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27 septembre 2008

USA, MANIPULATION GENETIQUE ?

WHITE HOUSE 2.jpgAlors que le Trésor, la FED, le gouvernement fédéral et même Obama et Mac Cain font tout ce qu'ils peuvent pour obtenir l'agrément du Congrès sur le financement de quelques 1.000 milliards de dollars, une question se pose : cette intervention étatique, si elle réussit, est-elle de nature à modifier les gènes du libéralisme américain, au point de tendre vers un socio-libéralisme à l'européenne ?

La réponse est aujourd'hui impossible à formuler, mais la simple formulation de la question interpelle.

Washington n'est pas l'Amérique
Pour y avoir vécu quelques temps, je crois bien connaître les Américains et leur relation avec la ville capitale qu'est Washington, siège du gouvernement fédéral.
Car là est le cœur de la méconnaissance que nous avons généralement des USA.
BUSH OBAMA CAIN 09 08 WHITE HOUSE.jpgLes Américains n'aiment pas Washington, cette ville lointaine toujours à mille lieues de leurs préoccupations quotidiennes.
Le principe même d'une fédération est de donner à chaque état une très forte indépendance en de nombreux domaines : justice, police, fiscalité, éducation...etc.
Décliné en France, c'est un peu comme si nos Régions pouvaient appliquer ou non la peine de mort, avoir leur propre police, leurs propres programmes éducatifs, décider seules de leur fiscalité ou encore imposer leur propre permis de conduire.
Une fois assimilée cette différence fondamentale, on peut commencer à comprendre ce que sont vraiment les Etats-Unis d'Amérique. Le Shérif - élu par les citoyens - est le maître du canton et lorsqu'une affaire policière nécessite l'intervention du FBI – instance fédérale – la rivalité commence. Vous savez...comme dans les films !

WASHINGTON CAPITOL.jpg
Washington assume les fonctions régaliennes comme par exemple la politique monétaire, la défense nationale et la politique internationale. Pour tout le reste, les décisions sont prises au niveau de chacun des cinquante états, de leur Gouverneur et de leur gouvernement espectif.

Good Bye America ? Rien n'est moins sûr !
Cette Terre n'est pas un continent, c'est une Idée ! On ne tue pas une Idée ! Celle des émigrés dans leur traversée océane, tous désespérés Declaration Independence.jpgmais tous armés du désir farouche de conquête de l'inconnu, tous exaltés en touchant le quai de leurs rêves à Ellis Island.
Depuis trois siècles, ils ont tous débarqué avec cette lumière dans le regard qui anéantit le déterminisme d'une vie misérable, avec cette force qui donne à chacun le droit d'être plus fort que l'autre, de se défendre seul et de ne compter que sur lui-même pour réussir. Cruel sans doute, mais tellement juste.
Non, John Wayne n'est pas mort avec le sauvetage de Freddie, Fanny, Lehmann et les autres !
Cet artéfact financier, révélateur de tant et tant de dysfonctionnements révoltants, est au contraire salvateur. Espérons qu'il soit l'occasion de purger les vices d'une Liberté dévoyée par la volonté perfide et la vanité cynique de quelques malfaisants tenant les écuries d'Augias.

Que le grand nettoyage commence !
NYSE 4.jpgLes 1.000 milliards de dollars ne sont que le premier acte. Ne se considérant pas comme coresponsable du désastre, l'Europe ne semble pas prête à payer une partie de la facture. Navrant !
C'est donc loin d'être fait. Très loin ! Si Washington y parvient seul, nous lui devrons une fière chandelle. Certes, les USA auront été à la fois la maladie et le docteur. Avons-nous pour autant le droit de les laisser tomber ? Certainement pas ! Qu'on le veuille ou non, notre bonheur dépend du leur, et inversement d'ailleurs !
Alors, c'est sûr, il va falloir réguler, ordonner, moraliser, "éthiqueter" les process financiers...etc. Faut-il y voir pour autant une manipulation génétique ? Je ne le pense pas.
Le peuple américain saura garder le cap. Il ne perdra jamais l'Idée fondatrice qui circule dans ses veines.

Liberté ! America....the land of opportunities ! " We, The People..." toujours !

26 septembre 2008

LA BATAILLE DU SENAT

C'est donc Gérard Larcher qui l'a emporté dans la primaire qui l'opposait à Jean-Pierre Raffarin et à Philippe Marini.

LARCHER_GERARD.jpgUne victoire nette et sans bavure qui fixe solidement la légitimité au sein de l'UMP du probable futur Président de la Haute Chambre.
J'avais personnellement quelque penchant pour JPR. Sa déception doit être immense. Il suffisait de voir sa tête au moment des résultats.
Affichant une tristesse certaine, il semblait aussi ruminer quelques pensées sur le déroulement d'une campagne dont nous ne connaissons pas tout.
Sans remettre en cause les talents de Gérard Larcher, il me semble que Jean-Pierre Raffarin aurait été un Président à fort caractère, plus difficile à manier que son vainqueur.
Quant à la candidature de Philippe Marini, il faudra m'expliquer ce qu'il est venu faire dans cette aventure. Etait-elle sincère ou tactique ?
Bon ! Cela étant dit, formons le vœu que Larcher saura tenir ses promesses, en offrant au Sénat et aux Sénateurs l'image qu'ils méritent.

22 septembre 2008

NOUVEAU LIEN

12ee3a7135c4b2e8de9605cf7abf018d.jpg Blog d'Alain SAÜL-DUMONT
J'ai plaisir à établir ce nouveau lien avec le site qui se consacre aux Séniors de Boulogne-Billancourt.

20 septembre 2008

PRIMAIRE UMP POUR LES REGIONALES

Valérie Pécresse a-t-elle raison de commencer si tôt sa campagne ?

8d3c43564b791be20b87e64ceb748b4d.jpgJeudi 18 septembre, Valérie Pécresse est donc venue à Boulogne devant les adhérents UMP dans la nouvelle et superbe salle du Carré Bellefeuille.

Candidate à la primaire interne qui décidera de celui ou de celle qui portera le flambeau de l'UMP aux Régionales de 2010, Valérie Pécresse s'est livrée à un exercice difficile.
Nous devons nous réjouir de cette primaire qui donne aux militants toute leur importance. Et avoir Boulogne dans les villes visitées par les candidats est heureux. Mais pour tout vous dire, je n'ai pas été convaincu par cette réunion, pour des motifs variés, n'ayant aucun rapport avec les qualités de notre très attachante Ministre.

1. Etant Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, l'assistance avait plus envie de l'entendre sur cette fonction, que de connaître son projet sur l'Ile de France. La plupart des questions posées par les adhérents l'ont démontré.
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2. Son projet pour l'Ile de France. Son aisance en public est agréable et sa philosophie générale est rôdée. Mais elle manque encore de préparation sur l'IDF, ce qui est au demeurant parfaitement normal. Le travail est à mon sens insuffisant pour que les militants puissent se forger une opinion. Etant encore loin de la campagne officielle, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.
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3. Elle aura fort à faire face à Roger Karoutchi. C'est un tribun né, au mordant ravageur. Il peut obtenir l'adhésion d'une salle entière uniquement sur son humour et sa faconde, le tout fondé sur une belle maîtrise des grands dossiers. Le projet de Valérie Pécresse et les grandes idées qu'elle défendra ne doivent en être que plus percutants.

Cela étant, il est difficile d'imaginer que les projets entre Karoutchi et Pécresse seront radicalement différents. Le vainqueur de la primaire sera la personnalité la plus forte, celle qui saura nous convaincre qu'elle est la mieux placée pour battre le PS et cet Huchon de malheur.

L'introduction du Maire
De ce meeting elle est finalement ce qu'il faut retenir. Pierre-Christophe Baguet en profita pour faire un point circonstancié de son action après pratiquement six mois de mandat. Il mène la ville au pas de charge et bon nombre des prédictions et des allégations émises par l'opposition, Jean-Pierre Fourcade en tête, s'avèrent sans fondements. Tout cela ne me surprends pas. Les oiseaux de mauvais augures en sont pour leurs frais.

Personnellement, je serais heureux de voir une femme présider notre Région capitale. Et Valérie Pécresse a toutes les qualités, les connaissances, l'expérience et le caractère pour cela. Mais la seule chose qui compte est que l'UMP l'emporte.


PS : Certains ont peut-être regretté l'absence de Jean Sarkozy. Mais sa présence n'aurait-elle pas été de nature à voler la vedette à Valérie Pécresse, objet même du meeting ?
Photos Alain S. Dumont

19 septembre 2008

Union sacrée passagère ou révolution durable ?

Les grandes banques centrales du monde (sauf la Chine) ont su répondre présentes à la demande de la FED et du Trésor américains. 180 à 200 milliards de dollars viennent d'être injectés dans le système bancaire mondial et un fonds spécial de "défaisance des actifs toxiques" est déjà à l'étude.

Doit-on considéré que la crise est, si ce n'est jugulée, du moins durablement maîtrisée ? Rien n'est moins sûr.
Il existe encore à l'évidence quelques gros chats noirs dans les placards de certaines grandes banques. Ne doutons pas que le gouvernement américain le sache. Il semble dans tous les cas vouloir traquer les mauvaises élèves dont il apurerait les mauvais actifs; si on peut parler d'actifs !
"... j'ai une vieille confiance de fond sur l'économie américaine..." écrivais-je il y a seulement 48 heures ! Je ne m'étais pas trompé. C'est ce qui s'appelle prendre le taureau par les cornes (façon Sarko !), mais la réaction est encore plus rapide et plus violente qu'il n'était possible de l'imaginer. Tant mieux, mais des bouleversements radicaux sont désormais dans les tuyaux !

Contribuables, entreprises et particuliers paieront.
Lorsque l'ouragan financier sera passé, le monde de l'économie réelle devra à son tour gérer - il le gère déjà - les conséquences du désastre. Pas d'optimisme inconsidéré ! Cette crise débouche inexorablement sur un sérieux rétrécissement des liquidités et de la politique crédit des établissements bancaires. Moins de consommation, augmentation de l'épargne, ralentissement de l'embauche sont programmés.
Cela tombe mal pour notre France.
La mission de Nicolas Sarkozy et du Gouvernement sera d'expliquer la situation, tout en prenant les quelques bonnes décisions pour limiter la casse.
Le peuple français est parfaitement capable de comprendre et d'apprécier l'ampleur de ce qui vient de se passer. Encore faut-il lui expliquer clairement. Une mission de communication délicate qui peut s'avérer périlleuse; la communication étant parfois le maillon faible d'un gouvernement qui pourtant mène les réformes tambour battant.

Encadrement plus serré des mécanismes financiers et boursiers
Qu'il s'agisse de la bourse, des banques ou des assurances, la création ex-nihilo de nouveaux produits, notamment spéculatifs, non fondés sur une richesse réelle, va assurément être revue. Les mécanismes boursiers et les modes de valorisation des entreprises devront impérativement être repensés et corrigés.
Mais à toute chose malheur est bon ! Cette crise devrait éliminer la plupart des irresponsables criminels qui sont à l'origine du séisme. La tâche sera longue et difficile. Le système est tellement complexe qu'on en était arrivé à ne plus savoir qui garantissait quoi, qui couvrait qui, quels étaient les actifs, où étaient-ils vraiment...etc. Le grand nettoyage des écuries d'Augias commence.
Cette grande lessive fera le bonheur de certains et le malheur des autres, car c'est toujours dans ce genre de période que des empires s'effondrent et que d'autres naissent.

Vers un basculement de la Chine
Là, nous sommes dans la politique fiction ! Mais imaginons la chose suivante.
Avons-nous entendu la Chine dans cette tempête ? Non, ou si peu. Les instances bancaires officielles chinoises ont pourtant craint le pire. La Chine ne vient-elle pas de réaliser que si le système financier mondial s'écroulait, elle s'écroulait aussi, bourses de Pékin et de Shangaï en tête.
La sagesse asiatique et quelques mauvaises expériences récentes ne conduisent pas les chinois à se ruer à bons prix sur les banques ou sur les entreprises occidentales en difficulté.
En revanche, la Chine a bien compris que si elle perdait ses principaux clients, elle serait immédiatement plongée dans une dépression économique forte et brutale. Cela est de nature à faire réfléchir les maîtres du PC et les dirigeants chinois, virtuoses du capitalisme d'état.
Cette crise peut-elle aboutir à accélérer la métamorphose d'une Chine qui regorge de liquidités ?
D'autre part, ses fondamentaux financiers sont très nettement plus sains que les nôtres. Il n'existe pas en Chine d'instruments sophistiqués de crédits hypothécaires; elle n'a pas lancé de grand programme d'accession à la propriété du peuple chinois...etc.
Durant cette crise, la Chine a pris quelques mesurettes internes, mais elle n'a pas bougé sur la scène internationale.
Que cache cette attitude stoïque ? Malgré sa richesse, la prise de conscience de sa relative vulnérabilité n'est-elle pas de nature à toucher au cœur son système centralisé ? Cette crise peut-elle être à l'origine d'un démantèlement progressif des derniers dogmes communistes ? Le déclenchement d'une crise politique profonde au sein même du Parti Communiste est-elle possible ?
"... la crise du capitalisme américain pourrait avoir raison du communisme chinois..." vient de déclarer le cynique George Soros.

Dans tous les cas, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Ce qui vient de se passer est peut-être même une révolution. D'ici une vingtaine d'années, il est probable que septembre 2008 soit perçu et qualifié de charnière historique.

18 septembre 2008

L'intervention historique de la FED sonne-t-elle le glas du libéralisme ?

La FED et le gouvernement américains ont ouvert les vannes pour sauver Freddie Mac, Fannie Mae et AIG, reniant en cela leur dogme libéral. A court terme il faut sans doute s'en réjouir, mais à bien y réfléchir, les donnes économiques et politiques mondiales ne vont-elles pas en être totalement bouleversées ?

Certes, les USA viennent d'offrir un bol d'oxygène et quelques jours de répit au reste du monde. Soulignons l'incroyable rapidité avec laquelle ils ont su aligner 85 milliards de dollars. Cela risque de ne pas suffire. Les réactions des places boursières qui continuent à fléchir le démontrent. La confiance, déjà largement entamée, n'est pas prête de revenir.
En sauvant quelques-unes de leurs institutions, les Américains n'ont-ils pas mis le doigt dans des engrenages pervers et dangereux ? C'est une question.

. L'inflation d'abord !
Ne doutons pas que l'argent trouvé soit issu de la fabrication de papier, la planche à billets comme on dit. L'inflation est la seule façon de payer, ou d'équilibrer une dette qui dépasse la réalité de la richesse. L'argent et les fonds disponibles se faisant rares, les crédits aux particuliers et aux entreprises sont déjà plus difficiles à obtenir aujourd'hui. La consommation va donc se tendre et l'emploi se ralentir dans tous les pays occidentaux. Inutile de sortir de l'ENA, d'HEC ou de Polytechnique pour savoir tout cela. Le nier ne ferait que retarder la mise en œuvre des solutions que nous, pays européens, devons imaginer.
La maîtrise de l'inflation, chère à la BCE tétraplégique et à son Président Jean Claude Trichet, est finalement un gage de comportements vertueux des états, des politiques et des entreprises. Les grands acteurs économiques savent qu'ils ne doivent pas compter sur l'inflation pour payer leurs erreurs. Mettre un doigt dans l'engrenage de l'inflation est donc périlleux.

. La perte ou l'altération des bons côtés des valeurs libérales ensuite.
Les USA sont depuis toujours le moteur de l'économie de marché. Lorsque les acteurs maintiennent une certaine éthique, en fixant eux-mêmes les règles à ne pas franchir, tout va bien. Mais lorsque quelques gros opérateurs financiers, et quelques promoteurs immobiliers sans scrupules, cherchent par tous les moyens des rendements qui dépassent les lois de l'économie, alors la machine se bloque au moindre grain de sable. C'est en l'occurrence exactement ce qui est arrivé avec les subprimes en 2007. Ces subprimes ne sont ni plus ni moins ce que les banquiers appellent de la cavalerie : la création d'une richesse fictive, ne reposant sur rien. Pour agir ainsi quelques chefs d'entreprises se sont déjà retrouvés devant les tribunaux et en prison.
Cette altération des valeurs libérales laisse le champ libre à d'autres idées qui le sont moins.

. Le risque de réactions diverses et variées enfin.
Et c'est peut-être le plus grave ! Si notre système économique n'est pas repris en main pour assurer le contrôle de la machine qui s'emballe, nous pourrions assister à travers le monde à un certain nombre de réactions qui se réfugieront dans les extrêmes, au sens politique du terme.
C'est évidemment le cas de figure le plus dramatique, mais les peuples qui vivent dans la misère ou ceux qui perdent simplement leur confort sont des peuples vulnérables. Ils veulent trouver des responsables. Ils veulent des perspectives meilleures. Ils sont prêts à suivre le premier vendeur de rêves ou Big Brother venus.
Solutions illusoires, la xénophobie et le repli sur soi sont pourtant des tendances facilement populaires en de telles circonstances. Notons d'ailleurs au passage que Barack Obama ne prône rien d'autre que cela dans sa campagne. La gauche bien pensante rêve de le voir élu, mais le discours de fond du candidat est simple : les Américains d'abord ! Ce discours est d'autant plus entendu que le système libéral ouvert sur le monde démontre en ce moment même ces faiblesses échevelées. Mc Cain peut avoir quelques difficultés à faire croire qu'il n'est pas issu du sérail de ce système défaillant. Un paramètre tout nouveau pour la campagne qui bat son plein.

Les pays historiques de l'Union Européenne semblent à l'abri de réactions xénophobes. Mais quelles sont donc leurs solutions pour maintenir leurs niveaux de vie ? Comment assumer les retraites de nos populations vieillissantes ? Comment maîtriser nos coûts de fabrication, sans donner du travail aux pays émergents, asséchant d'autant une partie de l'emploi chez nous ? Les réponses sont loin d'être simples.
Je suis convaincu que la mondialisation est à la fois la maladie et le docteur. Ah ! Evidemment, elle nous plonge pour quelques générations dans une ère nouvelle que seul le temps nous permettra de comprendre. Mais cette globalisation de nos économies est aussi la seule solution. C'est le rôle du Politique de nous faire comprendre et de réduire les conséquences de cette profonde mutation, théâtre de tensions extrêmes. Cette compréhension est fondamentale pour la paix.
Alors ! Abandonnant leur credo libéral, les USA ont-ils eu raison de sauver AIG et d'autres encore sur fonds publics ? N'ont-ils pas ouvert une boite de Pandore ?
Une chose est sûre. Lorsqu'un repaire universel tombe alors qu'il servait de guide à tous, la navigation devient délicate. Il faut inventer de nouvelles solutions, de nouveaux outils pour retrouver le bon cap, en acceptant quelques naufrages.

Une dernière remarque ! Malgré tout cela, j'ai une vieille confiance de fond sur l'économie américaine. La rapidité avec laquelle ils ont trouvé la solution pour AIG est proprement stupéfiante. Elle illustre leur conscience de la situation.

17 septembre 2008

Il y a bien un Capitaine à bord !

Le gouvernement américain vient une nouvelle fois de démontrer que la pensée libérale avait ses limites. Quand on connaît l'esprit non interventionniste qui règne aux USA, cela n'est pas rien. Rassurant ou inquiétant ?

Après Freddie et Fanny, le Trésor a donc sauvé aussi AIG, l'un des géants mondiaux des assurances.
Les contribuables américains y seront d'une façon ou d'une autre de leurs poches, avec un prêt de l'ordre de 60 milliards € sur deux ans; ce sauvetage offrant la possibilité à l'état américain de se rendre maître de 79,9% du capital, selon le remboursement de ce prêt. Cela revient pratiquement à nationaliser l'un des fleurons de l'économie US. Impressionnant !

Des sommes colossales
Pour donner l'ordre de grandeur des enjeux, ce prêt représente 30% du budget annuel de la France (5 ou 6ème puissance économique du monde) et les actifs de AIG représentent 4 fois ce même budget, soit environ 800 milliards €. Ces actifs sont aussi à l'échelle de notre dette totale de plus de 1.000 milliards.
J'ignore s'il faut s'inquiéter ou se réjouir de cette nouvelle attitude du gouvernement américain.
Sur le court terme, il vaut mieux s'en satisfaire.
Sur le moyen et long terme, les USA demeureront encore longtemps le grand argentier de la planète. A quelques semaines des élections américaines, les institutions ont fonctionné quitte à abandonner les grands principes libéraux, fondements de cette nation, tant chez les Démocrates que chez les Républicains.
A ce jour aucun pays européen ne serait capable de consentir seul un prêt de cette envergure à une entreprise privée. Financièrement, l'Union Européenne pourtant le pourrait. Tout juste ! Mais politiquement et techniquement, comment pourrait-elle monopoliser une telle somme en 24 ou 48 heures ? Impossible !
Le côté rassurant est qu'il y a bien un Capitaine à bord du navire de la finance internationale : les USA.
Le côté inquiétant, est que nous dépendons à l'évidence de toutes ses décisions.

Mais au final, c'est peut-être l'un des grands points positifs de la mondialisation. Les économies sont tellement imbriquées, que la plus puissante d'entre elles ne peut plus se permettre de jouer seule. Nous le savions depuis longtemps, mais ces récents événements confirment que les USA l'ont compris et admis.

16 septembre 2008

Freddie et Fanny sont sur un bateau....

L'économie du monde est-elle à la dérive ? L'épargne des particuliers est-elle en perdition ? Touché sous la ligne de flottaison, le bateau bancaire est-il en train de sombrer ? Quand et dans quelle proportion nos entreprises sont-elles menacées ? Impossible de répondre. Nous ne pouvons être que les spectateurs de grandes manœuvres qui nous dépassent, en lançant au gré des courants des bouteilles à la mer.

Pour ceux qui ont la chance d'avoir quelques capitaux placés, le premier réflexe matinal est d'ouvrir la page boursière de leur quotidien. Transpiration, sueurs froides et palpitations cardiaques sont les premières manifestations matinales du syndrome du petit épargnant joueur.
Evidemment tout le monde sait que la bourse est tout, sauf l'école de la logique sécuritaire. Mais qu'importe, le miroir aux alouettes fonctionne toujours. L'appât du gain permet de s'endormir sur de doux rêves paradisiaques.
Les cours du pétrole jouent au yo-yo sans logique acceptable; les règles de marché amplifient les positions spéculatives de ceux qui s'en sortiront toujours (ils ont le temps pour eux); le CAC 40 suit des courants mondiaux dignes du parcours mystérieux des siphonophores; l'effet subprime né chez l'Oncle Sam plonge la planète entière dans un triste margouillis et les hautes sphères financières dans une aporie angoissante.

Jusqu'au jour où furent sauvés de la noyade Freddie et Fanny !
Vous savez ! Ce sont les deux grandes institutions américaines nées pour faciliter et garantir l'accession à la propriété du peuple américain. Hors des habitudes fédérales américaines, ce sauvetage est un véritable miracle sur fond de milliards de dollars.
Alors que le reste du monde découvrait l'existence de Freddie et Fanny il y a seulement quelques jours, voilà qu'il apprend aussi qu'une partie de son bonheur dépendait de deux inconnus qui voyageaient sans filet !
Freddie et Fanny auront donc la vie sauve ! C'est bien joli tout çà, mais le navire doit encore balancer quelques lests par dessus le bastingage ! Eh là, le Trésor américain vient de dire stop. Laissons les professionnels régler le problème entre eux, telle est aujourd'hui sa devise.
Alors on vend, on brade ou on dépose le bilan. La banque Lehman Brothers (600 milliards de dollars d'actifs) vient d'être déclarée en cessation de paiements sous régime du Chapter 11*, Merrill Lynch est vendu à la casse, AIG le n°1 des assurances a perdu 90% de sa valeur en un an ....et toutes les places boursières transpirent. Les banques européennes qui avaient quelques intérêts vont y perdre moins, mais gros aussi !

Décidément, ce n'est pas facile d'être sur un navire qui accepte n'importe quel passager. Mais au fait ! Y-a-t-il un capitaine à bord ?


* Le Chapter 11 de la loi sur les faillites protège le défaillant, en lui donnant toutes les chances de refaire surface. D'autre part, en contribuant eux-mêmes à la sortie de la crise, le Chapter 11 place les créanciers devant leurs responsabilités.

11 septembre 2008

LE YO-YO PETROLIER

Au début de l'été, j'écrivais un papier sur la hausse incontrôlée du prix du baril. Aujourd'hui, comment ne pas se poser quelques questions sur sa baisse de 35 %.

Mais quels sont donc ces leviers de titan qui font varier cette source énergétique stratégique avec tant de violence ? Comment expliquer que nous sommes passés de 150 à 100 dollars le baril en quelques jours ? Qui agit sur ces leviers ?
Les analystes trouvent toutes les bonnes raisons et explications du monde ! Entre nous, elles ne me satisfont pas ou pas assez.
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Avons-nous assisté durant quelques mois à un gigantesque jackpot orchestré par les producteurs et les pétroliers eux-mêmes ? Ces derniers avaient-ils des soucis de cash à reconstituer ? Maintenant que leurs caisses sont à nouveau pleines, redeviennent-ils raisonnables, craignant d'aller trop loin en étouffant eux-mêmes la poule aux œufs d'or, ce qui serait synonyme de crash mondial ?
Cette inflation galopante est-elle issue d'attitudes spéculatives menée volontairement ?
Les grands chocs de 1973 et 1979 avaient eux été générés par les pays producteurs de l'OPEP qui augmentèrent brusquement leurs tarifs, tout en réduisant leur production sur fond de crise politique internationale; et la Lybie ed7091e6e01e446c31ac82c6bb4a7fee.jpgavait nationalisé les exploitations étrangères, tout comme l'Iran, plus récemment la Bolivie de Morales, ou le Venezuela de Chavez et d'autres encore ! Le pétrole et le gaz russes ne sont pas nationalisés à proprement parler, mais c'est tout comme avec le Commandeur Poutine.
L'Arabie Saoudite avec ses arcanes capitalo politico religieuses joue un jeu trouble au plan international et les pays nord du Golfe Persique ne sont pas vraiment maîtres de leur destin respectif. L'Iran fait cavalier seul. L'Irak est pour l'instant sous contrôle. Le pétrole algérien est convoité et exploité par de nombreuses sociétés occidentales notamment américaines. Quant à la Chine, devenue une très grande puissance pétrolière et gazière, qui peut savoir comment elle réagira en cas de coup dur sur le niveau de production ?
4a22fda937f4d51b808a2ab9735c4309.jpgEn ajoutant le pétrole et le gaz off shore de la Mer du Nord, nous avons cité les pays qui maîtrisent d'une façon ou d'une autre 80 ou 90% de la production et des réserves connues à ce jour.
Ultime question : les Politiques sont-ils lourdement intervenus auprès des puissances économiques pour leur dire "qu'il fallait arrêter de jouer" et vite ?

Est-il nécessaire de vous dire que je ne suis vraiment pas un spécialiste de cet univers ? Il est cependant légitime de penser que les réponses à l'ensemble de ces questions fixent le cadre de la problématique générale planétaire.
Conclusion : la complexité des solutions est telle qu'il vaut mieux imaginer l'existence de puissances et de forces occultes manipulant les cours du pétrole, plutôt que de les voir fluctuer sans aucune logique et explication rationnelle, ce qui nous placerait au coeur d'une très inquiétante machine infernale.
Ce n'est pas la théorie du complot mais presque ! Et de deux maux, ne faut-il pas choisir le moindre ?

04 septembre 2008

LA FRANCE EST EN GUERRE*. LES FRANCAIS L'IGNORAIENT DONC ?

4ddea6592cd9630087f3b5045431295e.jpgMardi 2 septembre, dans le magazine "Enquêtes & Révélations", TF1 a diffusé un reportage saisissant sur notre engagement militaire en Afghanistan.
Une excellente opportunité de nous rappeler ce que nous avions tendance à oublier facilement.



L'embuscade mortelle dans laquelle sont tombés nos soldats français (10 tués et 21 blessés) nous a rappelé que la France est en guerre. Oui, rappeler ! Et c'est bien là le problème, car depuis 2002, 13 soldats français avaient déjà perdu la vie dans une quasi indifférence générale.
Sept ans de guerre, soit deux années de plus que la 2ème guerre mondiale ! Combien de Français le réalisaient-ils avant ce drame du mois d'août ? Ils pensaient sans doute que nous avions envoyé nos jeunes militaires en villégiature ! Pour de petites rondes quotidiennes sans danger, ou pour construire quelques maisons ou ponts.
4a599a82fa93c0dfd381b5c2bfb881e6.jpgEn Afghanistan, ce n'est pas le Génie qui est parti. Ce sont des parachutistes du 8ème RPIMA, des pilotes de chasse et des forces spéciales. Nos GI à nous en quelque sorte.
Avons-nous raison de participer à cette force multinationale sous mandat de l'OTAN ? Là n'est pas la question. Pour ma part, je pense que oui, à la condition que ce pays fût bien l'un des cœurs du terrorisme mondial mené par les intégristes musulmans.
Le fait qu'il y est du gaz et du pétrole joue à l'évidence aussi, mais je n'imagine pas qu'à l'origine les Américains aient décidé d'y aller pour ce motif.
8a5b276d2417ddb74a8bf177243b0a9f.jpgN'oublions pas l'attaque du World Trade Center du 11 septembre 2001. Elle fut une terrible déclaration de guerre, ressentie comme celle de Pearl Harbor de décembre 1941. Comment aurions-nous réagi si les avions s'étaient écrasés, non sur les Twins, mais sur les tours de La Défense avec 3.000 morts ? Nous ne devons pas oublié cet aspect fondateur de la réaction américaine. L'invasion de l'Irak fut sans doute une erreur, pas l'Afghansitan.

Alors, en France, certains demandent un débat national. Il serait temps ! Pourquoi ne les avons-nous pas entendus en 2001 alors que nous participions déjà à la guerre éclair ?
9e818c8deb4154a45b0838a0e3a3d09f.jpgLe scandale n'est pas que nous fassions la guerre aux Talibans. Malgré le malheur qui accable leur famille, il n'est pas non plus que des militaires professionnels soient assassinés par des exaltés religieux. Le scandale est que l'état n'a jamais su expliquer pourquoi aux Français qui, finalement, ignorent ce conflit sans véritablement en comprendre le sens. Il est que nous participons à une guerre dont nous aurions presque honte, alors que nous y défendons la Liberté et les valeurs fondamentales de l'Humanité.
Voilà le véritable drame.

PS : Le reportage de TF1 était exceptionnel. Pris dans une embuscade, on voit le détachement de militaires français se battre et avoir peur avec une équipe de journalistes qui n'a pas cessé une seule seconde de tourner. Respect.


* voir aussi mon article du 2 avril 2008

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