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30 novembre 2007
SARKOZY, LA OU NOUS NE L'ATTENDIONS PAS...
... c'est à dire, pas assez loin sur les mesures à effets immédiats.
L'intervention du Président Sarkozy offre un spectre plus large que celui auquel nous pouvions nous attendre. En gros, trois thèmes ont été abordés : les émeutes de la "voyoucratie", le gros morceau que sont le pouvoir d'achat et la croissance, enfin l'université.
Ayant consacré deux articles sur le pouvoir d'achat depuis le début de la semaine, vous pensez bien que c'est aujourd'hui mon sujet de prédilection.
Globalement, la réponse du Président est simple : c'est la croissance qui tirera vraiment le pouvoir d'achat et non l'inverse. Conséquence immédiate, il a demandé aux Français d'être patients.
Il a raison, mais je m'inquiète quand même. Voici pourquoi.
En gros, je classerais les mesures en deux catégories. Celles qui auront une efficacité moyen terme (12 à 24 mois) et celles qui auront une efficacité quasi immédiate.
MOYEN TERME : des mesures incitatives
. Comme je l'écrivais hier matin, notre Président nous a donc sorti une mesure inattendue, sans être pour autant inédite : un nouvel assouplissement des 35 heures sur la base d'un volontariat entre l'entreprise et ses salariés.
Très bien ! C'est une bonne façon d'atténuer une nouvelle fois les conséquences désastreuses de cette loi socialiste imbécile. Nous verrons quelles seront les modalités d'application et l'attraction fiscale qui pousserait les entreprises à jouer le jeu.
. Le paiement des RTT en salaire. Bonne idée, mais qui ne se décrète pas, chaque entreprise restant libre de le proposer ou non à ses employés.
. Le déblocage anticipé de la participation. Ce levier du pouvoir d'achat avait partiellement fonctionné en 2004. En effet, les fonds concernés, dans leur grande majorité, n'avaient pas été réinjectés dans la consommation mais avaient alimenté une nouvelle épargne. Les entreprises de moins de 50 salariés n'étant pas concernées, cette possibilité ne concernera donc que 5% de nos entreprises.
COURT TERME : Une seule mesure, plus dirigiste
. Les loyers indexés sur l'indice de la consommation et non plus sur le coût de la construction. Excellent pour juguler l'inflation, de surcroît très simple et facile de mise en œuvre.En revanche, je suis inquiet sur le vice caché possible des mesures sur le dépôt de garantie d'un mois et sur la disparition de la caution.
En effet, quelle pourrait être la réaction des propriétaires dont la sécurité du paiement des loyers sera sensiblement réduite. C'est très simple : ne plus louer du tout. Le risque d'une France des volets clos nouvelle version est réelle, ce qui aurait pour conséquences de raréfier l'offre et de faire repartir l'inflation sur les loyers, soit l'inverse du but recherché !
Pour accompagner ces mesures sur la location d'un logement, il faudrait absolument proposer aux propriétaires une contre partie tangible.
Le système public de caution me semble extrêmement complexe à monter, voire impossible.
A mon sens, la seule solution opérationnelle serait de rendre les évictions plus simples afin que tout locataire ne payant pas son loyer puisse être expulsé sous deux ou trois mois. Pour qui a loué un logement aux USA, au Canada ou en Australie sait que ce système fonctionne très bien. Il n'est pas injuste, bien au contraire. Il a d'autre part une autre vertu, il auto régule l'augmentation du prix des loyers.
. Le commerce et la grande distribution…aïe !
Je ne peux vous le cacher, je suis déçu par l'absence de mesures réelles et concrètes sur le changement des pratiques dans la grande distribution (cf mes articles des jours précédents).
Certes, le sujet n'a pas de solutions simples et suppose une révolution des comportements, donc des négociations ardues.
Dans ces conditions, le Président s'est évidement contenté d'annoncer "…une grande discussion avec les acteurs…".
Le gouvernement, le Ministère de l'économie et la palanquée des Conseillers de l'Elysées ne sont pas prêts sur le sujet. J'espérais qu'ils le fussent ! ..." Nicolas, je te conseille de secouer le cocotier sur le sujet ! "
. Une grande idée phare manque au tableau
Je vois deux domaines possibles que le Président aurait pu exploiter. L'un pour la croissance et l'emploi. L'autre pour le pouvoir d'achat.
1. La suppression de certains effets de seuil de la législation fiscale et sociale des entreprises. Véritables barrières de l'emploi, ils font reculer la plupart des chefs d'entreprise.
2. L'aménagement des pratiques dans la grande distribution. Je suis convaincu que ce secteur eut pu être le bon terrain pour marquer les esprits. Annoncer des discussions est notoirement insuffisant.
Bref, dans ces conditions, j'ai envie de dire…"chaque chose en son temps", mais sans parler de bilan... ce foutu temps commence à presser !
Restons patients. Gardons confiance. Plus que jamais.
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