13 avril 2009
AFRIQUE, MALHEUREUSE AFRIQUE
Ces régimes qui assassinent leur peuple
L'exemple du Congo est symptomatique du mal qui ronge une grande partie des états africains. Ce petit pays pourrait être la Suisse de l'Afrique équatoriale.
Un pays riche...
Avec une forêt et de l'eau, une agriculture et une cote exploitable pour le tourisme, du pétrole et du minerai et enfin, avec un port qui fut l'un des grands points d'entrée de toute l'Afrique de l'ouest, le Congo avait tout pour réussir. Au lieu de cela, les régimes qui se succèdent depuis quarante années prennent bien soin de cantonner leur peuple dans la misère. La nature comptable ayant horreur du vide, ce passif humain se transforme en actif patrimonial : propriétés somptueuses et comptes en banques bien fournis en Europe et dans le monde.
...dans des mains sans scrupules
Ayant quelque raison de bien connaître l'histoire depuis 1990, la démocratie et la prospérité n'ont jamais été l'objectif des Présidents Sassou-Nguesso ou Lissouba (Président "élu" en 92 et renversé en 97).
Coups d'état permanents, assassinats politiques, milices personnelles, pressions, détournements divers et corruptions sont le seul lot de ce pays à la dérive.
L'Occident, qui n'est pas étranger à cette situation, ferme les yeux, la France en tête. Passées quelques opérations nous permettant de nous donner bonne conscience, le grand secret se trouve du côté de Total, ou plutôt historiquement du coté de la société Elf.
Ceci n'est pas un scoop, mais récemment l'affaire de la maison du Vésinet de Sassou-Nguesso(ci-dessus), ou les démêlés judicaires d'Omar Bongo (Gabon) ravivent le sujet.
Au nom des intérêts français
Depuis cinquante ans dans cette contrée du monde, la seule chose qui compte pour la France est la préservation de ses intérêts pétroliers. Tous les pays adoptent cette posture, Chine incluse.
Peu importe le régime en place, du moment que celui-ci s'engagent à protéger nos actifs locaux, en échange de générosités en tout genre.
Il fut même un temps où la position du pétrolier semblait pratiquement hors du contrôle de l'état français. Obéissant à un réseau de décisions mystérieux et secret, notre politique africaine avait un bras armé, Elf, sans aucune autre préoccupation que la sortie constante et la sécurisation de l'or noir.
Parions que la politique de Total aujourd'hui perpétue la tradition, y compris au Gabon, beaucoup plus riche encore en pétrole off shore que le Congo.
Ce que je ne parviens pas à comprendre
La protection de nos intérêts est légitime. Mais pourquoi accepter de fermer les yeux sur les agissements de ces dictateurs et présidents à vie qui comptent parmi les plus grandes fortunes personnelles de la planète ?
En échange de notre permissivité politique et même financière, pourquoi ne pas imposer la construction de routes, d'écoles, un vrai système de santé, des hôpitaux...etc ?
En un demi-siècle que de chemin et de progrès auraient été faits !
Angélisme, pas si sûr !
Les peuples de nombreux pays africains sont la source intarissable d'une émigration massive dans nos démocraties. Tout le monde sait que la réduction de ses flux passe par la croissance des pays africains qui viendrait considérablement réduire cette pulsion migratoire. Dans ces conditions, pourquoi en arriver à supporter ces régimes politiques qui ne font rien ou si peu pour tirer leur peuple vers le haut ?
C'est un des grands paramètres du déséquilibre Nord Sud.
Je n'ai pas lu une seule ligne sur ce point crucial et sensible dans les comptes-rendus du G20.
En complément des listes des paradis fiscaux, j'aurais apprécié de voir des listes noires et rouges des pays où la corruption est élevée au rang d'institution.
Les amoureux de l'Afrique
En France, nous avons deux personnalités qui rêvent de voir l'Afrique reprendre son destin en main : Erik Orsenna et Denis Tillinac. L'un plutôt de gauche, l'autre plutôt de droite, ils ont la passion africaine dans leurs gènes. Leurs sangs sont afro-compatibles !
Se retrouvant sur ce terrain, ils œuvrent parfois même parfois ensemble pour sortir ce continent de l'ornière.
Que ne les écoutons pas d'avantage !
Au moment où une nouvelle gouvernance mondiale est au coeur des débats, il serait temps d'avoir le courage de traiter cette lèpre qu'est la corruption et la cupidité de certains rois africains.
NB : Tillinac vient de sortir "Rue Corneille" (Ed. La Table ronde); je vous le recommande.
13:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique étrangère, afrique, congo, gabon, tillinac, orsenna

