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20 mai 2008
CE SACRE DEFICIT ! (1/2)
Tare structuro-culturelle de notre si beau pays depuis une trentaine d'années, le mode de gestion des finances publiques place la France en situation de vulnérabilité.
Ses actifs étant encore largement supérieurs à son passif(1), la France n'est certes pas en état de cessation des paiements. Cela étant précisé, il n'en est pas moins urgentissime de redresser la barre pour revenir à un management plus vertueux. Je dresse aujourd'hui un simple constat et je mettrai en ligne d'ici deux ou trois jours ma perception de l'historique de la situation
Rappels comparatifs
Cela étonne toujours, mais la France, comparée à de nombreux autres pays, n'est pas le pays le plus mal placé des pays lourdement endettés. Loin s'en faut.
Jugez vous-même des endettements de ces quelques pays :
Liban : 200% du PIB
Japon : 177%
Italie : 106 %
Belgique : 88%
Zone Euro : 70% (moyenne)
Allemagne : 68 %
USA : 65%
France : 64 %
Espagne : 40%
Danemark : 30%
Alors qu'elle a les pieds noyés dans le béton d'une dette considérable, une nation peut donc vivre sans sombrer. La question est d'essayer de comprendre pourquoi.
C'est la composition de la dette qui compte
L'important n'est pas tant le montant de la dette que sa structure. Il y a les "bonnes dettes", celles qui sont des investissements porteurs d'avenir, et les "mauvaises dettes", celles qui financent les dépenses de fonctionnement, y compris d'ailleurs les intérêts des emprunts (environ 50 milliards €/an pour la France).
Malheureusement pour nous, notre dette n'a pas le bon profil. Depuis plus 20 ans, le déficit budgétaire sert plus à financer les mauvaises dettes que les bonnes. Là est sans doute le plus grand problème. Nous sommes en train d'obérer totalement notre avenir si nous continuons sur cette tendance.
Le vrai montant de notre dette
Selon les systèmes d'analyse comptable, notre endettement passe d'environ 1.200 milliards d'euros à 2.100 milliards si l'on inclut les engagements hors bilan (notamment le financement des retraites, incluant les IFC*). Notre PIB étant de l'ordre de 2.000 milliards, est-il nécessaire d'en dire plus sur l'urgence d'un redressement ?
Voilà pour le constat sommaire de notre situation. Je tenterai d'ici quelques jours une petite analyse historique. Autant vous le dire tout de suite, elle n'est pas flatteuse pour la gestion socialiste.
(1) Ce n'est pas ce qu'affirme la Cours des Comptes présidés par Philippe Seguin, mais de son propre avis les actifs de la France sont soit sous-estimés, soit même non pris en compte.
* Indemnité de Fin de Carrière
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