30 novembre 2007

SARKOZY, LA OU NOUS NE L'ATTENDIONS PAS...

... c'est à dire, pas assez loin sur les mesures à effets immédiats.

L'intervention du Président Sarkozy offre un spectre plus large que celui auquel nous pouvions nous attendre. En gros, trois thèmes ont été abordés : les émeutes de la "voyoucratie", le gros morceau que sont le pouvoir d'achat et la croissance, enfin l'université.

5c3c830edea54018f80a70890a966888.jpg

Ayant consacré deux articles sur le pouvoir d'achat depuis le début de la semaine, vous pensez bien que c'est aujourd'hui mon sujet de prédilection.
Globalement, la réponse du Président est simple : c'est la croissance qui tirera vraiment le pouvoir d'achat et non l'inverse. Conséquence immédiate, il a demandé aux Français d'être patients.
Il a raison, mais je m'inquiète quand même. Voici pourquoi.

En gros, je classerais les mesures en deux catégories. Celles qui auront une efficacité moyen terme (12 à 24 mois) et celles qui auront une efficacité quasi immédiate.

MOYEN TERME : des mesures incitatives
. Comme je l'écrivais hier matin, notre Président nous a donc sorti une mesure inattendue, sans être pour autant inédite : un nouvel assouplissement des 35 heures sur la base d'un volontariat entre l'entreprise et ses salariés.
Très bien ! C'est une bonne façon d'atténuer une nouvelle fois les conséquences désastreuses de cette loi socialiste imbécile. Nous verrons quelles seront les modalités d'application et l'attraction fiscale qui pousserait les entreprises à jouer le jeu.
. Le paiement des RTT en salaire. Bonne idée, mais qui ne se décrète pas, chaque entreprise restant libre de le proposer ou non à ses employés.
. Le déblocage anticipé de la participation. Ce levier du pouvoir d'achat avait partiellement fonctionné en 2004. En effet, les fonds concernés, dans leur grande majorité, n'avaient pas été réinjectés dans la consommation mais avaient alimenté une nouvelle épargne. Les entreprises de moins de 50 salariés n'étant pas concernées, cette possibilité ne concernera donc que 5% de nos entreprises.

COURT TERME : Une seule mesure, plus dirigiste
8cf5a0d49b50d3125d45271e3401258b.jpg. Les loyers indexés sur l'indice de la consommation et non plus sur le coût de la construction. Excellent pour juguler l'inflation, de surcroît très simple et facile de mise en œuvre.
En revanche, je suis inquiet sur le vice caché possible des mesures sur le dépôt de garantie d'un mois et sur la disparition de la caution.

En effet, quelle pourrait être la réaction des propriétaires dont la sécurité du paiement des loyers sera sensiblement réduite. C'est très simple : ne plus louer du tout. Le risque d'une France des volets clos nouvelle version est réelle, ce qui aurait pour conséquences de raréfier l'offre et de faire repartir l'inflation sur les loyers, soit l'inverse du but recherché !

Pour accompagner ces mesures sur la location d'un logement, il faudrait absolument proposer aux propriétaires une contre partie tangible.
Le système public de caution me semble extrêmement complexe à monter, voire impossible.
A mon sens, la seule solution opérationnelle serait de rendre les évictions plus simples afin que tout locataire ne payant pas son loyer puisse être expulsé sous deux ou trois mois. Pour qui a loué un logement aux USA, au Canada ou en Australie sait que ce système fonctionne très bien. Il n'est pas injuste, bien au contraire. Il a d'autre part une autre vertu, il auto régule l'augmentation du prix des loyers.

. Le commerce et la grande distribution…aïe !
Je ne peux vous le cacher, je suis déçu par l'absence de mesures réelles et concrètes sur le changement des pratiques dans la grande distribution (cf mes articles des jours précédents).
Certes, le sujet n'a pas de solutions simples et suppose une révolution des comportements, donc des négociations ardues.
Dans ces conditions, le Président s'est évidement contenté d'annoncer "…une grande discussion avec les acteurs…".
Le gouvernement, le Ministère de l'économie et la palanquée des Conseillers de l'Elysées ne sont pas prêts sur le sujet. J'espérais qu'ils le fussent ! ..." Nicolas, je te conseille de secouer le cocotier sur le sujet ! "

. Une grande idée phare manque au tableau
Je vois deux domaines possibles que le Président aurait pu exploiter. L'un pour la croissance et l'emploi. L'autre pour le pouvoir d'achat.
1. La suppression de certains effets de seuil de la législation fiscale et sociale des entreprises. Véritables barrières de l'emploi, ils font reculer la plupart des chefs d'entreprise.
2. L'aménagement des pratiques dans la grande distribution. Je suis convaincu que ce secteur eut pu être le bon terrain pour marquer les esprits. Annoncer des discussions est notoirement insuffisant.

Bref, dans ces conditions, j'ai envie de dire…"chaque chose en son temps", mais sans parler de bilan... ce foutu temps commence à presser !

Restons patients. Gardons confiance. Plus que jamais.

29 novembre 2007

MUNICIPALES A BOULOGNE, C'EST PARTI !

Les élections sont dans 100 jours. Déjà !
66fdb280d9638995d67e78bb304a94d1.jpgVoici la Lettre de Candidature de Pierre-Christophe Baguet.

Il a besoin de nous tous, a fortiori si le Maire par procuration actuel décidait d'y aller. Si tel était le cas, nous devrons décupler notre effort de pédagogie auprès des Boulonnais qui n'y comprendront plus rien, à l'aune du cas Pineau. J'ai de plus le sentiment que ma plume éprouverait de sérieux picotements !

Bref ! Imprimez, distribuez dans les boîtes à lettres de votre immeuble ou relayez en pièce jointe ce document dans vos emails.

LE POUVOIR D'ACHAT EN QUESTION – Partie 2

La grande distribution est-elle une partie de la solution ?

483dbf9bfa2cdc097fb055884e66d202.jpgCe soir le Président Sarkozy sera aux JT de 20H00. Nous ignorons les détails de ce qu'il va annoncer.
Sortira-t-il une mesure inédite et imprévue ? Quoiqu'il en soit, de ce qu'il dira et avancera dépend une partie majeure des enjeux du quinquennat.


La quadrature du cercle
Maîtrise des prix des loyers, nouveau déblocage prématuré du capital de l'épargne salariale, plus grande facilité de résiliation des abonnements auprès des opérateurs télécoms…une panoplie de mesures de tout genre va sans doute être avancée. Elles seront pour la plupart les bienvenues, mais elles auront chacune une efficacité relative et segmentée selon la population concernée.

La mesure idéale d'une augmentation du pouvoir d'achat est celle qui répond à ces sept paramètres :
- ne rien coûter à la collectivité
- toucher tous les Français
- être rapidement opérationnelle
- facile à comprendre
- ne pas avoir de conséquences indirectes négatives (vices cachés)
- ne pas creuser les inégalités structurelles, en créant de nouveaux avantages acquis sectoriels
- obtenir l'adhésion des entrepreneurs et des syndicats
Respecter ces points relève-t-il de la quadrature du cercle ? Je ne le pense pas.

Le problème de la Loi Galland
e96f1c0e94488979b24144b5fe3062db.jpgConçue à l'origine pour protéger le petit commerce, cette loi a eu on le sait un effet pervers. Elle a supprimée la concurrence entre les enseignes. Impossibilité de vendre à perte, non intégration des marges arrière dans les coûts réels d'achats…etc.
1e31a75f7ea4d30961525b44176ef9f6.gifAvec leurs tarifs de vente au public imposés, les industriels ne sont pas exempts de tout reproche non plus.
Malgré les quelques aménagements apportés par la loi Dutreil en 2005 et la récente Loi Chatel, la situation reste peu favorable à une baisse franche des prix.

Non coupables
Les grands de la distribution ne sont pas directement responsables. Ils n'ont fait qu'appliquer la loi, certes avec grand zèle parfois. On ne peut pas le leur reprocher.61c4ee4ea3f37358c89258a7e2d0750a.gif
Il faut également ajouter les effets des lois Royer et f52dae0be81296fd5f5eb23943e7aa83.jpgRaffarin, qui sont venues figer la cartographie des implantations commerciales, réduisant d'autant les possibilités de mises en concurrence.

Cela étant dit, tous les rapports le disent, la grande distribution a fait des efforts louables. En 2005, leur indice des prix des produits de consommation courante aurait baissé de 0,4%, alors que l'inflation était de 1,2%. Mais il faut aller plus loin.

Faut-il supprimer les lois Royer, Dutreil, Raffarin et Galland ?
193d59359938c66a557bf70688cf1a5b.jpgSi elles étaient abrogées ou pour le moins aménagées en profondeur, la conséquence serait immédiate et saine : le retour à une vraie situation concurrentielle. Les grandes enseignes (Carrefour, Casino, Auchan, Leclerc, Intermarché...) se livreraient à une guerre des prix qui ne pourrait générer qu'une déflation sur les produits concernés.
Par ailleurs, cette baisse des prix peut-elle être acceptée par les distributeurs qui y verraient une érosion de leurs marges ? La réponse est oui. Une baisse des prix générant toujours et automatiquement une augmentation de la consommation, les distributeurs peuvent compter sur l'effet volume pour combler leur déficit de marges.
C'est aussi l'avis de Michel-Edouard Leclercs. Il prêche depuis des années pour un aménagement radical des pratiques de son propre secteur. Son père disait il y a cinquante ans " acheter moins cher, pour revendre moins cher". Intéressant comme formulation ! Ne nous en rappelle-t-elle pas une autre, plus récente ?

D'autres questions doivent être posées
. Pourquoi faire dépendre les dates des Soldes de décrets préfectoraux ?
b55516a158b02bd827fbf4cd55fd45ff.jpg. Pourquoi interdire la vente à perte, si tel est le souhait ponctuel du commerçant ?
. Pourquoi interdire ou restreindre à ce point les ouvertures du dimanche, alors que les français les apprécient. En ce domaine, la loi aboutit à des situations ubuesques dans certains centres villes (exemple : sur les Champs-Elysées, l'une des artères les plus touristiques du monde).

Je fais un rêve !
Imaginons simplement qu'une nouvelle situation, fondée sur une évolution radicale de ces pratiques, réduise en dix huit mois de 5 à 6% le niveau moyen des prix des produits alimentaires courants et que les chiffres d'affaires augmentent d'autant.
Je ne suis pas économiste, mais il me semble qu'une partie du problème de la croissance et de l'augmentation du pouvoir d'achat des Français serait réglé.


Supposons !
a9b106cc219fc288853a908bef95977b.gifSupposons maintenant que je sois un âne et que mon raisonnement fût trop simpliste pour être validé par un énarque.
Alors expliquez-moi pourquoi nous avons de telles différences de prix entre les pays européens sur une canette de Coca Cola, sur un pot de yaourt basique ou sur un hamburger Mac Donald.
Quels sont les mécanismes qui aboutissent à une situation trop souvent au désavantage du porte-monnaie des Français ? Les différentiels de charges sociales et de TVA sont loin de pouvoir tout expliquer. Très loin.

Il est probable qu'il nous faille alors chercher du coté de la législation du travail et de sa rigidité, entre autre. Tout étant finalement lié, la partie est difficile et le projet de Nicolas Sarkozy n'a d'autre ambition que de tout changer. Il faudra dix ans !

Des actions sont en cours.
Il ne faut pas désespérer. Le Gouvernement a parfaitement conscience de la situation.
En juin 2007, Christine Lagarde a demandé un complément d'enquêtes et d'études sur ce grand sujet qu'est le commerce en France. Bercy observe d'autre part l'efficacité des mesures prises sur les heures supplémentaires (faibles à ce jour, car trop alambiquées dans leur mise en oeuvre).
Puis il y a les conclusions finales de la Commission Attali qui viendront en décembre. Pour avoir déjà lancé quelques ballons, nous en connaissons les grandes lignes.

Enfin rappelons-nous qu'en 2004, l'éphémère Ministre de l'Economie et futur Président de la République, avait quand même eu le temps de réunir les grandes enseignes de la distribution, en leur demandant de faire un effort sensible sur les prix. Il fut écouté et suivi.

C'est par conséquent un sujet qui lui tient à cœur ! Mais attention, le temps passe vite.

28 novembre 2007

LE POUVOIR D'ACHAT EN QUESTION - Partie 1

Parmi tous les thèmes des grands chantiers lancés depuis six mois, il en est un qui prend du retard, celui du pouvoir d'achat. Nicolas Sarkozy intervenant demain jeudi sur ce thème, c'est le moment d'en parler.

Vous le savez, je ne suis pas un adepte du bilan à six mois. Il faut du temps. Mais compte tenu de la spécificité de ce dossier stratégique, les choses ne peuvent pas évoluer rapidement.
N'oublions pas que si des décisions étaient prises d'ici la fin de l'année (c'est demain !), elles ne pourraient être concrètement mises en œuvre que mi 2008, pour une efficacité visible et une évolution des opinions vers la fin de l'année prochaine. Soit dix huit mois après les élections présidentielles.
Là, nous pourrons commencer à parler de premier bilan.

Un paramètre particulièrement sensible
Le "pouvoir d'achat" est LE paramètre économique que les Français les plus défavorisés ressentent le plus vite et le plus douloureusement.
Un pot de yaourt qui augmente de 10 ou 15% n'a aucune incidence sur la vie d'une famille qui ne tire pas la ficelle par les deux bouts le 10 ou le 15 du mois.
En revanche, il est facile d'en imaginer l'impact dans une famille dont les revenus sont modestes.

Trop tôt pour un bilan, certes, mais il faut rectifier le tir.
Levier d'augmentation du pouvoir d'achat, la croissance ne se décrète pas ! Sa réalité et son niveau dépendent beaucoup de paramètres extérieurs qu'aucun gouvernement ne maîtrise réellement (exemple : le prix de l'énergie).
Pour obtenir des résultats rapidement, il faut chercher ailleurs.

Les mesures envisagées par Villepin - chèque transport, baisse segmentée selon le revenu de l'électricité…etc - ont été heureusement abandonnées. D'inspiration malthusienne, elles auraient traité la problématique par le petit bout d'une lorgnette court terme, n'aboutissant qu'à la paupérisation d'une partie des Français.
Ces mesures auraient tiré vers le bas alors que tout doit être fait pour tirer par le haut. Elles auraient de surcroît créé des inégalités structurelles entre les Français et creuser le déficit.

Enfin, aux dires des chefs d'enteprises que je rencontre, le mécanisme des heures supplémentaires s'avère très compliqué à mettre en oeuvre. Les législateurs auraient-ils rédigé une usine à gaz !
Notre Ministre de l'Economie doit être vigilante sur ce point, en envisageant de rectifier le tir.

Une clé majeure existe
Quels sont les prix qui pèsent le plus dans le ressenti du pouvoir d'achat ? Ce sont évidemment ceux que tout français subit chaque jour : l'alimentation, le loyer et ses charges induites, le transport et dans une moindre mesure, les télécommunications.
Les prix des loyers et des transports sont la conséquence de mécanismes complexes dont les évolutions ne peuvent se faire que lentement.
Il ne faut pas non plus oublier que la marge de manœuvre financière de l'état est faible. Une réduction importante, par exemple, des taxes sur les produits pétroliers (TIPP) est budgétairement quasi impossible. De plus cela serait contraire à l'esprit du Grenelle de l'Environnement.

Il est en revanche un domaine qui ne coûterait rien à l'état donc aux contribuables : une évolution des pratiques de la grande distribution et de leurs fournisseurs industriels, notamment bien entendu sur les produits alimentaires courants.

L'une des solutions du pouvoir d'achat passe nécessairement par là !

Fin de la partie I (suite demain)

26 novembre 2007

CAVADA, FOURBERIE OU CONVICTION ?

C'est toujours la question que l'on se pose lorsqu'on assiste à l'apostasie politique d'une personnalité. Le fait-elle par calcul et intérêt personnel ou par conviction et sincérité ?

Le phénomène n'est pas nouveau, mais durant ces six derniers mois, il semble qu'il se soit accéléré. Les exemples ne manquent pas. Il est inutile de les rappeler et la galerie s'allongera encore. Pour aujourd'hui, c'est donc Jean-Marie Cavada qui a accepté d'être tête de liste UMP dans un arrondissement de Paris.

De l'Est vers l'Ouest, toujours !
Ce qu'il est en revanche intéressant de souligner, c'est que les transfuges sont en sens unique : de l'opposition vers la majorité dans 99% des cas*. Cela prête à réfléchir, non ?
Ce constat est révélateur de la conjonction des faisceaux amenant inexorablement à cette transhumance politique :
D'un côté :
. une opposition générale délabrée
. un PS à l'agonie qui n'a rien fait depuis cinq ans et qui s'emmêle les crayons dans son épouvantable hiatus Royal.
. un centre pusillanime avec un sympathique rêveur à sa tête
. de nombreux leaders perdus dans leurs contradictions
De l'autre :
. une UMP, globalement en rangs serrés, qui a travaillé depuis des années au programme à mettre en oeuvre
. un Président, apprécié par une majorité de Français, qui fait bouger les lignes en faisant ce qu'il a annoncé…incroyable !
. Une dynamique difficilement contestable, quelles que soient ses opinions
La conjonction de tous ces paramètres aboutit à un effet ciseaux, bien connus des économistes. C'est pareil en politique.

Cavada n'avait pas besoin de migrer pour exister
425d99f440e024055a967d2026a220db.jpgJean-Marie Cavada a manifestement tout fait avant de prendre sa décision ( "…j'ai épuisé tous les recours de la loyauté avec Bayrou…"). La formule est belle. Elle est de plus crédible. Il a pris son temps.

Il est très probablement sincère
Il est à mon sens impossible de penser que cette ex star de la télé ( La Marche du Siècle) et ex patron de Radio France, soit un arriviste. Député européen (UDF), il n'avait pas besoin de cela pour exister. Il est invité quand il le désire par toutes les télévisions et par toutes les radios…etc.
Non, je crois plutôt et tout simplement, que c'est un homme de convictions, aimant son pays, ne voulant pas laisser passer le train de l'action.
"…et pendant qu'il agit (Sarkozy), certains attendent son échec, tout en spéculant sur l'affaiblissement de la gauche pour la croquer…je ne veux pas bâtir une carrière politique sur les ruines de mon pays."

Tout est dit ! Même certains UMP feraient bien d'y réfléchir, tant au plan national que local.


* Rappelons que la plus fameuse des exceptions fut celle de François Mitterrand qui, sympathisant de La Cagoule dans les années 30, découvrit au milieu des années 50 les vertus électoralistes de devenir le chantre du socialisme.

25 novembre 2007

A PROPOS DE BOULOGNE

DUHAMEL TENTE PAR LA GAUCHE !

Dans l'édition Ile-de-France du Journal du Dimanche, voici ce qu'aurait déclaré Pierre-Christophe Duhamel. Serait-il prêt à tout ? Je refuse encore de le croire, sauf à tomber dans une malhonnêteté intellectuelle, ce qui n'est pas son genre.

""…il y a de l'affinité entre Pierre Gaborit et moi…rien n'empêcherait que nous figurions sur la même liste."

0cfab464b953fa0b02791dd75fede83d.jpgReste à savoir sur quelle liste, mais si ce propos est exact…les bras m'en tombent.
Si ouverture il doit y avoir, et ma foi pourquoi pas, c'est évidemment au leader de la liste adoubée par l'UMP de la mettre en oeuvre, sûrement pas à celui qui tente de bâtir une liste dissidente pour des motifrs purement électoralistes.
Pierre-Mathieu Duhamel applique l'ouverture perverse. C'est au parti en position de force de faire un geste d'ouverture, en ayant les moyens d'en contrôler l'application. Sinon, c'est la chienlit, comme le disait Charles de Gaulle.
Etre prêt à s'unir à la gauche, avec de surcroît une probable entente de circonstance avec le Modem jouant les entremetteurs…tout cela pour assouvir, par délégation, l'animosité de Fourcade à l'encontre de Baguet ! Non, vraiment, cela est indigne et nourrit le feu de la division. Un phénomène classique au demeurant qui obligerait à de belles séances de pédagogie dans les réunions de campagne.
Monsieur Duhamel serait-il tombé dans le syndrome Pineau, qui a joué sur tous les tableaux en juin dernier ? On a vu avec quel succès (10,9%) !

Pierre-Christophe Baguet est légitime
e1b0e731ca34e6364490229d4a5bdcc8.jpgCela peut déplaire à ceux qui ne l'aiment pas, mais il a obtenu l'investiture de l'UMP, ce dont rêvent tous les candidats de la majorité. Alors qu'il n'était sûr de rien, il fut le premier UDF à rejoindre le candidat Sarkozy, il y a déjà plus d'un an.
Il a été largement élu au premier tour des législatives avec prêt de 60% des suffrages.
Baguet est une force politique avérée qui a démontré sa capacité élective.
Pourquoi voulez-vous que l'UMP et ses cadres politiques ( Raffarin, Devedjian) ainsi que le Président Sarkzoy prennent le moindre risque électoral, en faisant de plus un cadeau à un Fourcade qui a toujours fait ses coups dans son coin ? Le dernier étant sa démission sur laquelle il n'avait informé personne dans son camp.
Pourquoi et surtout comment contester que Baguet soit désormais le plus légitime dans notre majorité pour concourir au poste de Maire ?
a01fb8795404b00889361e5e29ec71bb.jpgPersonne ne peut lui reprocher d'avoir cette ambition. Il a gagné ses galons, seul, avec courage et patience sans être issu du sérail de l'énarchie. La compétence et l'art de mener une ville ne s'affirment pas avec un diplôme, mais avec les années sur le terrain et en sachant s'entourer.



Nous pouvons comprendre l'amertume de Duhamel
a11d69114c714d43306dc53e5208e50f.jpgMais il doit à son tour admettre qu'il est seul responsable de la situation, à la fois impossible et parfaitement prévisible, dans laquelle il se trouve aujourd'hui : une sorte d'impasse dont il lui sera délicat de sortir.
Il me semble que s'il avait refusé d'être le jouet de Fourcade, il ne serait pas écartelé entre son envie de rester Maire - on ne peut pas non plus le lui reprocher - et les moyens politiquement incorrects que cela suppose pour se lancer dans l'aventure d'une liste dissidente.
Monsieur Duhamel, doit redevenir raisonnable. Qu'il accepte la main toujours tendue de Pierre-Christophe Baguet. Il n'est pas trop tard. Mais peut-il accepter d'être 2ème ou 3ème Maire-adjoint ? Rien n'est moins sûr.

Et si jamais il attendait les résultats d'un sondage qui lui révélerait l'existence d'un espace disponible pour tenter le coup, cet espace ne serait qu'une chimère.
J'en fais le pari !

24 novembre 2007

NOUS DEVONS REMERCIER SUD RAIL !

Voilà un titre étonnant, non ? Pourtant, d'ici quelques années, nous constaterons que les trotskistes de Sud auront été à l'origine de l'explosion salutaire de notre paysage syndical. Désir ou réalité ?

32ff24b351084dbc9b5964a282a868bc.gifTout le monde est d'accord, et bien heureux que Sarkozy, Fillon et Bertrand s'y collent, sur le fond de la réforme des régimes spéciaux.
Oui, tout le monde est d'accord...sauf les furieux illuminés de Sud Rail ou de Sud Etudiants dont il convient de nous méfier tant ces "étudiants" sont des fanatiques au comportement terroristes.
Les premiers estiment que la justice et l'équité seraient de passer les 23 millions de salariés français à 37,5 annuités. Les seconds ne veulent pas de l'autonomie élargie des universités. C'est drôle et cocasse, car c'est finalement l'inverse des revendications de mai 68.
Bref ! Outre leurs demandes fantaisistes dans un monde de liberté et de démocratie soumis à la mondialisation, ces gens là viennent dans leur outrance échevelée de nous rendre un sacré service.

Pourquoi remercier Sud Rail et Christian Mahieux ?

a4b31d142eaf7cd5a747a0184ccc5d47.jpg
Les exaltés de Sud Rail seront à l'origine de l'explosion du paysage syndical français. Sa structure était depuis 60 ans la racine de la perversité de notre dialogue social.
Nous avons vu François Chérèque demander un arrêt de la grève avant même qu'elle n'ait commencé. Nous 00bf7c1a37df4e010679f5edeb808588.jpgavons surtout vu un Bernard Thibault, conscient des enjeux, devenir raisonnable mais lâché par sa base dure, aiguillonnée par Sud Rail.
Ce dernier événement laissera des cicatrices profondes au sein de la CGT, qui vivra très probablement une scission dans les années qui arrivent.
Il vient de se passer à la CGT à propos des régimes spéciaux ce qu'a vécu le PS sur le traité européen. Tout à la fois dévot trotskiste, Raspoutine d'un peuple qu'il affirme défendre et mauvais génie de la CGT, Christian Mahieux de Sud a définitivement fait imploser le principe de solidarité intersyndicale entre gauche et extrème gauche. Merci, Camarade !

Cela tombe très bien
Nous aurons d'un côté les mouvances ultragauchistes de la CGT, de FO et de Sud qui ne rêvent que du retour des soviets. Ceux-là ne représenteront plus que 1 à 2 % des syndicalistes. Ils seront progressivement laminés dans les entreprises.
Oh ! Etant fortement représentés dans les postes clés (les conducteurs notamment) ils seront toujours capables de nuire, mais leur influence diminuera. Sur le plan politique, ceux-là seront proches de la LCR de Besancenot ou de Mélenchon ou autres Emmanuelli qui finiront par quitter le PS en créant leurs partis ancrés à gauche de la nouvelle gauche socialiste.

De l'autre côté nous aurons des syndicalistes modernes et progressistes ( CFDT, CFTC, CGC et des nouveaux venus, il faut le souhaiter) acceptant les vérités de l'histoire et la réalité du monde contemporain. Ceux-là seront des interlocuteurs toujours exigeants, mais ils seront constructifs et suivront des raisonnements plus inspirés des cours de HEC ou de Harvard que ceux issus du "Manuel du parfait petit syndicaliste" des années 60. Politiquement, ils seront proches et participeront au reformatage d'un nouveau PS, dynamisés par quelques jeunes pousses. Valls, Le Foll, Montebourg...allez savoir !

Tout cela ne se fera pas en un jour
Je prends peut-être mes désirs pour réalités. Cette projection relève peut-être de la science fiction. Il n'empêche ! Ces événements tombent finalement très bien dans la perspective de la réforme sur la représentativité syndicale, prévue au programme présidentiel faut-il le rappeler.
Pour peu qu'en cinq ou sept ans, cette réforme sache attirer 20, 30 ou 50% des salariés français (une cotisation exonéré d'impôts serait la bienvenue) les rapports de force seront inversés, au bénéfice de la majorité. Enfin !
6408b8f5beefc40e241329a38d942af5.jpgJ'ai appris qu'il y avait un mot à ne pas prononcer en ce moment à l'Elysées ou à La Lanterne. C'est le mot "bilan". Souvenez-vous de ce que j'écrivais il y a quelques jours (cf article du 7 novembre) : "le temps ! Bordel !"
Nous devons avoir bien conscience que la fin de cette grève n'est que le début d'un combat qui durera cinq à dix années.

La France est cette nation tout à fait extraordinaire à laquelle il faut expliquer très, très longtemps les choses. Mais quand elle a compris, alors là…elle rattrape tout le monde.

22 novembre 2007

REGIME SPECIAUX

La colère me monte au nez, on ne rigole plus !

Pour tous ceux qui s'efforcent de regarder la société en se réclamant du bon sens, de l'équité, de la solidarité, de la responsabilité, l'attitude des syndicalistes adeptes du blocage dur est irresponsable, indécente et pire encore... elle est imbécile et fourbe.
Certes les choses semblent s'arranger lentement, mais à quel prix ! Comme vous tous, j'ai été patient ! Mais maintenant, stop !

Vade-mecum de ces régimes

- Leurs bénéficiaires partent à la retraite 5 à 10 ans avant ceux soumis au régime général. Exemple : à 50 ans pour les agents de conduite SNCF ou RATP (il est honnête de dire que les Sénateurs et les Députés devraient sur ce point montrer l'exemple. Il paraît que c'est prévu)

- La durée moyenne de leur retraite est pour beaucoup supérieure à celle de leur vie active. Ils percevront donc plus de pensions qu'ils n'ont reçu de salaires ! C'est un non sens absolu sur le plan économique que la pyramide des âges condamne irrémédiablement.

- Le montant de leur retraite est calculé sur les 6 derniers mois de salaire (comme pour les fonctionnaires, qui bénéficient encore à ce titre d'un régime spécial), soit un écart considérable par rapport aux 25 années du régime général. Leur taux de cotisation est en outre souvent inférieur (7,8% contre 10 à 11%);

- Le coût de ces régimes (qui concernent 1,2 million de retraités pour seulement 560 000 actifs) représente environ 5 milliards d'euros par an, payés par la collectivité.

- La réforme de ces régimes est souhaitée par 82% des Français (sondage Metro/Ifop, 11 octobre 2007), y compris par une majorité des agents de la Fonction publique;

- On estime à 300 milliards d'euros les engagements de retraite des sept principaux régimes spéciaux au cours des six prochaines décennies : une charge injuste et insupportable pour les générations futures.

La France est le seul pays développé au monde où demeurent de telles inégalités et de telles aberrations. Cela doit cesser !

ec213497879773d99de71ac89f3d69ef.jpg

(un clic ICI et découvrez l'intégralité du document historique - un dépliant de 1969 - dont la photo ci-dessus est extraite)

La France ne doit pas se laisser mener par 5.000(1) forcenés de la CGT et de Sud Rail. Les choses n'ont que trop durer. Si cela s'avérait nécessaire, nous devons désormais nous préparer nous aussi à descendre dans la rue, massivement, dans le calme.

Diffusez ces quelques faits et chiffres partout où vous le pouvez et par tous les moyens. Au bureau, dans le magasin ou à l'atelier durant les pauses café ou cigarettes, dans les diners entre amis, sur votre blog, en pièce jointe à vos emails…partout !

NB : cet article est inspiré de la note "Appel aux citoyens", rédigée par le sociologue Gérard Mermet, auteur de Francescopie.

(1) A propos des effectifs de Sud Rail. Dans une vidéo diffusée sur le blog de notre ami Thierry Solère, Patrick Devedjian annonce 20.000 membres chez Sud Rail. Je suis très surpris par ce chiffre. Ce n'est pas celui qui est annoncé dans l'étude 2006 de la DARES. Cet organisme annonçait un maximum de 7.000 adhérents fin 2006. Auraient-ils recruté 13.000 personnes en moins d'un an ? Il est permis d'en douter.

21 novembre 2007

LA TARTUFFERIE SYNDICALE FRANCAISE

6c1cdfe469007ed5b357f5435c52b86b.jpgQuelques chiffres sont toujours utiles à rappeler. C'est même vital pour savoir où se trouve encore le bon cap !
Il est stupéfiant de constater à quel point une extrême minorité de dévots trotskistes parvient à dicter sa loi à l'écrasante majorité démocrate et républicaine.



D'après la dernière étude de la DARES* publié fin 2006, le nombre total de syndiqués en France au début du XXIe siècle serait de 1,5 million. Pour environ 22,5 millions de salariés publics ou privés, notre taux de syndicalisation est de l'ordre de 6,5%. 30e599182e512c92f4f51930043c5c08.jpg
Ce ratio est l’un des plus bas des pays de l'OCDE. Etant à l'origine de l'impasse de notre dialogue social, voilà un triste record dont nous ne devons pas être fiers. Il nous coûte fort cher.


c0dd1b82d330311e763f569d99cc7128.gifDes chiffres invérifiables et toujours gonflés

C'est un peu comme la rémunération et le pouvoir d'achat réel des fonctionnaires, aucune étude fiable n'est possible.
Sur le sujet des syndicats, la France porte aussi et encore le bonnet d'âne.
Nos syndicats ouvriers, comme patronaux d'ailleurs ( cf l'IUMM), n'ont aucune obligation de publication de leur comptabilité.
Cette situation aberrante amène évidemment les syndicats à gonfler artificiellement leur nombre d'encartés actifs, sans jamais admettre leur diminution, ce qui est pourtant le cas.
Sur la base des chiffres qui ont été prudemment présentés par l'étude de la DARES, les effectifs de la CGT et de la CFDT seraient respectivement autour de 600.000 et de 400.000. A elles seules ces deux organisations rassembleraient donc 70% des salariés syndiqués actifs.

Une terrible minorité dans la rue.
f686844ba97fd61a07d27fa2a46367ee.jpgD'après ces chiffres, cela voudrait dire que les quelques 400.000 personnes ayant défilé dans les rues hier mardi 20 novembre 07, ne représenteraient que 27% des syndiqués ! Que faisaient tous les autres ? Où étaient-ils ?
Mais que dire alors de la représentativité des manifestants au plan national qui est de 1,7% des salariés, toutes catégories confondues !

Mais le plus insupportable est ailleurs.
3e204feb9b5c46439830bed63f4ed913.gifIl est alarmant de constater qu’un seul petit syndicat réussit régulièrement à bloquer la France : Sud Rail. Une organisation dont nombre de Français découvrent la puissance et qui trouve là une excellente opportunité de développer sa notoriété.
Sud Rail ne compterait que 7000 adhérents, chiffre toujours invérifiable et qui, bien entendu, est nécessairement gonflé. Je serais prêt à parier que la réalité est inférieure de moitié. Ce sont donc de l'ordre de 3.000 personnes qui en bloqueraient plus de 22 millions (0,001%) !
33741f2068bc73f828375c12f434cb38.jpgQuant aux étudiants qui suivent un cycle supérieur, ils auraient été au maximum 50.000 dans les rues hier, soit 2,2% des quelque 2,3 millions. Le syndicat le plus violent serait Sud Etudiants ! Tiens, tiens !
Je rappellerai ici que Sud est le creuset syndical de la LCR. Cela explique pourquoi Olivier Besancenot n'a pas à monter trop au créneau, "son" syndicat le fait pour lui.

Attention, danger !
Cette situation inadmissible est le fondement de la légitime ténacité de notre gouvernement. Il ne doit surtout pas lâcher sur l'essentiel de sa réforme, sans jamais oublier que les coûts de restructuration ne sont pas des coûts fixes. Il faut savoir raisonner sur dix ans.
Il faut aussi souhaiter que l'opposition sociale démocrate se resaisisse. En laissant ses prérogatives à des syndicats gauchistes ultra politisés, elle ne joue plus son rôle de pondérateurs d'opposition responsables. C'est un des dégâts colatéraux du hiatus Royal. Celle-là n'a pas fait du mal qu'à son parti, mais à la nation toute entière.

Un UMP qui désire la recomposition rapide des Socialistes démocrates modernes, c'est tout de même un comble !


*DARES est la direction des études et recherche du ministère de l’Emploi

20 novembre 2007

Valérie Pécresse, François Fillon : la vérité sur la réforme des universités

4d186cfd107b657e5993c3e24d391a04.jpgIl est important que chaque auteur de blog relaie ce type de vidéo.
Un document de moins de 2 minutes, qui fournit tous les arguments objectifs pour convaincre.
49ef4fd654131bef04103051b2233900.jpgAutre document à lire, celui de François Fillon. Il est plus complet et traduit la bonne communication avec son Ministre de l'enseignement supérieur.
Enfin, dernier outil d'informations à consulter, le site http://www.nouvelleuniversite.gouv.fr . d3ae3ee3a7c24bc44577e8caefba2c34.gif


Après cela, vous saurez tout.

Toutes les notes