20 février 2009

Axel Kahn et l'ambiguïté

Chercheur généticien à l'INSERM parmi les plus réputés dans le monde et Président de l'Université Paris Descartes V depuis début 2008, Axel Kahn vient d'avoir une réaction épidermique qui traduit très précisément un mal français : la pensée unique.

ELYSEES 5.02.09 II.jpgA l'origine de l'incident, l'intervention de Nicolas Sarkozy le 5 février dernier. Il y déclare de façon anodine que l'homme de gauche qu'est Axel Kahn est favorable au décret sur la réforme du statut et de l'évaluation des chercheurs financés sur fonds publics. Ce qui est vrai.
Mais l'intéressé ne l'entend pas de cette oreille ! Il ne veut pas "être pris en otage, façon Besson" (SIC). Bien qu'elle fût le strict reflet de la réalité, il ne supporte pas l'annonce urbi et orbi de sa position par le Président de la République.
Motif invoqué pour son courroux : cela le met très mal à l'aise avec ses collègues qui désormais lui tournent le dos !

Kahn est une victime
Axel Kahn a toujours revendiqué sa liberté de pensée et son pragmatisme. Je me souviens de sa position sur les OGM (cf PS) ou encore de son bonheur d'accéder à la présidence de l'Université Paris V, où il envisageait la mise en œuvre de l'autonomie de gestion avec un enthousiasme non dissimulé.
AXEL KAHN 2.jpgSeulement voilà, la carriériste plus sournois que prévu qu'est Axel Kahn veut pouvoir naviguer dans les arcanes de la recherche universitaire, au point d'en négliger l'intérêt collectif.
Car de deux choses l'une ! Soit il est favorable à la réforme (ce qui était le cas) et l'incident Sarkozy ne méritait qu'une remarque, sans aller jusqu'à changer d'avis. Soit, il n'est pas favorable à la réforme et il le déclare sans entretenir l'ambiguïté parmi ses chers collègues.
Je ne vois pas d'autres postures possibles. Malgré tout son talent scientifique, Axel Kahn démontre ici qu'il est une victime de la pensée unique et du politiquement correct.
Dommage que cet homme de science et de bon sens nous fasse une poussée d'acné à la suite de l'intervention de Sarkozy, au point de changer radicalement d'avis. Aucun français n'avait retenu ce détail, sauf bien entendu ses " fameux collègues", soit quelques dizaines d'ayatollahs de la recherche, seuls maîtres du politiquement correct.

Eh bien Chers Amis, nous ne sommes pas sortis de l'auberge !


Post Scriptum
Un exemple qui illustre son caractère
Voilà ce qu'il disait* aux Faucheurs anti-OGM en octobre 2007 :
"Vous craignez deux choses, les effets nocifs des OGM et l’unilatéralisme de l’impérialisme américain ? ....mais vu qu’il y a aujourd’hui des OGM cultivés sur 110 millions d’hectares, 7 % des terres cultivées, et vu que, depuis 10 ans, 300 millions d’Américains mangent des OGM matin, midi et soir...ils vont sûrement tomber comme des mouches et le péril américain va disparaître. En réalité, sur le plan de la sécurité, il est peu d’innovations pour lesquelles on dispose d’une telle expérience, en l’occurrence des centaines de millions de personnes. Alors quand on nous dit qu’il faut regarder si l’on peut faire un essai sur trois hectares en France, c’est ridicule par rapport à la réalité du monde tel qu’il est."


*Source : interview sur le site futura-sciences.com

Commentaires

C'est une méprise totale sur Axel Kahn. Déjà,le présenter comme un chercheur parmi les plus réputés du monde est trompeur, Axel Kahn n'ayant qu'une très petite réputation à l'étranger, et qu'il doit essentiellement à des missions politiques. L'homme est avant tout un politique, et s'il surfe sur la pensée unique, c'est parce qu'elle sert son avidité de pouvoir. Il n'est donc pas une victime de la pensée unique, mais il a le cul entre deux chaises: ravi de retrouver un pouvoir accru à l'occasion de l'autonomie des universités, il ne pouvait pas cependant pas être caution de Sarkozy sous peine de voir se détricoter tout son réseau de pouvoir à gauche. Quant à ses positions, que ce soit sur la thérapie génique ou les OGM, elles ont toujours été au plus prêt de son intérêt, y compris quand son arbitrage en faveur de la culture OGM en tant que président de la CGB a été suivi de son embauche chez Rhône-Poulenc qui fabriquait des OGM. Mais son soutien médiatique, en partie lié à son positionnement à gauche, a permis de continuer à le présenter comme un expert en éthique!

Ecrit par : albert | 23 février 2009

Je suis de votre avis, mais n'est-ce pas entre les lignes de mon article lorsque j'analyse l'insoutenable ambiguité de sa position ?
Merci de me lire.

Ecrit par : Réponse à Albert | 24 février 2009

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