprimée la concurrence entre les enseignes. Impossibilité de vendre à perte, non intégration des marges arrière dans les coûts réels d'achats…etc.
Avec leurs tarifs de vente au public imposés, les industriels ne sont pas exempts de tout reproche non plus.
Malgré les quelques aménagements apportés par la loi Dutreil en 2005 et la récente Loi Chatel, la situation reste peu favorable à une baisse franche des prix.
Non coupables
Les grands de la distribution ne sont pas directement responsables. Ils n'ont fait qu'appliquer la loi, certes avec grand zèle parfois. On ne peut pas le leur reprocher.
Il faut également ajouter les effets des lois Royer et
Raffarin, qui sont venues figer la cartographie des implantations commerciales, réduisant d'autant les possibilités de mises en concurrence.
Cela étant dit, tous les rapports le disent, la grande distribution a fait des efforts louables. En 2005, leur indice des prix des produits de consommation courante aurait baissé de 0,4%, alors que l'inflation était de 1,2%. Mais il faut aller plus loin.
Faut-il supprimer les lois Royer, Dutreil, Raffarin et Galland ?
Si elles étaient abrogées ou pour le moins aménagées en profondeur, la conséquence serait immédiate et saine : le retour à une vraie situation concurrentielle. Les grandes enseignes (Carrefour, Casino, Auchan, Leclerc, Intermarché...) se livreraient à une guerre des prix qui ne pourrait générer qu'une déflation sur les produits concernés.
Par ailleurs, cette baisse des prix peut-elle être acceptée par les distributeurs qui y verraient une érosion de leurs marges ? La réponse est oui. Une baisse des prix générant toujours et automatiquement une augmentation de la consommation, les distributeurs peuvent compter sur l'effet volume pour combler leur déficit de marges.
C'est aussi l'avis de Michel-Edouard Leclercs. Il prêche depuis des années pour un aménagement radical des pratiques de son propre secteur. Son père disait il y a cinquante ans " acheter moins cher, pour revendre moins cher". Intéressant comme formulation ! Ne nous en rappelle-t-elle pas une autre, plus récente ?
D'autres questions doivent être posées
. Pourquoi faire dépendre les dates des Soldes de décrets préfectoraux ?
. Pourquoi interdire la vente à perte, si tel est le souhait ponctuel du commerçant ?
. Pourquoi interdire ou restreindre à ce point les ouvertures du dimanche, alors que les français les apprécient. En ce domaine, la loi aboutit à des situations ubuesques dans certains centres villes (exemple : sur les Champs-Elysées, l'une des artères les plus touristiques du monde).
Je fais un rêve !
Imaginons simplement qu'une nouvelle situation, fondée sur une évolution radicale de ces pratiques, réduise en dix huit mois de 5 à 6% le niveau moyen des prix des produits alimentaires courants et que les chiffres d'affaires augmentent d'autant.
Je ne suis pas économiste, mais il me semble qu'une partie du problème de la croissance et de l'augmentation du pouvoir d'achat des Français serait réglé.
Supposons !
Supposons maintenant que je sois un âne et que mon raisonnement fût trop simpliste pour être validé par un énarque.
Alors expliquez-moi pourquoi nous avons de telles différences de prix entre les pays européens sur une canette de Coca Cola, sur un pot de yaourt basique ou sur un hamburger Mac Donald.
Quels sont les mécanismes qui aboutissent à une situation trop souvent au désavantage du porte-monnaie des Français ? Les différentiels de charges sociales et de TVA sont loin de pouvoir tout expliquer. Très loin.
Il est probable qu'il nous faille alors chercher du coté de la législation du travail et de sa rigidité, entre autre. Tout étant finalement lié, la partie est difficile et le projet de Nicolas Sarkozy n'a d'autre ambition que de tout changer. Il faudra dix ans !
Des actions sont en cours.
Il ne faut pas désespérer. Le Gouvernement a parfaitement conscience de la situation.
En juin 2007, Christine Lagarde a demandé un complément d'enquêtes et d'études sur ce grand sujet qu'est le commerce en France. Bercy observe d'autre part l'efficacité des mesures prises sur les heures supplémentaires (faibles à ce jour, car trop alambiquées dans leur mise en oeuvre).
Puis il y a les conclusions finales de la Commission Attali qui viendront en décembre. Pour avoir déjà lancé quelques ballons, nous en connaissons les grandes lignes.
Enfin rappelons-nous qu'en 2004, l'éphémère Ministre de l'Economie et futur Président de la République, avait quand même eu le temps de réunir les grandes enseignes de la distribution, en leur demandant de faire un effort sensible sur les prix. Il fut écouté et suivi.
C'est par conséquent un sujet qui lui tient à cœur ! Mais attention, le temps passe vite.
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