27 février 2009
Vente YSL-Bergé, amusons-nous !
Invoquant la crise et la souffrance de nombreux français, certains se révoltent contre le montant total atteint par cette vente aux enchères. C'est absurde. Cela offre à Paris l'opportunité de redevenir une place mondiale sur le marché de l'art. C'est le seul point positif, car d'autres aspects de cette opération sont beaucoup plus gênants, voire troublants.

. Coeur à gauche, portefeuille à droite.
Oh! il n'existe heureusement aucune loi qui interdit d'être richissime et socialiste à la fois. Mais au plan moral il est permis de remettre en cause la valeur de l'opération.
"J'critique pas l'côté gag, mais côté fairplay, y'a à revoir" aurait dit Audiard.
A moins que Pierre Bergé n'annonce qu'il lègue cet argent à des oeuvres sociales ou humanitaires, je ne vois pas très bien comment, à la suite d'une telle vente, il pourrait justifier sa position d'homme au grand coeur. Dans le registre consacrant le désintéressement, il existait pourtant une autre solution, par exemple, faire don de cette collection aux musées nationaux. . Des explications douteuses.
Je n'ai pas entendu une seule fois Pierre Bergé expliquer de façon crédible et clairement les raisons de cette opération. "Depuis qu'Yves Saint-Laurent a disparu, cette collection n'avait plus de sens" affirme-t-il ! C'est un peu court jeune homme ! C'est nous prendre pour des benêts que de vouloir nous faire croire à une telle sornette !
. Certaines pièces étaient volées.
Ce n'est pas Bergé le voleur assurément ! Mais il est officiellement admis que les deux bronzes chinois ont bel et bien été volés en 1860/1870 en Chine. Comment est-ce possible ? Détricoter l'historique au plan juridique de ces statuettes est une illusion. En droit pourtant, cela porte un nom : recel d'objet volé. Acheter un objet en ignorant, même en toute bonne foi, qu'il est volé est non seulement répréhensible, mais en fait perdre la propriété. Enfin, cette opération est contraire à toutes les règles et conventions internationales.
. Vouloir sauver les apparences
Monsieur Bergé a annoncé qu'il restituerait les deux bronzes si la Chine respectait les droits de l'homme. Voyant grimper les enchères à 28 millions d'euros, le collectionneur a rapidement perdu ses scrupules sur la moralité de l'opération. Belle hypocrisie qui n'a fait bondir personne.
Mais pourquoi donc avoir vendu !
Des trois ou quatre points ci-dessus, il est permis d'imaginer une hypothèse : Pierre Bergé avait en réalité besoin de cet argent. Non pour vivre bien sûr; c'est un businessman avisé ayant de nombreuses sources de revenus, issus d'activités a priori saines et rentables.
"...je fais ce que je veux de mon argent..." déclare-t-il. C'est son droit le plus absolu.
Mais alors à quoi va servir cet argent ? Investir dans ses affaires, oui sans doute en partie. Commencer une autre collection, pourquoi pas !Connaissant son engagement politique et son goût du mécénat, il me vient une idée folle et saugrenue ! Et si cet argent était en partie destiné à la création d'un parti politique ! Seulement 10% des 375 millions constituent un joli budget de fonctionnement et rien n'interdit à une personne physique de donner sans limite.
Questions : qui parmi les personnalités de notre paysage politique a besoin de fonds ? Qui a une ambition ? Qui croit avoir un destin national ? Qui ne peut plus compter sur les fonds d'un parti existant ?
Je vous laisse trouver les réponses à ces questions. On peut s'amuser, non ?
Que voulez-vous, j'attribue toujours des intentions fourbes aux milliardaires communistes ou assimilés.
09:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bergé

