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16 mai 2008
USA, LES PRIMAIRES DEMOCRATES
Rien n'est joué !
Contrairement à ce qu'affirme la presse française, l'avance d'Obama sur Clinton n'est pas encore décisive. Nos journalistes prendraient-ils leurs désirs pour la réalité, en donnant leurs faveurs à Barack Obama ?
Le Figaro, qui titre " Hillary Clinton, les raisons d'un échec", va en effet un peu trop vite en besogne, hélas et sans doute par méconnaissance* de la réalité complexe du système américain.
Quels que soient les résultats des primaires qui restent à venir (sauf déroute totale d'Obama en Virginie Occidentale, Oregon, Puerto Rico…), il est vrai qu'Hillary accuse un retard en nombre de Délégués qu'elle ne peut plus combler face à Barack. Rappelons que ces Délégués ne peuvent pas changer d'avis et qu'ils sont définitivement acquis à chaque candidat pour le vote final lors de la Convention.
Mais, n'oublions pas deux points majeurs :
1. Les Super Délégués démocrates, eux, peuvent changer d'avis jusqu'à la dernière minute de leur Convention prévue en août 2008. Sur ce point, Obama et Clinton font pratiquement jeu égal. Si les sondages donnaient plus de chances à Hillary qu'à Barack pour battre McCain, ces Super Délégués pourraient parfaitement changer de camp.
2. Les résultats des primaires des états du Michigan et de Floride qui sont pour l'instant suspendus pour vice de formes. Si le Parti Démocrate décidait de finalement les valider, la donne serait également changée, probablement en faveur de Clinton.
Tout peut donc encore se jouer. Clinton n'a pas définitivement perdu. Si, dans leur ensemble, les Démocrates venaient à penser qu'elle serait mieux placée qu'Obama pour battre McCain, nombre de Super Délégués pourraient parfaitement faire pencher la balance en sa faveur.
Telle est la réalité de la situation des élections américaines.
* une méconnaissance navrante qui désinforme les lecteurs
Post-scriptum rédigé à J+4 (le 20 mai)
Dans Les Echos de ce matin (p.7), je découvre enfin un article qui parle des Super-délégués dont les votes ne sont pas nécessairement acquis à chaque candidat. Le journaliste affirme très exactement ce que j'écrivais il y a quatre jours : si la victoire d'Obama semble très probable, elle ne lui est arithmétiquement pas acquise tant que la Convention de Denver n'aura pas donné son verdict.
19:50 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
Vous prenez vos désirs pour des réalités.
Ecrit par : HAPPY | 16 mai 2008
Ce ne sont pas mes désirs, c'est un simple constat arithmétique foné sur les règles américaines.
Ecrit par : Philippe Dermagne | 18 mai 2008
Le retard de Clinton est pratiquement impossible à remonter.
Ecrit par : Ilan | 18 mai 2008
A ILAN
Absolument, mais cela n'autorise pas, à mon sens, la presse française à ne pas donner la réalité des faits. De plus et entre nous, je me fais l'avocat du diable : j'apprécierai qu'Obama sorte vainqueur.
Ecrit par : Philippe Dermagne | 19 mai 2008

