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24 mai 2008
CE SACRE DEFICIT ! (2/2)
Dans ma note du 20 mai, je faisais un constat succinct sur notre déficit, en fournissant quelques chiffres comparatifs. Voilà aujourd'hui un éclairage à la fois plus analytique et plus critique.
Tout a commencé sous Giscard…
Dès 1973, le taux de chômage commence son inexorable progression; de 3% en 1973, il passe à 7% en 1981.
Sur la même période l'inflation suit la même courbe, passant de 6 à près de 14%. La croissance moyenne de 7 à 8% des 30 glorieuses est bel et bien terminée, elle ne sera "plus que de" 3 % durant ce septennat. Mais la France continue de vivre grand train, sans vraiment tenir compte de ce terrible ralentissement mondial.
Enfin, rappelons trois faits qui me semblent fondamentaux pour juger de la situation actuelle.
1. C'est très précisément à partir de 73/74 que la pratique du déficit budgétaire commence et s'installe. Quels que soient le gouvernement et la majorité au pouvoir, cette mauvaise habitude dure et perdure depuis…35 années !
2. En 1976, c'est VGE qui autorise le regroupement familial pour les émigrés. Cette loi sera totalement détournée de ses objectifs humanitaires. Elle est à l'origine du non contrôle de notre politique d'immigration depuis plus de trente ans.
3. Enfin, un drame politique : Jacques Chirac, arrivé 3ème au premier tour des présidentielles de 81, ne soutient pas VGE pour le second tour. Cette attitude facilitera l'élection de Mitterrand qui prendra des mesures, aux conséquences d'autant plus désastreuses, que l'économie française était déjà sur une très mauvaise pente.
Certes la période 1973-1980 est celle des deux chocs pétroliers, mais avec le recul, le bilan du Premier Ministre Raymond Barre - pourtant considéré à l'époque comme le meilleur économiste de France - apparaît finalement peu glorieux.
…puis Mitterrand débarque avec ses dogmes collectivistes
1. Les grandes nationalisations
Dès 1981, sous les Gouvernements Mauroy 1, 2 et 3, Mitterrand applique son programme de campagne !
De grands groupes industriels (Saint-Gobain Rhône-Poulenc, CGE, Pechiney-Ugine-Kuhlmann,Usinor, Sacilor, Suez …et la quasi-totalité du secteur bancaire (Paribas, CIC, Crédit du Nord, CCF, Rothchild…) passent dans la sphère publique. Cette politique précipite l'économie française dans un capitalisme d'état dur suranné, dont l'histoire avait pourtant déjà démontré la stérilité économique et sociale. La France paie encore aujourd'hui le programme commun issu de l'alliance avec les communistes.
2. La retraite passe de 65 à 60 ans en 1983
C'est sans doute la plus terrible erreur pour la France. Les nationalisations ont été une grave erreur sur laquelle nous sommes heureusement revenus. Elles nous ont fait perdre 4 à 5 ans, mais leurs coûts directs ont été relativement faibles (quelques dizaines de milliards quand même!). Cela n'est pas le cas de l'âge de la retraite; à la fois boulet et bombe à retardement que nous trainons depuis 25 ans.
Cette décision illustre un manque de vision de notre courbe démographique, pourtant aisément prévisible. On en apprécie aujourd'hui les conséquences sur le financement des retraites.
En second lieu, elle a contribué à la dégradation dans l'esprit des Français de la valeur travail. C'est la grande époque du Ministère du temps libre. Une aberration philosophique et humaine.
3. Les 35 heures
Elles constituent si j'ose dire le coup de grâce ! Nous pouvons d'une certaine manière en remercier Chirac avec sa lumineuse dissolution de 1997 qui a permis à Jospin de régner durant 5 ans ! La France devait-elle passer par cette ultime cohabitation pour demeurer "gérable" ? Seuls les historiens pourront un jour le dire.
Fondée sur l'illusion malthusienne du partage du "travail qui reste", cette mesure ne pouvait pas placer la création de richesse comme objectif premier et elle a fortement altéré la compétitivité de nos entreprises.
Je me demande si nous réfléchissons vraiment au côté profondément imbécile du concept RTT : Récupération du
Temps de Travail ! Coluche s'en délecterait !
Il se dit que l'idée d'origine serait de DSK, Aubry n'étant que le fer de lance. Lui aussi passe pour le meilleur économiste du PS ! Cela promet si jamais il avait quelque ambition pour 2012.
D'autres faits pourraient être relevés, tels que l'embauche sans discernement de fonctionnaires (plus de un million entre 81 et 2000) ou encore le laxisme de Jospin durant les années de croissance mondiale entre 97 et 2002...etc. Je m'arrêterai là, sinon certains de mes lecteurs diront encore que je m'acharne.
Le PS, donneur de leçons économiques….je crois rêver !
Il est difficile d'apprécier avec précision les conséquences économiques des deux seules décisions que sont l'abaissement de l'âge de la retraite et les 35 heures. Ne doutons pas qu'elles soient abyssales.
Sur les 1.200 milliards de dettes (au mieux), combien sont attribuables à la gestion socialiste ? 400 millions ? 500 ? 600 ? Je laisse les experts nous calculer cela, mais l'exercice est difficile. Sans la gestion des socialistes, je suis convaincu que la France afficherait un déficit probablement deux fois moins élevé; de l'ordre de 600 milliards. La donne ne serait plus du tout la même !
Depuis 1981, les socialistes ont été aux commandes 15 ans et la droite 12. On pourrait donc considérer que tous les gouvernements successifs peuvent finalement partager les origines du désastre. Et, pour être juste, n'oublions pas que tout a commencé sous Giscard.
Seulement voilà ! Le détricotage des seules décisions socialistes, de par leur structure financière et leur extrême sensibilité sociale, a toujours effrayé tous les gouvernements de droite sauf un, et nous sommes en train de le vivre.
Souhaitons et faisons tout pour que Nicolas, François, Xavier et les autres réussissent. Nous devons être derrière eux, sans trop renâcler !
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