14 octobre 2008

Un combat de Titan

L'Europe bat les USA par 1.700 Mds € à 1.000 Mds $

Nous y sommes ! Plus de 3.300 milliards de dollars pour le sauvetage au plan mondial, dont 2.300 pour l'Europe et 490 pour la France, soit à elle seule environ 15% des fonds mobilisables. Certes, j'additionne un peu les carottes et les pommes de terre, tous ces fonds n'étant pas tous de même nature, mais quand même !

FILLON LAGARDE.jpg
L'Europe aura donc su dégager les deux tiers du total des fonds ! Cela représente quand même le double de ce que les USA ont annoncé. Pas mal pour notre "vieille Europe" !
La conséquence la plus spectaculaire et immédiate est que l'Europe, unie politiquement, a su stopper la dégringolade boursière que n'a pas sue juguler l'Amérique.
Le monde accorderait-il plus sa confiance aux européens qu'aux américains ? Cela apparaît évident aujourd'hui. Mais attendons de voir les événements dans les semaines qui viennent. Il est fort peu probable que les indices retrouvent rapidement leur niveau de décembre 2007. Et nous assisterons dans les jours qui arrivent à quelques prises de bénéfices qui feront se calmer tout le monde.

La Gauche est incorrigible
HOLLANDE AYRAULT.jpgPendant ce temps là, le PS se demande s'il va accorder son aval à la politique financière du gouvernement. Il n'aura pas fallu longtemps pour que la zizanie politicienne regagne les bancs des élus socialistes au Parlement.

Une annonce risquée
Notre François Fillon qui annonce que les 360 Mds d'euros ne coûteront pas un sou aux contribuables, voilà qui fait bon effet ! Mais n'est-ce pas donner le bâton pour se faire battre un jour ?
Si tout se passe comme prévu, c'est vrai dans les montages adoptés et les principes retenus.
Mais cela sera probablement faux dans la réalité, d'une façon ou d'une autre.
Car rien ne se passe jamais comme prévu !

08 octobre 2008

LE TROU NOIR D'UN CAPITALISME DEVOYE

Ce matin, toutes les bourses de la planète continuent de s'effondrer de 5 à 10% et ce dès l'ouverture. Ce triste constat amène plusieurs remarques...

NYSE 4.jpg

Comme je l'écrivais hier, ce ne sont pas les montants des plans de sauvetage, ni l'implication des institutions bancaires et des états qui changeront quoi que ce soit à la défiance. C'est bien le principe lui-même de ces interventions qui détruit la philosophie libérale de l'ensemble du système.
Les interventions, bien qu'obligatoires eu égard aux circonstances immédiates, apparaissent contre nature.

1. Les politiques et les responsables des instances bancaires ne savent plus quoi faire. Ils tentent de calmer le jeu bien sûr; que pourraient-ils faire d'autre ! Nous pouvons craindre qu'ils soient impuissants face à l'emballement de la machine. Certes, l'abaissement des taux directeur serait une une bonne chose. Mais cela suffira-t-il à stopper définitivement l'hémorragie ?

2. Le paradoxe se confirme donc ! Tout le monde fait tout ce qu'il peut pour arrêter la panique. Mais les plans sont des bouées percées, lancées aux naufragés qui ne croient plus eux-mêmes à l'ancien système, dans lequel se placent finalement les tentatives de sauvetage. Il faut changer de logique bancaire, financière et boursière. Joli programme !

3. Les loups vont se ruer à bons prix sur les brebis malades. Un phénomène d'hyper concentration va se produire dans les banques et, à terme, dans toute l'économie réelle. Des actifs vont changer de mains à 10 ou 20% de leur valeur d'hier. Axa, par exemple, est intéressé par certains actifs d'AIG.

4. De fait, une nationalisation massive et mondiale du secteur bancaire est en route. Bien sûr, on nous annonce que cette situation est provisoire, le temps d'un retour à " meilleure fortune". Les différentes formes d'intervention seraient donc un jour annulées par un processus inverse de libéralisation ou de revente des actifs achetés. C'est sans doute exact, mais dans quels délais !

5. A ce jour et... à cette heure, la France n'a pas encore de dossier lourd qu'elle devrait assumer seule. Mieux, elle semblerait même avoir quelques ressources pour sauver les "petits copains" (ex.: BNP Paribas qui rachète en partie Fortis ou AXA qui lorgne sur une partie d'AIG). Y-a-t-il des chats noirs dans les tiroirs qui ne vont pas tarder à s'ouvrir ? L'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne...ont déjà leurs dossiers. La France pas encore ! Intéressant et bizarre !

6. Si cette crise est comparable par son ampleur (non dans ses origines) à celle des années 30, alors nous sommes bel et bien à l'aube d'une nouvelle Nouvelle Economie. Elle mettra des années à se mettre en place. Elle peut aussi engendrer des conflits nationaux et internationaux, dans lesquels la violence des armes pourrait bien intervenir. Nier une telle éventualité serait une erreur.

7. Il semble désormais hautement probable qu'Obama sera le prochain Président des Etats-Unis. McCain ne parviendra pas à se démarquer des errances politiques et économiques de son camp d'appartenance. Cette élection est de nature à créer un choc salutaire à l'ensemble du Monde. Je n'étais pas spécialement pro Obama, mais force est de constater que son arrivée serait effectivement un incroyable choc culturel. Celui que la planète attendait peut-être, sans le savoir vraiment.

Pour le démocrate libéral et social que je suis, il est très regrettable - le mot est faible - que le libéralisme économique ne se soit pas réveillé avant la catastrophe.
Il est pourtant le seul système viable pour l'Humanité, à condition bien sûr qu'il sache lui-même se policer, en évitant de s'écrouler sous son propre poids d'inconsciences et d'égoïsmes.

07 octobre 2008

LES BOURSES FOLLES !

Alors que tous les acteurs devraient être rassurés en constatant la capacité de réaction des états et des banques centrales, voilà qu’ils paniquent !
Bizarre ? Non, pas tant que cela !


Malgré le plan Paulson et les réactions européennes la confiance n’est toujours pas revenue. La morosité du moral boursier doit donc avoir une autre origine.
Question : l’interventionnisme des états n’inquiète-t-il pas les adeptes sans réserves d’un capitalisme libéral, qui assistent à l’écroulement d’un système dont ils ont usé et abusé ?
Si la réponse est oui, ce ne sont pas les montants des plans de sauvetage qui comptent, mais leur principe que réfute et rejette les maîtres de la planète finance, car il sonne le glas de leur paradis.

PS : A 17h30, les places boursières européennes semblaient être plutôt calmes. C'est déjà çà !

05 octobre 2008

Les USA, bonne ou mauvaise leçon !

WASHINGTON CAPITOL.jpgC'est fait ! Le sauvetage de 1.000 milliards de dollars a donc été accepté par le Congrès. Savoir si cela suffira à ramener la confiance n’est pas la question. D'ailleurs, qui pourrait le dire aujourd'hui ?

La stupéfiante réaction américaine repose sur trois mots .

. La puissance
Dès le départ, nos amis d’outre atlantique n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller. Il fut immédiatement question de quelques 1.000 milliards de dollars.
Pour fixer les esprits, ce trésor est à l’échelle de la dette d’un pays comme la France, ou encore du PNB de l’Espagne*, six fois celui du Portugal* et plus de dix fois celui de l’Egypte. Malgré leur situation de vulnérabilité, les USA sont toujours la seule nation de la planète à pouvoir monopoliser un tel montant en quelques jours.
La Chine, plus grande réserve monétaire mondiale en dollars, a-t-elle joué secrètement un rôle ? L'histroire le dira peut-être.

. La rapidité
Il n’aura fallu qu’à peine trois semaines et deux allers-retours entre le gouvernement et le Congrès pour mettre tout le monde d’accord ou presque. Dans ce genre de situation, la vitesse de réaction est évidemment essentielle à la réussite d’un plan de sauvetage.
Il y a encore de nombreux « points de détails » à résoudre pour la mise en œuvre de ce plan. Mais il faut souligner la flexibilité des institutions américaines qui ont su réagir au-delà de tout clivage politique.
Il est probable que ce séisme laissera de profondes cicatrices entre les Républicains et les Démocrates.
L’actualité économique n’avait jamais été aussi présente lors d'une campagne présidentielle. Chaque candidat a donné son avis en essayant d’en tirer avantage, mais ils ont tous les deux clairement accepté ce plan.
En de telles circonstances, j’entends déjà ce qu’aurait pu dire et faire la gauche française.

. Une apostasie économique
LINCOLN MEMORIAL WASH DC.jpgC’est sans doute l’aspect le plus spectaculaire. Aux USA, le non interventionnisme de l’état était l’un des piliers de leur mode de fonctionnement. Entre 1929 et 1933 par exemple, le gouvernement n’était pas intervenu. Seul le New Deal imaginé par Roosevelt à partir de 1933 commença à lutter timidement contre le crise qui perdurait.
Sans pour autant estimer que ce revirement dogmatique soit définitif, cet événement va sans doute réveiller les consciences d'un libéralisme échevelé.
Certes, il est un peu tard, mais pas trop tard. Même si nous allons tous payer leurs erreurs, force est de constater que les USA sont en partie et à la fois la maladie et le docteur.

Ni bonne, ni mauvaise leçon.
Ce plan de sauvetage est l’illustration d’un atout majeur de ce pays : son pragmatisme. Il vient de démontrer qu’il ne s’accroche pas désespérément à toutes les valeurs qui ont pourtant largement contribué à bâtir sa puissance. Cette remise en question se fait dans la douleur nationale, mais elle se fait !

Quand on voit les inerties de tous ordres qui ralentissent les réformes dans notre pays, nous devrions en prendre de la graine.
Peut-être !



* Source : Le Monde / Bilan du monde 2007

27 septembre 2008

USA, MANIPULATION GENETIQUE ?

WHITE HOUSE 2.jpgAlors que le Trésor, la FED, le gouvernement fédéral et même Obama et Mac Cain font tout ce qu'ils peuvent pour obtenir l'agrément du Congrès sur le financement de quelques 1.000 milliards de dollars, une question se pose : cette intervention étatique, si elle réussit, est-elle de nature à modifier les gènes du libéralisme américain, au point de tendre vers un socio-libéralisme à l'européenne ?

La réponse est aujourd'hui impossible à formuler, mais la simple formulation de la question interpelle.

Washington n'est pas l'Amérique
Pour y avoir vécu quelques temps, je crois bien connaître les Américains et leur relation avec la ville capitale qu'est Washington, siège du gouvernement fédéral.
Car là est le cœur de la méconnaissance que nous avons généralement des USA.
BUSH OBAMA CAIN 09 08 WHITE HOUSE.jpgLes Américains n'aiment pas Washington, cette ville lointaine toujours à mille lieues de leurs préoccupations quotidiennes.
Le principe même d'une fédération est de donner à chaque état une très forte indépendance en de nombreux domaines : justice, police, fiscalité, éducation...etc.
Décliné en France, c'est un peu comme si nos Régions pouvaient appliquer ou non la peine de mort, avoir leur propre police, leurs propres programmes éducatifs, décider seules de leur fiscalité ou encore imposer leur propre permis de conduire.
Une fois assimilée cette différence fondamentale, on peut commencer à comprendre ce que sont vraiment les Etats-Unis d'Amérique. Le Shérif - élu par les citoyens - est le maître du canton et lorsqu'une affaire policière nécessite l'intervention du FBI – instance fédérale – la rivalité commence. Vous savez...comme dans les films !

WASHINGTON CAPITOL.jpg
Washington assume les fonctions régaliennes comme par exemple la politique monétaire, la défense nationale et la politique internationale. Pour tout le reste, les décisions sont prises au niveau de chacun des cinquante états, de leur Gouverneur et de leur gouvernement espectif.

Good Bye America ? Rien n'est moins sûr !
Cette Terre n'est pas un continent, c'est une Idée ! On ne tue pas une Idée ! Celle des émigrés dans leur traversée océane, tous désespérés Declaration Independence.jpgmais tous armés du désir farouche de conquête de l'inconnu, tous exaltés en touchant le quai de leurs rêves à Ellis Island.
Depuis trois siècles, ils ont tous débarqué avec cette lumière dans le regard qui anéantit le déterminisme d'une vie misérable, avec cette force qui donne à chacun le droit d'être plus fort que l'autre, de se défendre seul et de ne compter que sur lui-même pour réussir. Cruel sans doute, mais tellement juste.
Non, John Wayne n'est pas mort avec le sauvetage de Freddie, Fanny, Lehmann et les autres !
Cet artéfact financier, révélateur de tant et tant de dysfonctionnements révoltants, est au contraire salvateur. Espérons qu'il soit l'occasion de purger les vices d'une Liberté dévoyée par la volonté perfide et la vanité cynique de quelques malfaisants tenant les écuries d'Augias.

Que le grand nettoyage commence !
NYSE 4.jpgLes 1.000 milliards de dollars ne sont que le premier acte. Ne se considérant pas comme coresponsable du désastre, l'Europe ne semble pas prête à payer une partie de la facture. Navrant !
C'est donc loin d'être fait. Très loin ! Si Washington y parvient seul, nous lui devrons une fière chandelle. Certes, les USA auront été à la fois la maladie et le docteur. Avons-nous pour autant le droit de les laisser tomber ? Certainement pas ! Qu'on le veuille ou non, notre bonheur dépend du leur, et inversement d'ailleurs !
Alors, c'est sûr, il va falloir réguler, ordonner, moraliser, "éthiqueter" les process financiers...etc. Faut-il y voir pour autant une manipulation génétique ? Je ne le pense pas.
Le peuple américain saura garder le cap. Il ne perdra jamais l'Idée fondatrice qui circule dans ses veines.

Liberté ! America....the land of opportunities ! " We, The People..." toujours !