28 mars 2009

LA REVOLUTION SYNDICALE COMMENCE

SYNDICAT CGT.gifA la SNCF, la CGT vient de remporter la timbale ! Ce n'est pas une surprise, mais la nouvelle loi lui donne un pouvoir qu'elle n'avait pas avant.

Un pouvoir relatif plus élevé
En réduisant largement l'influence des petits syndicats et bien qu'ayant fait le même score qu'en 2006 (40%) la CGT se retrouve plus forte qu'avant.
Sauf alliance de la carpe et du lapin, les CGC, CFTC ou FO ne peuvent plus signer seul d'accord d'entreprise.
Didier LE RESTE CGT SNCF.jpgLe chef de la CGT SNCF Didier Le Reste règne désormais en maître à la table des négociations syndicales.
Avec Sud qui a obtenu 17,7% des suffrages, la SNCF se retrouve avec un bastion syndical communiste (57%) qui n'augure rien de bon pour la résolution rapide des futurs conflits.

Une majorité toujours minoritaire
En réduisant le nombre d'interlocuteurs syndicaux, la nouvelle loi d'août 2008 va dans le bon sens. Elle présente cependant une faiblesse.
Elle n'a pas trouvé le biais pour exiger des syndicats élus d'augmenter le nombre absolu de leurs syndiqués.
THIBAULT.jpgLa CGT, ou tout autre syndicat qui serait en position de force à la suite des élections, pourra imposer son point de vue dans une négociation, sans pour autant avoir rallié la majorité réelle des personnels concernés. Bernard Thibault peut être heureux.

Décidément, en matière syndicale, la Démocratie est un Graal !

Commentaires

Une réforme du syndicalisme s'impose :
Les pratiques syndicales doivent poursuivre leur mutation. Ceci suppose qu’ils se recentrent sur la vie au travail et sur les besoins de plus en plus individualisés des salariés mais aussi de ceux qui souhaitent travailler.
Les accords majoritaires : Les accords minoritaires ne portaient pas à conséquence tant que la règle en vigueur était qu'ils ne pouvaient être que favorables aux salariés. Mais aujourd'hui, c'est une logique de donnant-donnant qui s'est substituée.
La reconnaissance de représentativité : Les structures syndicales s'étant constituées récemment rencontrent des problèmes au quotidien du fait de leur non présomption de représentativité. La notion d’accords majoritaires exige de ne pas en rester à la présomption de représentativité des cinq « vieilles » centrales syndicales, mais de vérifier la représentativité réelle au niveau national et par branche professionnelle.
La question du financement des organisations syndicales : Le financement de l'activité syndicale doit être assuré essentiellement par les cotisations ce qui est le garant de l'indépendance de ces organisations. Cependant la puissance publique a un rôle :
- La participation des représentants syndicaux aux organismes paritaires doit donner lieu à une juste rémunération.
- il peut être judicieux de prévoir la mise en place d’un mode de financement public minimal transparent
- pour permettre la relance pérenne d'un syndicalisme de masse et sa modernisation, un plan de financement public transitoire favorisant l’activité syndicale pourra être décidé. Sa ventilation serait fondée sur le nombre de voix obtenues par les organisations lors des élections professionnelles et des élections prud’homales. Il viserait également à diversifier l’offre syndicale et serait conditionné à sa représentativité.

En contrepartie de ces financements mieux assurés, une responsabilisation accrue des syndicats doit être la règle, notamment financière, lors de débordements, dégradations, ou de blocages abusifs, notamment de services publics, ainsi qu’une transparence totale de leurs comptes.

Ecrit par : David-B | 29 mars 2009

J'apprécie toujours vos commentaires cher David. Vous avez raison de rappeler le problème des financements. C'est crucial.

Ecrit par : Ph. Dermagne | 30 mars 2009

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