25 novembre 2008
Que se passe-t-il au PS ?
La petite phrase de Rocard (voir note du 24/11 ci-dessous) révèle clairement sa lucidité.
Pour ce vieux lion du socialisme français, le capitalisme et le libéralisme, bien que ponctuellement défaillants, l'ont emporté sur le collectivisme. Bonne nouvelle pour la planète; paradoxalement, moins bonne pour la France qui n'a plus d'opposition intelligente et raisonnable.
Pour Rocard, il est donc vain de croire qu'il est possible de lutter contre cet état de fait. Etre socialiste au XXIème siècle, ce n'est donc plus préparer le Grand Jour, en prônant un état jacobin omniprésent et interventionniste.
Ce socialisme moderne devra savoir replacer l'Homme au cœur de la Politique, ce que le capitalisme pur et dur a trop tendance à oublier. C'est pour cela que les règles de marché doivent d'urgence s'imposer une éthique humaniste qui reste, non à inventer, mais à mettre en œuvre. Nos sociétés capitalistes et libérales ont tous les ingrédients pour y parvenir. Mais revenons au cas du PS.
Abandonner le "surmoi marxiste" !
Ne riez pas ! Pour nous - les non initiés - cela relève du tirlipotage politico-intellectuel, mais c'est très précisément le vocable utilisé dans les
discussions internes des instances dirigeantes du PS.
C'est ce que j'appelais hier briser les chaînes de l'histoire, une nouvelle orientation rappelée par Cambadélis* hier soir lors de l'émission Mots Croisés sur France 2.
La guerre civile qui bat son plein au PS est d'autant plus incompréhensible qu'en juin dernier ils avaient tous décidé d'abandonner leurs dogmes liés au "surmoi marxiste". Tout le monde était d'accord sur ce point, sauf Benoit Hamon (d'où l'élaboration de sa motion pour leur congrès de Reims) et Mélanchon qui a claqué la porte.
Sur le fond de ce que devait être la nouvelle philosophie politique de leur parti, Aubry, Royal, Delanoé et l'ensemble de leurs états-majors respectifs étaient donc en phase il y a seulement quelques mois.
Royal, presque sympathique !
Il y a plusieurs grandes conclusions à en tirer.
- Cette guerre n'est pas une bataille d'idées et de programmes, mais bel et bien une stricte guerre de personnes.
- La rivalité des ambitions ne doit pas faire oublier qu'elles sont toute au service du court terme : faire main basse sur le trésor du PS, avec son budget annuel de fonctionnement de 20 à 25 millions d'euros.
- Royal veut l'ouverture tous azimuts notamment vers le Centre; Aubry prône la fermeture en visant d'abord la refondation d'un PS de militants, indépendant de toute alliance. Au final, cette différence de stratégie qui est réelle, s'efface devant les querelles cupides de bas étage.
- Cela confirme que le "Tous Sauf Ségolène" développé par la grande majorité des caciques socialistes est d'une virulence insoupçonnable. Dans certaines alcôves de la Rue de Solférino, la dérive droitière de Royal serait même comparée au Néo Socialisme de la fin des années 30, qui finît par pactiser avec Vichy et avec les collaborateurs nazis. La référence au "néo socialisme", qui est extrêmement grave, a été évoquée par Lionel Jospin lui-même, venant souligner l'inconcevable niveau de haine à l'égard de Royal.
Ce n'est d'ailleurs par elle qui est directement en cause, c'est ce qu'elle représente. C'est sa façon de concevoir le socialisme nouveau qui, pour
les vieux lions archaïques, ne dure pas. Elle est comme le Beaujolais nouveau, un vin qui n'est pas un vin de garde, mais un breuvage de fête éphémère pour noyer ses illusions.
Pour ses contempteurs, Royal c'est le socialisme paillettes qui brillent dans la vidéosphère comme le dit le politologue de gauche Olivier Duhamel.
Incroyable ! Cette haine pourrait finir par me la rendre presque sympathique !
* Ancien communiste dur, Cambadélis est sans doute l'une des personnalités les plus inquiétantes du PS
12:02 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, royal, aubry


Commentaires
Prenons les au mot !
Certains veulent un nouveau vote au PS.
Pourquoi pas, après tout !
Mais, si ce 2ème tour est entâché de malversations, on ne voit pas pourquoi les tours précédents ne l'auraient pas été.
Et ce n'est pas le brillantissime Monsieur Moscovici qui pourra le contredire : "..cette élection n'est pas plus tricheuse qu'une autre..."
Dès lors pourquoi ne pas remonter jusqu'au vote sur les motions ?
Comme en F1 ou derrière les starting-blocks en somme : un faux départ, pour cause d'accrochage devant les Tribunes !
Le résultat serait-il toujours 29/25/25/20 % ?
Il est possible d'en douter......a fortiori pour les résultats ultérieurs.
Au moins l'un des Candidats en frétillerait surement de plaisr : Monsieur Delanoë ! Partir des stands peut-être, mais participer à la course au moins, et cette fois sans s'auto-exclure !
Cette idée n'a aucune chance d'être retenue....C'est dommage.....Il est encore permis de rêver, non ?
Ecrit par : Jean-Pierre Lusitan | 25 novembre 2008
A LUSITAN
Cher lecteur, vous revoilà donc enfin, après des mois d'absence !
Vous savez, votre angélisme, fait plaisir à voir. Mais ne doutez pas que depuis toujours et dans tous les partis, les petites irrégularités lors d'élections internes sont fréquentes.
Le problème du PS est qu'ici le score est extrèmement serré : quelques dizaines de voix sur 130.000 votants (officiellement).
Quant à Delanoé, il a quitté le navire avant le 1er tour. Je ne vois pas pourquoi il devrait et surtout pourrait participer à une nouvelle élection, si celle-ci était décidée.
A vous relire.
Ecrit par : Philippe Dermagne | 25 novembre 2008
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