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04 juin 2008

La Mariée de la honte !

C'était couru ! L'affaire de Lille et de sa mariée "impure" font l'objet de mille réactions dans un sens ou dans l'autre. Chacun trouve une explication à sa position, mais à force de vouloir tout expliquer, on finit par tout justifier. La solution est pourtant simple : nous devons revenir à nos fondamentaux imprescriptibles.

322b9a066da761e2cf5be77c3cc979b3.jpgAprès que Dati ait approuvé le jugement de l'annulation du mariage au nom de la défense de l'épousée menteuse, voilà que le Premier Ministre lui demande de saisir le Parquet pour faire appel.

Je n'aime pas le mot "couac" mais là, il faut bien l'admettre, le Garde des Sceaux aurait mieux fait de tourner sept fois sa langue dans sa bouche. En défendant le jugement, elle a sans doute voulu protéger l'intéressée, mais elle a aussi estimé qu'il était de son devoir de défendre "ses" juges. Mauvaise pioche !
Le mal était fait et son dédit n'arrange pas les choses. C'est un couac et un vrai, un grand, un immense sur LE sujet fondamental : les valeurs de la République. Prendre le risque de les remettre en cause, telle est la honte.

Sarkozy a certainement bondi.
Avec la réforme de la carte judiciaire, Rachida Dati semble être un bon Ministre technique, mais son inexpérience politique est dramatique; le côté sympathique de sa primo réaction ne venant pas réduire les conséquences.
Comment a-t-elle pu ignorer que le sujet et sa position déclencheraient et amplifieraient nécessairement le tsunami politico-médiatique ?
Conscient de l'enjeu, François Fillon a fait acte d'autorité. Sur un sujet de cette importance, cette démarche n'a pu être décidée qu'avec l'accord du Président. "En voilà un" qui a dû fulminer, à la fois sur le jugement et sur la réaction trop rapide de Dati. La protégera-t-il encore longtemps ?

Des désastres collatéraux
Si la décision du TGI de Lille devenait un référent jurisprudentiel, il deviendrait impossible d'être à la fois une femme française et musulmane, sans perdre ses libertés et surtout, le droit de les défendre.
Maintenant que le processus est engagé, l'éventuelle annulation du jugement en appel nous plongerait vers un autre drame.
Le temps qu'un divorce classique ne soit prononcé, la femme concernée vivrait un enfer avec son "mari", voire même avec son entourage familial. Qui dit que cet homme n'irait pas lui demander des dommages et intérêts, en trouvant un tribunal qui estimerait recevable une plainte pour mensonge ? Si cette "pauvre" femme a la Foi, pourra-t-elle toujours l'exercer en allant à la Mosquée sans être l'objet d'une vindicte ayatollesque ? De surcroît, il est probable qu'elle ne pourra plus jamais obtenir un mariage religieux et avec elle, les centaines de milliers de femmes se trouvant dans une situation identique.

L'intégration n'est pas seule en question.
Le plus insoutenable d'incohérence est que le Coran n'exige pas la virginité comme condition du mariage. Si cette "qualité" est fondée sur des moeurs plutôt méditerranéennes, finalement libre à un musulman de l'exiger et à la mariée d'en accepter les conséquences.
Mais ce n'est certainement pas à la justice française de devenir le complice de l'aliénation féminine, issue de pratiques d'un autre âge.
Alors que l'affaire n'avait pas encore eu le temps de prendre de l'ampleur, j'écrivais le jour même de l'information (29 mai) qu'elle était "gravissime et même plus ". Je ne me suis pas trompé !
La Mariée de Lille sera à l'origine d'une polémique qui pose les vraies questions de l'intégration. Elle ébranlera pendant longtemps nos valeurs républicaines et laïques, et pas seulement celles du mariage.
Combien de lois peuvent faire l'objet d'une interprétation par le prisme déformant d'une religion ou de moeurs exotiques ? Vu sous cet angle, faudra-t-il revisiter tout notre Code civil pour identifier tous les pièges qu'il recèle ?
Notre Président doit mûrement réfléchir au contenu d'une intervention qui doit être la plus rapide, la plus ferme et la plus claire possible.

Il est urgent qu'une loi exclue du champ des "qualités essentielles" toute référence à une religion ou aux mœurs d'une communauté ou d'une autre.

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