07 novembre 2008
LE XXIème SIECLE VIENT DE COMMENCER
Depuis deux siècles, le calendrier ne colle pas exactement à l'actualité. L'Humanité manifeste un malin plaisir à prendre son temps, avant de commencer un nouveau chapitre.
Avec l'élection de Barack Obama, le fait se vérifie. Pour la troisième fois consécutive la clepsydre de l'Histoire n'est pas coordonnée à celle de nos montres à quartz.
Waterloo en 1815.
Cette défaite de Napoléon marque la véritable fin du XVIIIème siècle. Une coalition européenne se débarrasse du tyran qui rêvait de dominer le monde. A l'époque la France est plutôt arrogante.
Elle était la plus grande puissance économique et militaire du monde occidental.
Toute proportion gardée et avec des motivations différentes, elle ressemblait un peu aux USA d'aujourd'hui. La fin de Napoléon représente aussi l'ultime avatar de la Révolution de 1789, imaginée par les grands philosophes du siècle des Lumières que furent les Diderot, Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Kant...
C'est enfin la véritable naissance de notre République qui ne pense plus uniquement à faire la guerre à ses voisins. La Prusse en 1870 y pensera à sa place.
Traité de Versailles en 1919
Revanche de l'humiliation imposée par la Prusse à la France, suite à la désastreuse guerre de 1870, le Traité de Versailles porte en lui les gènes des drames du XXème siècle.
La guerre de 14-18 n'a de mondiale que le nom. Elle oppose toujours entre eux des pays rancuniers d'une Europe déchirée. Certes les Anglais, les Canadiens, les Américains et une partie de l'Europe (Belgique, Italie) sont venus se battre aux côtés des troupes Françaises - notamment des Africains et des Nord-africains - mais cette guerre est loin de toucher toute la planète. Ce sera la dernière guerre moyenâgeuse.
1919 marque le début d'une prodigieuse accélération des comportements au plan social, au plan économique, au plan technologique, avec les désastres qui accompagnent toujours les phases de mutations profondes. La guerre de 39-45 ne se fera pas à cheval, sabre au clair, mais avec des moyens qui sont finalement proches de ceux d'aujourd'hui. Issue d'un irénisme coupable, cette guerre est la première manifestation dramatique d'une mondialisation qui a germé dans l'esprit d'un malade mental, Hitler.
Tous les événements de la deuxième moitié du XXème siècle sont les conséquences directes ou indirectes du partage du monde dessiné à Yalta.
4 novembre 2008, la refondation américaine
Après la chute des soviets et du mur de Berlin, il fallait un autre traumatisme. La crise du libéralisme économique et l'arrivée de Barack Obama sont les deux paramètres qui manquaient à l'œuvre du XXème siècle.
Depuis 1945, les Etats-Unis avaient définitivement affirmé leur domination au reste du monde. Cette mondialisation, ils ont su l'accélérer. Les worldwide companies américaines dominaient, protégées par une puissance militaire sans rival. Sûrs de ses forces, un pays impose ses valeurs et ses systèmes, jusqu'à trop irriter, jusqu'à générer des tensions incontrôlables, jusqu'à l'aveuglement. L'ère W.Bush en fut le paroxysme. Portée par une insondable méconnaissance de l'évolution du monde, sa gestion du terrorisme et le terrorisme lui-même ont fini de mettre le feu aux poudres.
Le XXème siècle, avec ses miracles, ses violences et son outrance vient de mourir. Il n'a été qu'un vaste chantier d'exposition des nouveaux problèmes générés par l'électricité, par l'atome, par la communication, par l'informatique...bref par le génie humain dont les locomotives du Nord ont globalement oublié les wagons du Sud.
Les femmes et les hommes qui géreront le siècle qui commence ont une grande mission : protéger l'Humanité contre elle-même.
18:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, élections américaines, international, politique
06 novembre 2008
LE ROLE D'HOLLYWOOD
Quarante années après son assassinat, il faut laisser à Martin Luther King la place cruciale qu'il occupe, fondation de l'avénement de Barack Obama. Payer de sa vie la défense d'une idée, en étant l'initiateur d'une révolution, est hélas trop souvent le passage obligé de tout destin légendaire. De là-haut, espérons que ce Pasteur voit ce qui vient de se passer.
D'autres, après lui, ont pris le relais...
Parmi ces relais, le cinéma et la télévision.
L'élection d'Obama rappelle la série 24 Heures avec le Président Palmer. Nous aurons avant longtemps des enquêtes et des analyses piochées sur le rôle d'Hollywood dans l'élection américaine et dans la politique du pays.
A 4h50 heures du matin dans la nuit de mardi à mercredi, je n'ai évidemment pas été le seul à penser à cette célèbre série TV.

Le cinéma US est omniprésent dans la diffusion de l'esprit américain
Ce n'est pas une révélation ! Mais nous sous-estimons le côté réfléchi et organisé des producteurs et réalisateurs américains. Il est en effet
fréquent que l'industrie ou l'état américains cofinancent des productions, directement ou indirectement.
Les films d'aventure vantant l'Amérique qui sauve le monde sont légion.
Quant un astéroïde menace la planète, c'est Bruce Willis dans Armageddon qui s'y colle, aidé en cela par les plus éminents ingénieurs de la Nasa.
Lorsque ce sont des extraterrestres qui débarquent dans Independance Day, c'est le Président lui-même et Will Smith qui sauvent le monde, avec l'assistance des conseillers de l'Armée US qui met tous ses moyens logistiques à la disposition de la production.
Quant un porte-avion traverse l'espace temps dans une tempête magnétique (Nimitz), c'est Kirk Douglas qui, se retrouvant au-dessus de Pearl Harbor en décembre 1941 au moment
de l'attaque japonaise , a la sagesse de ne pas intervenir avec une escadrille de F16 et F15 de dernière génération.
Quand enfin, d'autres extraterrestres sont chassés dans "Men in Black", ce sont encore les USA qui veillent et Will Smith est toujours là pour sauver l'Humanité.
Des stars noires, un phénomène relativement récent
Il y a longtemps que le jazz et le rock-pop ont des vedettes noires. Mais il y a une vingtaine d'années, sauf exception, aucun acteur noir
américain n'occupait la tête d'affiche au cinéma. Ce n'est plus le cas, loin s'en faut.
En 2001, la série TV "24 Heures" a consacré le phénomène. Elle est sans conteste la production qui est allée au bout de ce qui était, jusqu'à hier,
encore une fiction : un Noir Président des Etats-Unis.
L'éclosion de nombreuses stars noires a indéniablement contribué à faire progresser l'idée d'une intégration réelle et totale. C'est tant mieux.
Un petit jeu, une fois n'est pas coutume !
Voici les photos de ces grands acteurs ou actrices américains que le monde entier connaît. C'est un petit jeu; à vous de mettre un nom sur chaque visage (voir en dessous liste complète dans le désordre).
























Et maintenant, voici tous les noms !
Angela Bassett, Andre Benjamin, , Denzel Washington, Halle Berry, Wesley Snipes, Jada Pinkett-Smith, Don Cheadle, Gary Dourdan, Charles S. Ditton, Jamie Foxx, Morgan Freeman, Will Smith, Whoopi Golberg, Samuel L. Jackson, Queen Latifah, Martin Lawrence, Nia Long, Eddy Murphy, Mekhi Phifer, Sidney Poitier, Chris Rock, Chris Tucker, Danny Glover, Dennis Haysbert.
Epilogue
Sans du tout développer la moindre vanité, je vais finir par me demander si quelques cou-cou journalistes ne viendraient pas puiser quelques unes de leurs idées dans mes articles.
Evidemment l'actualité avance à la vitesse de la lumière; il est donc impossible de s'attribuer la paternité d'une idée, d'une comparaison ou d'un raisonnement. Mais rédiger quelques lignes sur un sujet ou imaginer une formule, ne serait-ce que 12 ou 24 heures avant les autres, me permettrait, vainement, d'en revendiquer les droits d'auteur. J'ai évidemment quelques exemples en tête, que ma modestie native m'empêche de rappeler ici ! Hum !
16:12 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : élections américaines, politique, usa
04 novembre 2008
"D" DAY
L'affaire semble donc entendue ! Personnellement, je m'apprête à passer une longue nuit de mardi à mercredi à regarder les chaines US en direct et à écouter les radios françaises qui pratiquement toutes font une nuit "Spécial Election".
Etant pro Obama - comme une majorité de Français, UMP incluse – vous devez vous douter que je serais particulièrement déçu si les sondages étaient contredits. Déçu pour les USA, déçu pour le Monde, déçu pour la Paix.

Les raisons de mon choix et probablement d'une majorité de Français
Ce n'est pas parce que McCain me déplaît, où qu'on peut l'estimer trop vieux pour assumer une telle charge. C'est assez vrai, mais cet homme fait preuve d'une exceptionnelle vitalité. Ce n'est pas non plus par ce qu'il mettrait en oeuvre la même politique que W.Bush; il a tenté en vain de s'en démarquer avec de réelles différences. Ce n'est par ce que le programme d'Obama me semble plus pertinent que celui de McCain; il m'apparaît même sur certains points relativement naïfs ou dangereux. C'est encore moins, vous vous en doutez, parce qu'il est peut-être plus socialiste qu'on ne peut le penser.
J'ai en réalité trois convictions déjà en partie exprimées dans mon article du 31 octobre :
1. La socialisation rampante des USA n'est pas pour demain, même si Barack Obama la souhaitait secrètement. La Court Suprême, dont sept membres sur neuf ont été nommés par des Présidents Républicains, jouera les Cerbères du libéralisme made in USA qui perdurera.

2. L'avènement d'Obama, pour tout ce qu'il représente, est au contraire une nouvelle preuve de la réalité du rêve américain, que précisément j'apprécie au-delà de tout dans ce pays.
3. L'image des Etats-Unis dans le monde est arrivée à un tel niveau de dégradation, qu'il faut un choc que seul Obama peut incarner. Cette dégradation est sans doute partiellement injuste, mais elle est un fait indéniable.
Alors, au-delà des opinions politiques...
... au-delà des qualités ou des défauts intrinsèques d'Obama et de son programme, il sera d'abord Américain. En clair, nous pouvons être convaincus que si les Etats-Unis devaient être à nouveau lourdement menacés ou attaqués, façon 11 septembre, cet homme n'hésitera pas un seul instant à envoyer les Boys là où il les jugera utiles à la défense de la Nation. Nous pouvons être tout aussi convaincus que l'Iran sera autant exposé à des frappes chirurgicales ou massives, si jamais ce pays parvenait à mettre au point ses fusées à têtes nucléaires.
Obama a fait beaucoup de promesses durant cette campagne, mais lorsqu'il sera rattrapé par les réalités du pouvoir....non, décidément, les Soviets ne sont pas prêts de conquérir Washington.
Trois remarques avant cette longue nuit...
- Je n'ai pas souvenir que l'opinion des Français ait été si favorable à un candidat aux élections présidentielles américaines, sauf peut-être pour JFK en 1960. Je n'avais que dix ans, mais je me souviens que la France aimait JKK et sa femme d'origine française. Je me souviens aussi très bien de l'accueil chaleureux des Français lors de la réception officielle réservée par Charles De Gaulle à ce couple mythique.
- Le véritable plébiscite des Européens pour Obama en dit long sur leur opinion et leur lassitude du règne du Républicain W.Bush pendant huit ans.
- Les Européens ont toujours souri du faible taux de participation du peuple américain à cette élection. Si les sondages sont exacts, ce taux atteindra un niveau supérieur à 70%, ce qui serait un record dont les USA pourront être fiers.
Le peuple américain démontrerait ainsi que sa conscience politique n'a rien à envier à celle de nos vieilles démocraties européennes. Nous devons tous nous en réjouir.
Formons le voeu que ce 4 novembre 2008 soit un nouveau "D" Day pour le Monde qui doit écraser le terrorisme religieux, ce nouvel axe du Mal.
Mais contrairement à la Normandie en juin 44, ce n'est pas toujours avec les armes que nous pourrons l'anéantir. C'est ce que W.Bush et son administration n'ont finalement jamais compris.
On peut espérer de la part d'Obama plus de finesse et de discernement.
17:18 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : élections américaines, politique, usa
31 octobre 2008
LES USA SONT-ILS EN PHASE DE METAMORPHOSE ?
A J-4 des élections américaines, toutes les rédactions font le déplacement. Washington s'apprête à accueillir des milliers de journalistes et envoyés spéciaux venus du monde entier. Allons-nous assister en direct live à l'évènement le plus important de ce début du XXIème siècle ?

Il est probable que tous ces atouts se seraient avérés insuffisants si la crise n'était pas passée par là. Tout le monde semble aussi d'accord sur ce point.
Appartenant au camp auquel les Américains attribuent - à tort - toute la responsabilité de la dépression, McCain ne pouvait qu'en être la victime au plan électoral. Sa campagne n'a pas été un modèle du genre, bien qu'il n'ait pas démérité. En avril ou mai, son avance était encore confortable. Au moment où il sortît de son chapeau Sarah Palin comme Vice-présidente, ce choix apparaissait comme pertinent et de nature à lui offrir un avantage décisif sur son adversaire démocrate. Elle lui apportait la jeunesse qu'il n'a pas et ce ne sont pas les frasques vestimentaires du Gouverneur de l'Alaska qui auraient fait perdre les élections à John McCain.
Métamorphose ou simple évolution ?
Ce peuple est-il en train d'imposer une métamorphose, impensable il y a encore une vingtaine d'années ? Très franchement, je ne le crois pas. Il y a longtemps que des Noirs occupent des fonctions importantes au sein des gouvernements et des instances US, sans que cela ait soulevé le moindre problème.
Nous connaissons tous Condoleezza Rice ou Colin Powell, mais un autre Noir occupe une fonction autrement plus symbolique : Clarence Thomas par exemple (nommé par Bush père en 1991) est membre de la Court Suprême des Etats-Unis, la plus haute instance de justice sans réelle équivalence dans notre République.
Cette Court Suprême est en réalité au cœur de notre sujet. Elle est la garante des Institutions américaines, notamment de la Constitution, porteuse du Rêve de la Nation, La Liberté, avec ses atouts et ses tares ! Sur les 9 Membres élus à vie, sept dont le Président ont été nommés par des Présidents Républicains. La Court Suprême américaine n'appartient pas à un camp, Démocrate ou Républicain; elle appartient à la Nation et au peuple. Mais le profil général de ses membres lui donne malgré tout une orientation générale au plan politique. Il me semble impossible qu'Obama, peut-être plus à gauche qu'on ne le pense, puisse faire pencher les USA dans un socialisme rampant. La Court Suprême veille.
Si le Démocrate Obama est dans quatre jours le 44ème Président, il l'aura emporté par ce que le peuple américain aura manifesté un désir de changement que la crise ne fait qu'amplifier.
Comment mieux incarner la volonté de changement en portant un Noir à la Maison Blanche ?
Mais Barack Obama sera américain d'abord et démocrate ensuite. Un exemple : si jamais les USA se sentaient menacés ou étaient attaqués façon 11 septembre, il enverra de la même façon les Boys là où il estimera bon de les envoyer.
Il n'y a donc, de mon point de vue, aucune métamorphose intérieure, mais le simple aboutissement d'une longue évolution commencée avec un certain Martin Luther King, assassiné en avril 1968.
Il est pourtant certain que le monde verra les Etats-Unis d'un autre œil....un certain temps...le temps qu'Obama soit rattrapé par les réalités du pouvoir.
10:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : international, politique, élections américaines

