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02 avril 2008
AFGHANISTAN
Ne fuyons pas nos responsabilités
Alors qu'un grand sommet de l'OTAN se déroule en Roumanie sur le sujet, Jack Lang a écrit au Président de la République pour lui demander d'organiser à l'Assemblée, non seulement un débat, mais un vote sur l'intervention française en Afghanistan. Il a raison. Et nous serions tentés d'ajouter, il serait temps !
Oui, il serait temps que le Parlement soit la vitrine d'un débat de fond sur ce type de question. Bien que Nicolas Sarkozy n'ait pas donné suite, rappelons que c'est précisément l'objet d'une partie de son projet de réforme constitutionnelle. Tout vient à point qui sait attendre.
Un Parlement impliqué
Un vrai débat - suivi ou non d'un vote - aurait été plus solennel, plus consistant et allant plus au fond des choses.
Nous pourrions imaginer la Commission Parlementaire de la Défense ou des Affaires Etrangères entendant des responsables militaires, des membres des Services Secrets et des experts du terrorisme. Bref, un Parlement qui travaille et qui de surcroit prendrait ses responsabilités.
L'affaire est extrêmement sérieuse
Rappelons que la France est présente en Afghanistan depuis 6 ans. C'est hélas dans une discrétion médiatique et politique honteuse.
Honteuse pour les quelques 1.500 soldats qui servent notre pays dans l'indifférence générale, et plus honteuse encore pour les 14 jeunes français qui y ont laissé leur peau.
Il a fallu attendre Nicolas Sarkozy pour que les obsèques du 14ème mort français aient un tant soit peu de retentissement, de reconnaissance et de gratitude de la part de la Nation.
Car auparavant cette volontaire et navrante discrétion médiatique laissait à penser "qu'on avait honte "
C'est lamentable mais révélateur de l'hypocrisie française dans la lutte contre le terrorisme des intégristes qui prennent l'Islam pour prétexte.
De quoi s'agit-il ?
Tous les experts s'accordent à dire que l'Irak et la frontière pakistano-afghane sont les deux grands fronts de la lutte contre le terrorisme. Une chose est sûre et l'enjeu est clair : empêcher ces deux états de basculer de nouveau dans un régime religieux extrémiste qui donnerait ainsi des moyens logistiques considérables à ces islamo-fascistes qui n'ont qu'un rêve : exterminer les infidèles et anéantir le monde occidental, c'est-à-dire nous tous !
Convenons donc que ce n'est pas rien ! Si notre Parlement en même temps que tous les français en prenaient réellement conscience, cela ne serait pas un mal.
L'Afghanistan est toujours la base d'Al-Qaïda, la vraie, celle dirigée par Ben Laden, le Mollah Omar et quelques autres fous de la face néfaste d'Allah.
Alors quitter l'Afghanistan et abandonner le gouvernement d'Hamid Karzaï à son sort, c'est à coup sûr laisser Ben Laden et les Talibans reprendre le pouvoir, avec les exactions et les horreurs qui l'accompagnent.
La question est simple et stratégique.
La France doit-elle activement participer aux opérations afghanes qui sont, ayons une fois pour toutes le courage de nous l'avouer, une véritable guerre ?
On ne voit pas comment et surtout pourquoi la France ne soutiendrait pas l'entreprise internationale, sauf à ce que des Chevènement, Hollande, Fabius et autres originaux nous expliquent que nous ne sommes pas dans le bon camp ou, si vous préférez, que nous luttons contre nos amis que sont les Talibans
A quoi sert l'Armée française ?
Sur le plan militaire, la France n'est pas la Belgique, la Norvège, la Malaisie, le Canada, la Pologne ou la Nouvelle Zélande. La France a une armée opérationnelle, même si son état général n'est plus ce qu'il a été.
Nous dépensons 10 % de notre budget depuis 50 ans à notre politique de défense, soit environ 40 milliards d'euros en 2007 (soit le montant de notre déficit).
Et ce choix, effectué en 1958 par Charles de Gaulle qui n'a jamais été remis en cause y compris par les socialistes, conduit notre pays à avoir une armée reconnue comme l'une des plus puissantes du monde (les Américains eux-mêmes le disent).
Dès lors, si la France considère qu'elle soutient l'action internationale des Nations Unis (ce qui semble être une évidence) elle se doit de participer activement. Même le Japon envoie des infirmiers. L'Italie, l'Espagne, le reste de l'Europe, l'Australie sont tous « présents » en Afghanistan d'une façon ou d'une autre.
Il y a 60 à 70.000 hommes en Afghanistan sous mandat international. La France n'en a que 1.500 et Nicolas Sarkozy envisage de passer à 2500. Quelle affaire !
L'enjeu est historique
Sans remettre en cause le principe de la défense nationale, les opposants à notre engagement pourraient parfaitement nier les fondements de cette guerre là ! D'accord, mais dans ces conditions, qu'ils nous expliquent leurs raisons, avec des arguments autrement plus intelligents et crédibles que le sempiternel « alignement sur Georges W. Bush » qui ne convainc plus personne.
Eh bien oui ! La guerre c'est dangereux et compliquée !
Est-ce une raison pour ne pas la faire ? N'existe-t-il pas des raisons honorables, voire supérieures pour l'assumer ? La France doit-elle être solidaire de ce combat contre la barbarie ? Devons-nous tenir notre place et notre rang dans le monde ? Quels sont les véritables enjeux ?
Chacun a le droit de répondre à sa façon à toutes ces questions, mais il faut expliquer pourquoi.
Sans être des va-t-en-guerre, nous devons tous prendre nos responsabilités devant l'histoire.
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