« BETANCOURT LIBEREE…MAIS ! | Page d'accueil

09 juillet 2008

LE PARADOXE PETROLIER

3413da1d9f06242b2a6306d3bac3f742.jpgSi le pétrole à 150 $ le baril nous fait faire le plein de notre Twingo pour 60 €, ce n'est peut-être pas encore ce qu'il y a de plus inquiétant. Outre de plonger toutes les économies dans une situation de forte vulnérabilité, les conséquences d'une telle augmentation vont à l'encontre du développement durable et de la protection de l'environnement…

C'est une loi universelle, toute décision bonne sur l'instant peut avoir des conséquences dérivées fort désagréables à terme.

La décision de la BCE est peut-être sage.
Faire le plein pour 60€ n'est déjà pas une bonne nouvelle, mais les choses ne vont pas s'arrêter là. Les coûts de fcf98a5be3f731c013f01cf2ef708ea1.jpgtransport ayant une incidence plus ou moins élevée sur les prix de l'ensemble des produits, une inflation en cascade risque de nous tomber sur la tête. Une inflation à 4,5% pour une croissance péniblement à 2%; il ne faut pas être grand clerc pour se dire que nous nous appauvrissons de 2,5%. La croissance étant plus difficile à décréter que l'inflation à maîtriser, Jean Claude Trichet a sans doute eu raison de relever le prix de l'argent d'un ¼ de point.

Mais l'essentiel est ailleurs
7b2da32d00e4f8b11db2b96c0073a209.jpgL'augmentation continue du prix du pétrole risque de contrarier les volontés écologiques. Son prix est tellement élevé que des sites d'extraction difficile jusqu'alors non viables, deviennent du jour au lendemain très rentables.
C'est le cas des sites où sables ou des schistes bitumineux abondent, notamment au Canada et au Vénézuela. De 181834c31f4aba322126fcc670849c91.jpgplus, au plan environnemental, ces sites sont considérés comme des désastres. Les moyens mis en œuvre étant monstrueux, les hommes sont capables de raboter des montagnes sur des millions d'hectares, d'abattre des forêts entières ou de détourner des grands fleuves. Rien n'arrêtera les chercheurs de nouveaux sites, les ingénieurs pour les exploiter et les investisseurs pour financer le tout...sans parler de la Russie qui revendique les terres immergées sous les glaces du pôle Nord.

Et ce n'est pas tout
Ce qui était économiquement impossible devenant possible, un retour en arrière va vite devenir illusoire ! Les grands exploitants de ce type de pétrole auront tellement investi, qu'ils feront tout pour que le prix du baril de pétrole atteigne des sommets.
fde681c0f56cc89650c83501c521c4c7.jpgMais l'économie poussant toujours à la recherche d'énergie moins chère, cela ne va pas empêcher d'autres investisseurs et d'autres ingénieurs de développer la production d'énergies et de carburants biologiques. Conséquence, les agriculteurs de pays comme le Brésil ou les USA arroseront de plus en plus leurs champs, non pour nourrir les hommes, mais pour remplir les réservoirs des automobiles, des avions ou des navires. Parions que la Chine et l'Inde vont suivre, accentuant le déficit alimentaire mondial.

De mon point de vue, les écologistes ont donc tort de se réjouir d'une telle augmentation du pétrole qui, d'après eux, limiterait mécaniquement la consommation et les émissions de Co2. Ils auraient sans doute raison si le choc n'était pas aussi brutal, en donnant le temps à d'autres ingénieurs encore, de construire une pile à hydrogène en série ou tous autres moteurs géniaux pour quelques centaines d'euros.

La violence du choc pétrolier, qui certes nous pousse à accélérer la recherche de solutions alternatives, n'a-t-elle pas mis en route une machine infernale pour les 30 ou 50 années qui viennent ?

12:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Commentaires

Certains média parlent à tort de "biocarburants" (au lieu d'agricarburants). Sachez qu'aucun ingénieur n'essaie de développer des carburants bios a fortiori! (???!!!)

Ecrit par : ilan | 20 juillet 2008