19 octobre 2009
Jean Sarkozy, que faut-il penser de cette affaire ?
Pour un UMP docile, il serait confortable de ne rien en penser et encore plus de n'en rien dire ! Seulement, voilà...

Il n'est pas dans ma nature d'éviter un tel obstacle. Un jeune homme de 23 ans qui accède à la présidence d'un des organismes d'aménagement et d'urbanisme les plus importants du monde...dam voilà qui interpelle lourdement ! Immédiatement, trois questions se posent
1. Serait-il parvenu aussi rapidement à postuler à cette charge - rappelons qu'il n'est pas encore à la tête de l'EPAD - si son patronyme n'était pas Sarkozy ? Non ! C'est une évidence.
2. Nicolas Sarkozy, qui fait de La Défense l'un des points majeurs du futur Grand Paris, doit-il placer à sa tête un homme qui lui est acquis ? Oui, mais il aurait sans doute pu envisager une autre personnalité.
3. L'expérience de Jean est-elle suffisante pour prendre cette responsabilité ? Sans doute pas ! C'est la seconde évidence ! Mais est-ce le gage d'un échec annoncé ? Non ! Pas d'avantage. Alors ?....
Alors les choses ne s'arrêtent pas là !
D'abord au plan électoral.
Qu'on le veuille ou non, Jean est élu dans le respect le plus absolu des règles de notre République et de toute démocratie. Dans son canton de Neuilly d'abord, puis en tant que Chef de file de notre mouvement au Conseil Général.
A ce titre, il a parfaitement le droit de briguer la présidence de l'EPAD.
Certes, depuis le départ, son nom lui offre quelques atouts pour l'accélération de son parcours politique ! Mais finalement un fils ou un petit frère sont-ils condamnés à vivre dans l'anonymat au motif que leur père ou leur grand frère sont célèbres ? Aurions-nous préféré que Jean prenne un pseudonyme ? La donne serait-elle fondamentalement différente si Jean avait 30 ans ? Je ne le pense pas. Il se dirait toujours qu'il est le fils de son père !
Ensuite au plan humain.
D'accord, d'accord...il est difficile d'admettre qu'un jeune homme de 23 ans accède à cette responsabilité et ce, quels que soient son intelligence et son talent ; pourtant il n'en manque pas. Tous ceux qui l'ont approché en conviennent sans aucune réserve. Quel âge avait Bill Gates à la création de Microsoft ? Et les milliers de jeunes GI de 18 ou 20 ans mitraillés à Omaha Beach un matin de juin 1944. N'étaient-ils pas trop jeunes pour mourir ? Et les créateurs de Google ou du réseau social Facebook ou encore des français d'Ubisoft...etc, quel âge avaient-ils, sur quelle expérience pouvaient-ils se fonder pour agir, pour créer, pour avoir des idées ?
Alors, une fois passée la démangeaison collective qui nous fait croire ou penser..." qu'il est trop jeune !", il faut revenir au plan électoral : Jean Sarkozy est bel et bien un élu.
Au plan des compétences
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de faire une assimilation entre compétences-formation et intuition-bon sens. Combien de prétendus "grands experts", d'hommes ou de femmes très expérimentés nous ont fait prendre de mauvaises directions avec des désastres à la clé ?
La planète entière est en train de vivre une crise économique historique ! Qui en est à l'origine ? Qui est responsable de ce désastre planétaire ?
"...aujourd'hui, tous mes amis sont des bacs moins cinq ou moins sept...". Savez-vous qui a dit cela très récemment sur une radio ?...Jacques Attali. Un expert en ce domaine. Il illustrait le fait que les diplômes ne sont nullement une garantie de compétences et que nombre de surdiplômés ont déshonoré leur formation.
Sachons dépasser nos réactions de vieux primates au dos argentés. L'affaire est authentiquement frappante, mais aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années.
Puis, au plan politique.
C'est le terrain le plus difficile à défendre. Parce qu'il est le fils du Président, nous percevons la fulgurance de cette promotion comme anormale, voire dangereuse au plan politique.
Mais il faut aussi nous demander si l'histoire de notre République n'est pas marquée par des nominations élyséennes autrement plus scandaleuses, que le parcours démocratique de notre Jean Sarkozy. François Mitterrand, de tous, fut probablement le plus grand maître en la matière ! Je n'ai pas souvenir que la nomination et les agissements de Jean-Christophe Mitterrand en Afrique aient été à l'origine d'un tel déchainement médiatique ! Et pourtant, pour le coup c'était une nomination et un véritable fait du Prince ; l'on a ensuite vu quel désastre ce fut !
Rappelons-nous enfin, que l'affaire Jean Sarkozy présente une caractéristique...elle se fait au grand jour, sans complexe ni secrètes tractations.
Restons sereins !
Il va vite ! Le jeune homme a un père Président ! Certes ! Mais le garçon a du caractère et du talent à revendre. Pour faire taire les médias il suffirait d'une chose : que Jean lâche une toute petite phrase qui soulignerait, sur un sujet ou sur un autre, un certain désaccord avec son père. Une idée à creuser, en même temps que la proposition de Luc Chatel sur la non participation aux votes du Conseil de l'EPAD des membres de l'Etat.
Laissons à Jean Sarkozy cette chance de nous faire à tous gagner du temps. Et n'en doutez pas ! S'il défaille, la chute n'en serait que plus terrible...hélas pour lui, hélas pour son père et hélas pour nous tous.
Voilà pourquoi, j'estime qu'il faut tout faire pour l'aider dans sa mission, nous précisément...les Vieux Sages...pour ne pas dire autre chose !
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