17 septembre 2008
Il y a bien un Capitaine à bord !
Le gouvernement américain vient une nouvelle fois de démontrer que la pensée libérale avait ses limites. Quand on connaît l'esprit non interventionniste qui règne aux USA, cela n'est pas rien. Rassurant ou inquiétant ?
Après Freddie et Fanny, le Trésor a donc sauvé aussi AIG, l'un des géants mondiaux des assurances.
Les contribuables américains y seront d'une façon ou d'une autre de leurs poches, avec un prêt de l'ordre de 60 milliards € sur deux ans; ce sauvetage offrant la possibilité à l'état américain de se rendre maître de 79,9% du capital, selon le remboursement de ce prêt. Cela revient pratiquement à nationaliser l'un des fleurons de l'économie US. Impressionnant !
Des sommes colossales
Pour donner l'ordre de grandeur des enjeux, ce prêt représente 30% du budget annuel de la France (5 ou 6ème puissance économique du monde) et les actifs de AIG représentent 4 fois ce même budget, soit environ 800 milliards €. Ces actifs sont aussi à l'échelle de notre dette totale de plus de 1.000 milliards.
J'ignore s'il faut s'inquiéter ou se réjouir de cette nouvelle attitude du gouvernement américain.
Sur le court terme, il vaut mieux s'en satisfaire.
Sur le moyen et long terme, les USA demeureront encore longtemps le grand argentier de la planète. A quelques semaines des élections américaines, les institutions ont fonctionné quitte à abandonner les grands principes libéraux, fondements de cette nation, tant chez les Démocrates que chez les Républicains.
A ce jour aucun pays européen ne serait capable de consentir seul un prêt de cette envergure à une entreprise privée. Financièrement, l'Union Européenne pourtant le pourrait. Tout juste ! Mais politiquement et techniquement, comment pourrait-elle monopoliser une telle somme en 24 ou 48 heures ? Impossible !
Le côté rassurant est qu'il y a bien un Capitaine à bord du navire de la finance internationale : les USA.
Le côté inquiétant, est que nous dépendons à l'évidence de toutes ses décisions.
Mais au final, c'est peut-être l'un des grands points positifs de la mondialisation. Les économies sont tellement imbriquées, que la plus puissante d'entre elles ne peut plus se permettre de jouer seule. Nous le savions depuis longtemps, mais ces récents événements confirment que les USA l'ont compris et admis.
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