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31 octobre 2008

LES USA SONT-ILS EN PHASE DE METAMORPHOSE ?

A J-4 des élections américaines, toutes les rédactions font le déplacement. Washington s'apprête à accueillir des milliers de journalistes et envoyés spéciaux venus du monde entier. Allons-nous assister en direct live à l'évènement le plus important de ce début du XXIème siècle ?

OBAMA - McCAIN.jpg
Si Obama est élu mardi prochain, ce qui semble acquis d'après les sondages et pour tous les observateurs politiques, devra-t-il son succès à la qualité de sa campagne, aux thèmes qu'il aura développés depuis deux ans, à sa couleur de peau depuis sa naissance ?
Il est probable que tous ces atouts se seraient avérés insuffisants si la crise n'était pas passée par là. Tout le monde semble aussi d'accord sur ce point.
Appartenant au camp auquel les Américains attribuent - à tort - toute la responsabilité de la dépression, McCain ne pouvait qu'en être la victime au plan électoral. Sa campagne n'a pas été un modèle du genre, bien qu'il n'ait pas démérité. En avril ou mai, son avance était encore confortable. Au moment où il sortît de son chapeau Sarah Palin comme Vice-présidente, ce choix apparaissait comme pertinent et de nature à lui offrir un avantage décisif sur son adversaire démocrate. Elle lui apportait la jeunesse qu'il n'a pas et ce ne sont pas les frasques vestimentaires du Gouverneur de l'Alaska qui auraient fait perdre les élections à John McCain.

Métamorphose ou simple évolution ?
Ce peuple est-il en train d'imposer une métamorphose, impensable il y a encore une vingtaine d'années ? Très franchement, je ne le crois pas. Il y a longtemps que des Noirs occupent des fonctions importantes au sein des gouvernements et des instances US, sans que cela ait soulevé le moindre problème.
SURPEME COURT BUILDING.jpgNous connaissons tous Condoleezza Rice ou Colin Powell, mais un autre Noir occupe une fonction autrement plus symbolique : Clarence Thomas par exemple (nommé par Bush père en 1991) est membre de la Court Suprême des Etats-Unis, la plus haute instance de justice sans réelle équivalence dans notre République.
Clarence Thomas Surpeme Court.jpgCette Court Suprême est en réalité au cœur de notre sujet. Elle est la garante des Institutions américaines, notamment de la Constitution, porteuse du Rêve de la Nation, La Liberté, avec ses atouts et ses tares ! Sur les 9 Membres élus à vie, sept dont le Président ont été nommés par des Présidents Républicains. La Court Suprême américaine n'appartient pas à un camp, Démocrate ou Républicain; elle appartient à la Nation et au peuple.
Mais le profil général de ses membres lui donne malgré tout une orientation générale au plan politique. Il me semble impossible qu'Obama, peut-être plus à gauche qu'on ne le pense, puisse faire pencher les USA dans un socialisme rampant. La Court Suprême veille.
Si le Démocrate Obama est dans quatre jours le 44ème Président, il l'aura emporté par ce que le peuple américain aura manifesté un désir de changement que la crise ne fait qu'amplifier.
Comment mieux incarner la volonté de changement en portant un Noir à la Maison Blanche ?
Mais Barack Obama sera américain d'abord et démocrate ensuite. Un exemple : si jamais les USA se sentaient menacés ou étaient attaqués façon 11 septembre, il enverra de la même façon les Boys là où il estimera bon de les envoyer.
Il n'y a donc, de mon point de vue, aucune métamorphose intérieure, mais le simple aboutissement d'une longue évolution commencée avec un certain Martin Luther King, assassiné en avril 1968.

Il est pourtant certain que le monde verra les Etats-Unis d'un autre œil....un certain temps...le temps qu'Obama soit rattrapé par les réalités du pouvoir.

25 octobre 2008

REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE

Après avoir lu ce qui suit, difficile de nier la valeur des actions menées par Nicolas Sarkozy au plan international...


"Super Sarko"...j'ignore si ce vocable est du goût de notre Président, mais le fait est ! Après avoir beaucoup agacé la planète entière, les grands de ce monde et la presse apprécient ce qu'ils lui reprochaient il n'y a encore pas si longtemps.

SARKOZY BISOUS.jpgCes extraits en disent long sur la révolution que Nicolas Sarkozy est en train de mener. Il a tout simplement modifié radicalement l'image de la France dans le monde en moins de trois mois. Aucun président avant lui n'avait été capable d'imposer une telle mutation au reste du monde, depuis Charles De Gaulle.
Je vous engage à lire ce qui suit, c'est proprement stupéfiant et, je dirais, formidable pour notre pays.

ALLEMAGNE - Frankfurter Allgemeine Zeitung -
"Sarkozy a bel et bien géré cette crise de main de maître"

ROYAUME-UNI - The Guardian

"...il (Sarkozy) s'efforce même, ce qui est une nouveauté, de prendre pied dans le golfe arabo-persique"
"....début 2008, Nicolas Sarkozy a effectué une tournée dans le Golfe qui a constitué une véritable percée."
"...il s'agit ni plus ni moins de l'émergence de la France en tant qu'acteur économique incontournable, ce qui se traduit par un accroissement de son influence politique."
" Sarkozy capitalise sur la faiblesse américaine et n'a pas été long à saisir l'occasion de faire de nouveau de la France une puissance orientale".
"...il est indéniable qu'il a donné une réelle signification à la notion de présidence européenne
."

AUSTRALIE - The Age
"Aujourd'hui, elle (la France) est dirigée par un radical, un homme de changement, un anticonformiste aussi bien en politique que dans les choix de ses épouses".
SARKOZY CHIRAC ADIEUX.jpg" Il a rompu avec le passé et a poussé un pays hostile aux réformes à adopter le changement, tout en attirant l'attention autant par son style personnel que par sa politique".
" Mais, dans un pays si habitué à la stabilité, l'incessant tourbillon de réformes de Sarkozy fait de lui un leader qui sort de l'ordinaire."
"Sarkozy fait partie d'un nouveau phénomène politique
".

USA – The New York Times
" Pendant le grand sommeil des années Mitterrand et Chirac, la France ....a eu à sa tête un président aux allures de monarque....cet homme (Sarkozy) réveille son pays, mais il est indéniablement le plus grand responsable politique européen de son temps. En l'espace d'un an, il a métamorphosé les relations entre la France, les Etats-Unis, Israël, ses voisins nord-africains et l'OTAN""
"...l'influence de Nicolas Sarkozy s'étend désormais au-delà des océans."
"...il permet ainsi à l'Hexagone d'avoir une plus grande marge de manœuvre géopolitique."
"...aujourd'hui, la France universaliste a le vent en poupe..."


USA - Newsweek
"Sa personnalité impulsive....est maintenant un atout pour gérer une situation dangereuse à l'évolution très rapide."
"...mais en ne recherchant pas le consensus (au sein de l'UE), Sarkozy a lancé une initiative diplomatique sans précédent et porteuse d'avenir."
" De plus, il a séduit les pays d'Europe centrale et orientale en améliorant les relations avec les Etats-Unis
."

ESPAGNE – El Païs
"...le pire, c'est que le culot, ça marche..."

ITALIE – Corriere della Sera
"....Nous avons vu à la manœuvre une sorte d'incarnation de "l'Europe des patries", préfigurée en son temps par le Général de Gaulle".

Même le luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qu'on ne peut suspecter d'être un admirateur déclare, "....Jamais...je n'ai vu l'Europe gouvernée avec autant de force...".

Je terminerais cette revue de presse* par une citation de Philippe Thureau-Dangin, extraite de son éditorial du Courrier International, journal qu'on ne peut pas non plus soupçonner de sarkozysme inconditionnel :
"....les observateurs soulignent désormais son énergie (Sarkozy) et son aura de président en exercice de l'Union Européenne".
Ce journal, après avoir dit des choses assez féroces sur Nicolas Sarkozy depuis quelques mois, est contraint de faire amende honorable.

EPILOGUE
En présentant ces quelques extraits de presse, il ne s'agit pas de dire que Nicolas Sarkozy a sauvé le monde. Il n'est pas question de le considérer une seule seconde comme le sauveur de la planète.
Non ! Il s'agit simplement de réaliser qu'il a redonné à l'Europe et surtout à la France une voix qu'elles avaient perdue. Cette prégnance pèsera et comptera dans la résolution de la longue crise qui s'annonce .



* Un tour du monde réalisé par le Courrier International

17 octobre 2008

La crise ! Quelle chance !

Ségolène Royal qui y voit une formidable opportunité pour la Gauche, en oubliant que son système de pensée a lui aussi fait faillite mille fois.
Aude de Thuin, Présidente du Women's Forum à Deauville, qui déclare "Messieurs, vous ne pourrez rien faire sans nous", estimant qu'il est donc grand temps que les femmes interviennent plus dans la gouvernance des entreprises.
Olivier Besancenot qui croit voir enfin se rapprocher le "Grand Jour", où il pendra les capitalistes avec l'assassin Drouillan comme bourreau.
Tous ces Chevaliers Blancs ou Noirs qui clament " je vous l'avais bien dit !" ou qui surfent sur la vague de façon trop rapidement opportuniste, oui tous ceux-là m'indisposent.

C'est sûr, il faut réagir !
Cette crise doit réveiller la conscience d'un système largement perfectible, qui a sans doute laissé trop le pouvoir à la vanité, à la spéculation et à l'égoïsme.
Mais il demeure le seul, qu'on le veuille ou non, à savoir créer de la richesse sans pour autant créer des goulags.
Il est le seul à laisser à chacun la liberté de parole, cette Parole qui est le propre et la grandeur de l'Humanité par rapport au reste du Vivant.
Il est aussi le seul à savoir finalement se remettre en question - nous le constatons en ce moment dans la douleur - contrairement au collectivisme toujours sûr de son immuable Vérité, qui pense pouvoir faire notre bonheur malgré nous.
Il faut inoculer au capitalisme les bons gènes qu'il n'a pas, ou qu'il n'a plus. Cette refondation est effectivement urgente à Bretton Woods ou ailleurs ! Pour avoir trop longtemps pensé que la crise de 29 pouvait être réglée financièrement, le monde a généré le seconde guerre mondiale.
Il faut modifier en profondeur les règles de fonctionnement des états et de gouvernance des "worldwide companies"...J'écrivais il y a quelques jours qu'il fallait " éthiqueter" le capitalisme. Bien sûr, bien sûr !
Mais il y a une chose qu'il ne faut surtout pas faire, c'est croire qu'il est moribond en l'abandonnant à son sort. Son histoire est jalonnée de crises, de doutes et de soubresauts, parfois violents.
Mais c'est dans sa nature. C'est ainsi qu'il avance au fil du temps.

Cette terrible crise est effectivement une chance. Pour le capitalisme lui-même ! Un nouveau capitalisme bien entendu !

14 octobre 2008

Un combat de Titan

L'Europe bat les USA par 1.700 Mds € à 1.000 Mds $

Nous y sommes ! Plus de 3.300 milliards de dollars pour le sauvetage au plan mondial, dont 2.300 pour l'Europe et 490 pour la France, soit à elle seule environ 15% des fonds mobilisables. Certes, j'additionne un peu les carottes et les pommes de terre, tous ces fonds n'étant pas tous de même nature, mais quand même !

FILLON LAGARDE.jpg
L'Europe aura donc su dégager les deux tiers du total des fonds ! Cela représente quand même le double de ce que les USA ont annoncé. Pas mal pour notre "vieille Europe" !
La conséquence la plus spectaculaire et immédiate est que l'Europe, unie politiquement, a su stopper la dégringolade boursière que n'a pas sue juguler l'Amérique.
Le monde accorderait-il plus sa confiance aux européens qu'aux américains ? Cela apparaît évident aujourd'hui. Mais attendons de voir les événements dans les semaines qui viennent. Il est fort peu probable que les indices retrouvent rapidement leur niveau de décembre 2007. Et nous assisterons dans les jours qui arrivent à quelques prises de bénéfices qui feront se calmer tout le monde.

La Gauche est incorrigible
HOLLANDE AYRAULT.jpgPendant ce temps là, le PS se demande s'il va accorder son aval à la politique financière du gouvernement. Il n'aura pas fallu longtemps pour que la zizanie politicienne regagne les bancs des élus socialistes au Parlement.

Une annonce risquée
Notre François Fillon qui annonce que les 360 Mds d'euros ne coûteront pas un sou aux contribuables, voilà qui fait bon effet ! Mais n'est-ce pas donner le bâton pour se faire battre un jour ?
Si tout se passe comme prévu, c'est vrai dans les montages adoptés et les principes retenus.
Mais cela sera probablement faux dans la réalité, d'une façon ou d'une autre.
Car rien ne se passe jamais comme prévu !

13 octobre 2008

Nicolas Sarkozy devrait rester à la manœuvre !

SARKOZY_LIBE_10.01.08_5.jpgLa France peut être fière de son Président et de toute son équipe gouvernementale, François, Christine, Xavier, Luc et les autres. Malheureusement, dans trois mois...c'est fini !



En tant que Président temporaire de l'UE, Nicolas Sarkozy aura fait un sacré boulot !
Ce n'est pas lui faire injure, mais Vaclav Klaus, le Président de la République Tchèque qui va lui succéder au 1er janvier 2009, ne pourra pas être un aussi bon catalyseur d'énergies. De surcroît, on sait que Klaus n'est pas le plus pro-européen des chefs d'état en fonction.

SOMMET OCT08.jpgAh, c'est sûr, Sarkozy en aura énervé plus d'un durant ses six mois de présidence ! Mais, au final, c'est toute l'Europe qui pourra le remercier d'avoir déployé cet activisme, tout en sachant rester flexible face aux événements quotidiens. Il le fallait, pour être capable de piloter à vue cette crise qui ne fait que commencer.

C'est bien le problème et sans doute LA faiblesse structurelle de l'UE.
DRAPEAU EUROPE.gifAvoir un Président qui change tous les six mois est difficile à comprendre pour nos interlocuteurs internationaux. Entre nous, c'est même impossible !
Si l'UE décidait de façon tout à fait exceptionnelle, eu égard aux circonstances, de prolonger la présidence française de six ou douze mois supplémentaires, cela serait sans doute la meilleure des choses pour le monde entier. Ne serait-ce qu'au titre d'un principe simple et sain : la continuité.
Mais ne rêvons pas ! L'Europe, sous la houlette de Nicolas Sarkozy a déjà eu une belle réaction collective, il ne faut pas lui demander l'impossible !

12 octobre 2008

LA CHINE, CETTE GRANDE MUETTE

Son silence est assourdissant ! Cet oxymore a de quoi inquiété.
PLACE TIEN'ANMEN 2.jpg
Avec quelques 3.000 milliards de dollars dans leurs caisses, les banques chinoises constituent la plus grosse réserve mondiale de billets verts.
Vont-elles rafler la mise dans les années qui viennent ?
En achetant à bons prix nos grandes entreprises et nos fleurons occidentaux, la Chine, avec les riches pays producteurs de pétrole, vont-ils devenir les seuls Maîtres du jeu ?
Pour Immanuel Wallerstein "le capitalisme touche à sa fin". Considéré comme l'un des pères fondateurs de l'alter-mondialisme, cet éminent sociologue, chercheur à l'université de Yale, prend ses désirs pour une réalité. Il a tellement rêvé du grand jour !

PLACE TIEN'ANMEN.jpgIl néglige un fait. Si demain la Chine devenait propriétaire d'une belle partie de notre économie, elle appliquera SON capitalisme.
Ce pays ne peut pas se permettre de voir ses marchés mondiaux s'effondrer.
Et ce n'est pas la première fois que nous verrions un fournisseur racheter son client. Si l'économie capitaliste libérale en refusait le principe, c'est là que nous pourrions voir apparaître de sérieuses tensions.

Le silence relatif de la Chine ne présage rien de bon. Elle réfléchit avant de passer à l'action, si j'ose dire !

10 octobre 2008

BOUM BADABOUM ET OPTIMISME !

Ce que nous vivons serait donc historique !
Hollywood en fera-t-il un jour un film catastrophe avec les petits-fils de Michael Douglas dans le rôle du méchant financier et de Bruce Willis dans celui du gentil justicier ?


BOURSE TRADER.jpgC'est curieux, mais malgré le profond pessimisme ambiant, la violence du crash boursier et la portée limitée des actions des instances bancaires et des états, je ne parviens pas à être encore et vraiment inquiet. Je vois deux raisons à cela :

- La première est que nous assistons " tout simplement" à un alignement brutal des cours sur les valeurs économiques réelles des entreprises.
C'est, à bien y réfléchir, un phénomène plutôt sain venant ruiner l'espoir des spéculateurs en tout genre, à l'origine même de notre propre malheur.
Ah ! bien sûr, tout le monde est mis dans le même sac et quelques entreprises en pâtissent injustement en étant, du coup, en dessous de leur valeur (cela serait le moment d'acheter d'après quelques "experts"!).
Mais ceux qui ont quelques actions depuis plus de cinq ans, s'aperçoivent qu'elles n'ont perdu en moyenne que 5 à 10% de leurs valeurs d'achat d'origine en 2002/2003. L'affaire n'est pas aussi bonne qu'ils l'avaient crue, mais somme toute, pas de quoi s'affoler ! C'est encore supportable, même s'ils doivent s'attendre et accepter de perdre encore "un peu" !

- La seconde est que, bon an mal an, l'économie mondiale fonctionne toujours.
Les pays développés occidentaux peuvent supporter une pause de croissance et même quelques temps de récession. Ce n'est pas absolument dramatique, à condition que cette période fût mise à profit pour changer les règles de fonctionnement de notre système capitaliste.
BOURSE ECRAN INDICES.jpgCertes il se dit que les banques sont en défiance entre elles, certes les entreprises vont rencontrer quelques difficultés de trésorerie, certes elles sont contraintes de revoir à la baisse leurs investissements et l'emploi va en prendre un coup. Mais les avions décollent et les trains partent à l'heure, les états garantissent les dépôts des particuliers, nous n'assistons pas à des mouvements sociaux violents, les linéaires des magasins sont encore pleins de sucre et d'huile, on ne brûle pas les excédents de blé comme en 29, le prix du baril de pétrole ne repart pas dans une course folle, des pays comme la Chine et l'Inde projettent toujours une croissance de 8 à 9% pour 2009...etc, etc !

En restant conscient de la gravité de la situation et des modifications profondes qu'il faut très rapidement apporter à nos règles de fonctionnement, il est parfois bon aussi d'identifier quelques arguments d'espoirs.

08 octobre 2008

LE TROU NOIR D'UN CAPITALISME DEVOYE

Ce matin, toutes les bourses de la planète continuent de s'effondrer de 5 à 10% et ce dès l'ouverture. Ce triste constat amène plusieurs remarques...

NYSE 4.jpg

Comme je l'écrivais hier, ce ne sont pas les montants des plans de sauvetage, ni l'implication des institutions bancaires et des états qui changeront quoi que ce soit à la défiance. C'est bien le principe lui-même de ces interventions qui détruit la philosophie libérale de l'ensemble du système.
Les interventions, bien qu'obligatoires eu égard aux circonstances immédiates, apparaissent contre nature.

1. Les politiques et les responsables des instances bancaires ne savent plus quoi faire. Ils tentent de calmer le jeu bien sûr; que pourraient-ils faire d'autre ! Nous pouvons craindre qu'ils soient impuissants face à l'emballement de la machine. Certes, l'abaissement des taux directeur serait une une bonne chose. Mais cela suffira-t-il à stopper définitivement l'hémorragie ?

2. Le paradoxe se confirme donc ! Tout le monde fait tout ce qu'il peut pour arrêter la panique. Mais les plans sont des bouées percées, lancées aux naufragés qui ne croient plus eux-mêmes à l'ancien système, dans lequel se placent finalement les tentatives de sauvetage. Il faut changer de logique bancaire, financière et boursière. Joli programme !

3. Les loups vont se ruer à bons prix sur les brebis malades. Un phénomène d'hyper concentration va se produire dans les banques et, à terme, dans toute l'économie réelle. Des actifs vont changer de mains à 10 ou 20% de leur valeur d'hier. Axa, par exemple, est intéressé par certains actifs d'AIG.

4. De fait, une nationalisation massive et mondiale du secteur bancaire est en route. Bien sûr, on nous annonce que cette situation est provisoire, le temps d'un retour à " meilleure fortune". Les différentes formes d'intervention seraient donc un jour annulées par un processus inverse de libéralisation ou de revente des actifs achetés. C'est sans doute exact, mais dans quels délais !

5. A ce jour et... à cette heure, la France n'a pas encore de dossier lourd qu'elle devrait assumer seule. Mieux, elle semblerait même avoir quelques ressources pour sauver les "petits copains" (ex.: BNP Paribas qui rachète en partie Fortis ou AXA qui lorgne sur une partie d'AIG). Y-a-t-il des chats noirs dans les tiroirs qui ne vont pas tarder à s'ouvrir ? L'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne...ont déjà leurs dossiers. La France pas encore ! Intéressant et bizarre !

6. Si cette crise est comparable par son ampleur (non dans ses origines) à celle des années 30, alors nous sommes bel et bien à l'aube d'une nouvelle Nouvelle Economie. Elle mettra des années à se mettre en place. Elle peut aussi engendrer des conflits nationaux et internationaux, dans lesquels la violence des armes pourrait bien intervenir. Nier une telle éventualité serait une erreur.

7. Il semble désormais hautement probable qu'Obama sera le prochain Président des Etats-Unis. McCain ne parviendra pas à se démarquer des errances politiques et économiques de son camp d'appartenance. Cette élection est de nature à créer un choc salutaire à l'ensemble du Monde. Je n'étais pas spécialement pro Obama, mais force est de constater que son arrivée serait effectivement un incroyable choc culturel. Celui que la planète attendait peut-être, sans le savoir vraiment.

Pour le démocrate libéral et social que je suis, il est très regrettable - le mot est faible - que le libéralisme économique ne se soit pas réveillé avant la catastrophe.
Il est pourtant le seul système viable pour l'Humanité, à condition bien sûr qu'il sache lui-même se policer, en évitant de s'écrouler sous son propre poids d'inconsciences et d'égoïsmes.

07 octobre 2008

LES BOURSES FOLLES !

Alors que tous les acteurs devraient être rassurés en constatant la capacité de réaction des états et des banques centrales, voilà qu’ils paniquent !
Bizarre ? Non, pas tant que cela !


Malgré le plan Paulson et les réactions européennes la confiance n’est toujours pas revenue. La morosité du moral boursier doit donc avoir une autre origine.
Question : l’interventionnisme des états n’inquiète-t-il pas les adeptes sans réserves d’un capitalisme libéral, qui assistent à l’écroulement d’un système dont ils ont usé et abusé ?
Si la réponse est oui, ce ne sont pas les montants des plans de sauvetage qui comptent, mais leur principe que réfute et rejette les maîtres de la planète finance, car il sonne le glas de leur paradis.

PS : A 17h30, les places boursières européennes semblaient être plutôt calmes. C'est déjà çà !

05 octobre 2008

Les USA, bonne ou mauvaise leçon !

WASHINGTON CAPITOL.jpgC'est fait ! Le sauvetage de 1.000 milliards de dollars a donc été accepté par le Congrès. Savoir si cela suffira à ramener la confiance n’est pas la question. D'ailleurs, qui pourrait le dire aujourd'hui ?

La stupéfiante réaction américaine repose sur trois mots .

. La puissance
Dès le départ, nos amis d’outre atlantique n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller. Il fut immédiatement question de quelques 1.000 milliards de dollars.
Pour fixer les esprits, ce trésor est à l’échelle de la dette d’un pays comme la France, ou encore du PNB de l’Espagne*, six fois celui du Portugal* et plus de dix fois celui de l’Egypte. Malgré leur situation de vulnérabilité, les USA sont toujours la seule nation de la planète à pouvoir monopoliser un tel montant en quelques jours.
La Chine, plus grande réserve monétaire mondiale en dollars, a-t-elle joué secrètement un rôle ? L'histroire le dira peut-être.

. La rapidité
Il n’aura fallu qu’à peine trois semaines et deux allers-retours entre le gouvernement et le Congrès pour mettre tout le monde d’accord ou presque. Dans ce genre de situation, la vitesse de réaction est évidemment essentielle à la réussite d’un plan de sauvetage.
Il y a encore de nombreux « points de détails » à résoudre pour la mise en œuvre de ce plan. Mais il faut souligner la flexibilité des institutions américaines qui ont su réagir au-delà de tout clivage politique.
Il est probable que ce séisme laissera de profondes cicatrices entre les Républicains et les Démocrates.
L’actualité économique n’avait jamais été aussi présente lors d'une campagne présidentielle. Chaque candidat a donné son avis en essayant d’en tirer avantage, mais ils ont tous les deux clairement accepté ce plan.
En de telles circonstances, j’entends déjà ce qu’aurait pu dire et faire la gauche française.

. Une apostasie économique
LINCOLN MEMORIAL WASH DC.jpgC’est sans doute l’aspect le plus spectaculaire. Aux USA, le non interventionnisme de l’état était l’un des piliers de leur mode de fonctionnement. Entre 1929 et 1933 par exemple, le gouvernement n’était pas intervenu. Seul le New Deal imaginé par Roosevelt à partir de 1933 commença à lutter timidement contre le crise qui perdurait.
Sans pour autant estimer que ce revirement dogmatique soit définitif, cet événement va sans doute réveiller les consciences d'un libéralisme échevelé.
Certes, il est un peu tard, mais pas trop tard. Même si nous allons tous payer leurs erreurs, force est de constater que les USA sont en partie et à la fois la maladie et le docteur.

Ni bonne, ni mauvaise leçon.
Ce plan de sauvetage est l’illustration d’un atout majeur de ce pays : son pragmatisme. Il vient de démontrer qu’il ne s’accroche pas désespérément à toutes les valeurs qui ont pourtant largement contribué à bâtir sa puissance. Cette remise en question se fait dans la douleur nationale, mais elle se fait !

Quand on voit les inerties de tous ordres qui ralentissent les réformes dans notre pays, nous devrions en prendre de la graine.
Peut-être !



* Source : Le Monde / Bilan du monde 2007

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