06 avril 2009

L'état de droit vacille !

Avant même que le phénomène ne prenne une certaine ampleur, je l'écrivais déjà le 26 mars dernier : les séquestrations se banalisent.

LAGARDE 04.09.jpgCe que nous pouvions craindre est en train de se produire. Les déclarations de Christine Lagarde ou de Xavier Bertrand n'y changent rien, l'ensemble de la classe politique est beaucoup trop discrète sur la condamnation de ce type d'actions.
De droite ou de gauche, les positions sont timorées, c'est le moins que l'on puisse dire. Oh ! bien sûr, nous entendons quelques réactions d'ici delà, mais la pusillanimité demeure la règle générale.
Les leaders syndicaux CGT ou Sud s'en réjouissent; une Ségolène Royal en arrive même, certes entre les lignes, à donner raison aux preneurs d'otages. Elle n'est pas la seule parmi les politiques. Le populisme a des limites qu'il est très dangereux de franchir pour la démocratie.

Ne pas banaliser la banalisation.
La séquestration est un acte d'une extrême gravité. Comme pour enfoncer le clou une seconde fois, j'ai le sentiment de prêcher dans le désert lorsque je m'insurge "dans les diners" contre cette situation. Je constate une espèce de résignation qui est dramatique.
De surcroît, dans les processus confidentiels de "remise en liberté" des patrons et cadres séquestrés, nous pouvons être certains que les geôliers imposent parfois une condition : ne pas être poursuivis.
Faut-il rappeler que la prise d'otage est l'un des crimes les plus lourds prévus au code pénal, avec des années et des années de prison ferme à la clé.
Les lois de notre République sont donc bafouées...officiellement. L'état ne réagit pas vraiment au plan judiciaire (il le pourrait) et aucun patron ne portera plainte de peur de nouvelles représailles syndicales.

Dans ces conditions, tout devient permis ! D'ailleurs, c'est décidé, demain je séquestre mon boucher, le temps qu'il m'explique pourquoi il vend sa côte de boeuf si chère !

Avec un tel laxisme, qu'on le veuille ou non, l'état de droit qu'est la France prend l'eau.

05 décembre 2008

ELECTION PRUD'HOMALE : UN DESASTRE CIVIQUE, POLITIQUE ET ECONOMIQUE

Avec plus de 70% d'abstentions, ces élections et leurs résultats démontrent que les Français n'ont aucune idée de leurs conséquences sur l'emploi. Navrant !

SYNDICAT CGT.gifParamètre crucial de la fluidité de l'emploi, les tribunaux prud'homaux se retrouvent plus que jamais sous la coupe de la CGT et des collectivistes forcenés. Côté patronal, les listes soutenues par le Medef perdent 7%, au profit des employeurs de l'économie sociale.

Pourquoi c'est grave
Aucune loi ne peut imposer à un chef d'entreprise d'embaucher. Seules les règles de bon sens de l'économie peuvent l'y pousser. Je ne connais pas de patron qui n'embauche pas lorsque son activité l'impose, sauf à se dire :
" il est tellement difficile et cher de licencier, avec une probabilité élevée de Prud'homme, que je préfère demander à mes salariés actuels d'en faire plus".
96% des entreprises ont moins de 49 salariés, et 84% moins de 9. Inutile de sortir de l'ENA pour en conclure que l'essentiel du gisement de l'emploi, chacun le sait depuis toujours, se trouve dans les TPE et les PME. C'est arithmétique.
Sur le 1,2 million d'entreprises* ayant au moins 1 salarié, il suffirait que 50% d'entre elles embauchent 0,5 à 0,8 salarié chacune (en moyenne bien sûr !) pour que le taux de chômage redescende entre 6,0 et 6,8%. Elémentaire mon Cher Watson !

Seulement voilà !
Les patrons de TPE et de PME sont tellement assurés de perdre dans 80% des cas devant un tribunal prud'homal qu'il n'embauche pas ou peu.

Ils auront beau avoir respecté toutes la législation entourant un licenciement, ils se savent très exposés à devoir verser des indemnités complémentaires.
Il n'est pourtant pas difficile de comprendre et d'admettre que plus une entreprise débauche aisément, plus elle embauche rapidement, rendant plus fluide un marché de l'emploi aujourd'hui mécaniquement sclérosé.
THIBAULT BERNARD JUIN07.jpg

















Cela ne va pas s'arranger avec la CGT plus que jamais aux manettes (33,6% des suffrages**). Avec ses fondations dogmatiques d'extrême gauche, sa soif de justice se limite à une posture strictement politique, avec les chefs d'entreprise comme ennemi n°1 ! Ils vont se régaler dans les litiges opposant employeurs et salariés.

Laisser la parole de la rue aux syndicats n'est déjà jamais bon. Laisser le champ libre à la CGT sur la justice prud'homale est pire encore. Elle bloque cette indispensable fluidité de l'emploi. ".... se préparer dans les semaines à venir à une mobilisation importante des salariés" a immédiatement déclaré Bernard Thibault.
Mais cette situation n'est finalement que l'une des conséquences de l'absence d'une opposition de gouvernement intelligente. Le PS est au fond du trou.
Nous pouvons sans doute nous en réjouir car les réformes avancent, mais à moyen terme ce n'est pas satisfaisant pour notre Démocratie.


Sources INSEE
* Sur les 2,9 millions d'entreprises en France, 1,7 million n'ont aucun salarié
** Avec ces 33,6% des suffrages, la CGT dominera les Tribunaux Prud'homaux, alors que ses électeurs ne représentent que 7% de l'ensemble des travailleurs salariés français.