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08 octobre 2008

LE TROU NOIR D'UN CAPITALISME DEVOYE

Ce matin, toutes les bourses de la planète continuent de s'effondrer de 5 à 10% et ce dès l'ouverture. Ce triste constat amène plusieurs remarques...

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Comme je l'écrivais hier, ce ne sont pas les montants des plans de sauvetage, ni l'implication des institutions bancaires et des états qui changeront quoi que ce soit à la défiance. C'est bien le principe lui-même de ces interventions qui détruit la philosophie libérale de l'ensemble du système.
Les interventions, bien qu'obligatoires eu égard aux circonstances immédiates, apparaissent contre nature.

1. Les politiques et les responsables des instances bancaires ne savent plus quoi faire. Ils tentent de calmer le jeu bien sûr; que pourraient-ils faire d'autre ! Nous pouvons craindre qu'ils soient impuissants face à l'emballement de la machine. Certes, l'abaissement des taux directeur serait une une bonne chose. Mais cela suffira-t-il à stopper définitivement l'hémorragie ?

2. Le paradoxe se confirme donc ! Tout le monde fait tout ce qu'il peut pour arrêter la panique. Mais les plans sont des bouées percées, lancées aux naufragés qui ne croient plus eux-mêmes à l'ancien système, dans lequel se placent finalement les tentatives de sauvetage. Il faut changer de logique bancaire, financière et boursière. Joli programme !

3. Les loups vont se ruer à bons prix sur les brebis malades. Un phénomène d'hyper concentration va se produire dans les banques et, à terme, dans toute l'économie réelle. Des actifs vont changer de mains à 10 ou 20% de leur valeur d'hier. Axa, par exemple, est intéressé par certains actifs d'AIG.

4. De fait, une nationalisation massive et mondiale du secteur bancaire est en route. Bien sûr, on nous annonce que cette situation est provisoire, le temps d'un retour à " meilleure fortune". Les différentes formes d'intervention seraient donc un jour annulées par un processus inverse de libéralisation ou de revente des actifs achetés. C'est sans doute exact, mais dans quels délais !

5. A ce jour et... à cette heure, la France n'a pas encore de dossier lourd qu'elle devrait assumer seule. Mieux, elle semblerait même avoir quelques ressources pour sauver les "petits copains" (ex.: BNP Paribas qui rachète en partie Fortis ou AXA qui lorgne sur une partie d'AIG). Y-a-t-il des chats noirs dans les tiroirs qui ne vont pas tarder à s'ouvrir ? L'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne...ont déjà leurs dossiers. La France pas encore ! Intéressant et bizarre !

6. Si cette crise est comparable par son ampleur (non dans ses origines) à celle des années 30, alors nous sommes bel et bien à l'aube d'une nouvelle Nouvelle Economie. Elle mettra des années à se mettre en place. Elle peut aussi engendrer des conflits nationaux et internationaux, dans lesquels la violence des armes pourrait bien intervenir. Nier une telle éventualité serait une erreur.

7. Il semble désormais hautement probable qu'Obama sera le prochain Président des Etats-Unis. McCain ne parviendra pas à se démarquer des errances politiques et économiques de son camp d'appartenance. Cette élection est de nature à créer un choc salutaire à l'ensemble du Monde. Je n'étais pas spécialement pro Obama, mais force est de constater que son arrivée serait effectivement un incroyable choc culturel. Celui que la planète attendait peut-être, sans le savoir vraiment.

Pour le démocrate libéral et social que je suis, il est très regrettable - le mot est faible - que le libéralisme économique ne se soit pas réveillé avant la catastrophe.
Il est pourtant le seul système viable pour l'Humanité, à condition bien sûr qu'il sache lui-même se policer, en évitant de s'écrouler sous son propre poids d'inconsciences et d'égoïsmes.

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