03 novembre 2008

20.000 MILLIARDS SOUS LES MERS...

NYSE 3.jpg
Depuis un an environ, la valorisation boursière a donc perdu quelques 20.000 milliards de dollars ! 20.000 milliards !....

Nous avons tous quelques difficultés à imaginer ce que représente un tel montant ! Le seul moyen pour y parvenir, et encore, est d'établir quelques comparaisons :
- Environ un tiers des 65.000 milliards du PIB mondial.
- 133% du PIB de l'Union Européenne
- Les PIB réunis de : Inde, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, France, Brésil, Italie, Espagne, Mexique, Canada, Corée du Sud.
- Environ 10 fois notre PIB national
AIRBUS A 380.jpg- Plus de 61.000 Airbus A380
- Quelques 1,3 milliard de voitures Smart Fortwo
SMART.jpg....Non ! Décidément, même avec ce type de comparaisons, avoir la conscience de ce que sont 20.000 milliards de dollars dépasse l'imagination. En tout cas, la mienne !

Où est passé cet argent ?
En gros....nul part ! Evaporé, disparu, volatilisé ! Ces 20.000 milliards, réellement sortis des poches de tous ceux qui avaient placé leur argent en actions, ne sont pas allés dans les poches de spéculateurs sans scrupules. Ceux-là avaient déjà pris leur bénéfice, bien avant. Aujourd'hui, ces 20.000 milliards sont des lignes rouges dans les comptes, des chiffres virtuels de fonds sans fond et évanescents qui ont intégralement disparu, à jamais. Sacrée bulle !
Mais était-ce vraiment de l'argent ? Pour les acheteurs, assurément ! Fruit de leur travail, petites économies accumulées durant des années... mais cela s'avère être un marché de dupes....de l'argent sonnant et trébuchant contre du vent. Nous ne sommes pas très éloignés du concept de l'escroquerie de niveau planétaire.
Cela étant, les principes comptables ne connaissant pas le vide, ces 20.000 milliards de dollars ont, à un moment donné, bel et bien été dans les poches de ceux qui vendaient du vent. Avec cet argent, ils ont acheté des entreprises, de l'immobilier partout dans le monde; ils ont investi un peu partout. Cet argent réel, leur a permis de s'enrichir d'une façon ou d'une autre. Ils ont évidemment quelques pertes aujourd'hui...pas grand chose eu égard à ce qu'ils ont accumulé.
Cette crise n'est en réalité qu'un gigantesque tour de passe-passe, orchestré par de véritables bandits dont le machiavélisme cupide et la vanité ou l'inconscience ont déjoué nos systèmes.
"Je te vends des actions contre ton bel argent, que je fais fructifier pour mon compte et quand les actions s'écrouleront, toi tu auras tout perdu mais moi, j'aurai investi pour mon seul profit".
C'est un véritable crime contre l'humanité, en ce sens que cette crise met en péril le seul système politique et économique capable de créer une véritable richesse collective, sans museler la liberté de chacun.

20000 LIEUES SOUS LES MERS.jpgVoilà précisément la machine infernale que la nouvelle gouvernance du monde financier et les états doivent détruire. Je propose que la refondation du système capitaliste et libéral porte un nom : le Nautilus Act.

17 octobre 2008

La crise ! Quelle chance !

Ségolène Royal qui y voit une formidable opportunité pour la Gauche, en oubliant que son système de pensée a lui aussi fait faillite mille fois.
Aude de Thuin, Présidente du Women's Forum à Deauville, qui déclare "Messieurs, vous ne pourrez rien faire sans nous", estimant qu'il est donc grand temps que les femmes interviennent plus dans la gouvernance des entreprises.
Olivier Besancenot qui croit voir enfin se rapprocher le "Grand Jour", où il pendra les capitalistes avec l'assassin Drouillan comme bourreau.
Tous ces Chevaliers Blancs ou Noirs qui clament " je vous l'avais bien dit !" ou qui surfent sur la vague de façon trop rapidement opportuniste, oui tous ceux-là m'indisposent.

C'est sûr, il faut réagir !
Cette crise doit réveiller la conscience d'un système largement perfectible, qui a sans doute laissé trop le pouvoir à la vanité, à la spéculation et à l'égoïsme.
Mais il demeure le seul, qu'on le veuille ou non, à savoir créer de la richesse sans pour autant créer des goulags.
Il est le seul à laisser à chacun la liberté de parole, cette Parole qui est le propre et la grandeur de l'Humanité par rapport au reste du Vivant.
Il est aussi le seul à savoir finalement se remettre en question - nous le constatons en ce moment dans la douleur - contrairement au collectivisme toujours sûr de son immuable Vérité, qui pense pouvoir faire notre bonheur malgré nous.
Il faut inoculer au capitalisme les bons gènes qu'il n'a pas, ou qu'il n'a plus. Cette refondation est effectivement urgente à Bretton Woods ou ailleurs ! Pour avoir trop longtemps pensé que la crise de 29 pouvait être réglée financièrement, le monde a généré le seconde guerre mondiale.
Il faut modifier en profondeur les règles de fonctionnement des états et de gouvernance des "worldwide companies"...J'écrivais il y a quelques jours qu'il fallait " éthiqueter" le capitalisme. Bien sûr, bien sûr !
Mais il y a une chose qu'il ne faut surtout pas faire, c'est croire qu'il est moribond en l'abandonnant à son sort. Son histoire est jalonnée de crises, de doutes et de soubresauts, parfois violents.
Mais c'est dans sa nature. C'est ainsi qu'il avance au fil du temps.

Cette terrible crise est effectivement une chance. Pour le capitalisme lui-même ! Un nouveau capitalisme bien entendu !

14 octobre 2008

Un combat de Titan

L'Europe bat les USA par 1.700 Mds € à 1.000 Mds $

Nous y sommes ! Plus de 3.300 milliards de dollars pour le sauvetage au plan mondial, dont 2.300 pour l'Europe et 490 pour la France, soit à elle seule environ 15% des fonds mobilisables. Certes, j'additionne un peu les carottes et les pommes de terre, tous ces fonds n'étant pas tous de même nature, mais quand même !

FILLON LAGARDE.jpg
L'Europe aura donc su dégager les deux tiers du total des fonds ! Cela représente quand même le double de ce que les USA ont annoncé. Pas mal pour notre "vieille Europe" !
La conséquence la plus spectaculaire et immédiate est que l'Europe, unie politiquement, a su stopper la dégringolade boursière que n'a pas sue juguler l'Amérique.
Le monde accorderait-il plus sa confiance aux européens qu'aux américains ? Cela apparaît évident aujourd'hui. Mais attendons de voir les événements dans les semaines qui viennent. Il est fort peu probable que les indices retrouvent rapidement leur niveau de décembre 2007. Et nous assisterons dans les jours qui arrivent à quelques prises de bénéfices qui feront se calmer tout le monde.

La Gauche est incorrigible
HOLLANDE AYRAULT.jpgPendant ce temps là, le PS se demande s'il va accorder son aval à la politique financière du gouvernement. Il n'aura pas fallu longtemps pour que la zizanie politicienne regagne les bancs des élus socialistes au Parlement.

Une annonce risquée
Notre François Fillon qui annonce que les 360 Mds d'euros ne coûteront pas un sou aux contribuables, voilà qui fait bon effet ! Mais n'est-ce pas donner le bâton pour se faire battre un jour ?
Si tout se passe comme prévu, c'est vrai dans les montages adoptés et les principes retenus.
Mais cela sera probablement faux dans la réalité, d'une façon ou d'une autre.
Car rien ne se passe jamais comme prévu !

12 octobre 2008

LA CHINE, CETTE GRANDE MUETTE

Son silence est assourdissant ! Cet oxymore a de quoi inquiété.
PLACE TIEN'ANMEN 2.jpg
Avec quelques 3.000 milliards de dollars dans leurs caisses, les banques chinoises constituent la plus grosse réserve mondiale de billets verts.
Vont-elles rafler la mise dans les années qui viennent ?
En achetant à bons prix nos grandes entreprises et nos fleurons occidentaux, la Chine, avec les riches pays producteurs de pétrole, vont-ils devenir les seuls Maîtres du jeu ?
Pour Immanuel Wallerstein "le capitalisme touche à sa fin". Considéré comme l'un des pères fondateurs de l'alter-mondialisme, cet éminent sociologue, chercheur à l'université de Yale, prend ses désirs pour une réalité. Il a tellement rêvé du grand jour !

PLACE TIEN'ANMEN.jpgIl néglige un fait. Si demain la Chine devenait propriétaire d'une belle partie de notre économie, elle appliquera SON capitalisme.
Ce pays ne peut pas se permettre de voir ses marchés mondiaux s'effondrer.
Et ce n'est pas la première fois que nous verrions un fournisseur racheter son client. Si l'économie capitaliste libérale en refusait le principe, c'est là que nous pourrions voir apparaître de sérieuses tensions.

Le silence relatif de la Chine ne présage rien de bon. Elle réfléchit avant de passer à l'action, si j'ose dire !

10 octobre 2008

BOUM BADABOUM ET OPTIMISME !

Ce que nous vivons serait donc historique !
Hollywood en fera-t-il un jour un film catastrophe avec les petits-fils de Michael Douglas dans le rôle du méchant financier et de Bruce Willis dans celui du gentil justicier ?


BOURSE TRADER.jpgC'est curieux, mais malgré le profond pessimisme ambiant, la violence du crash boursier et la portée limitée des actions des instances bancaires et des états, je ne parviens pas à être encore et vraiment inquiet. Je vois deux raisons à cela :

- La première est que nous assistons " tout simplement" à un alignement brutal des cours sur les valeurs économiques réelles des entreprises.
C'est, à bien y réfléchir, un phénomène plutôt sain venant ruiner l'espoir des spéculateurs en tout genre, à l'origine même de notre propre malheur.
Ah ! bien sûr, tout le monde est mis dans le même sac et quelques entreprises en pâtissent injustement en étant, du coup, en dessous de leur valeur (cela serait le moment d'acheter d'après quelques "experts"!).
Mais ceux qui ont quelques actions depuis plus de cinq ans, s'aperçoivent qu'elles n'ont perdu en moyenne que 5 à 10% de leurs valeurs d'achat d'origine en 2002/2003. L'affaire n'est pas aussi bonne qu'ils l'avaient crue, mais somme toute, pas de quoi s'affoler ! C'est encore supportable, même s'ils doivent s'attendre et accepter de perdre encore "un peu" !

- La seconde est que, bon an mal an, l'économie mondiale fonctionne toujours.
Les pays développés occidentaux peuvent supporter une pause de croissance et même quelques temps de récession. Ce n'est pas absolument dramatique, à condition que cette période fût mise à profit pour changer les règles de fonctionnement de notre système capitaliste.
BOURSE ECRAN INDICES.jpgCertes il se dit que les banques sont en défiance entre elles, certes les entreprises vont rencontrer quelques difficultés de trésorerie, certes elles sont contraintes de revoir à la baisse leurs investissements et l'emploi va en prendre un coup. Mais les avions décollent et les trains partent à l'heure, les états garantissent les dépôts des particuliers, nous n'assistons pas à des mouvements sociaux violents, les linéaires des magasins sont encore pleins de sucre et d'huile, on ne brûle pas les excédents de blé comme en 29, le prix du baril de pétrole ne repart pas dans une course folle, des pays comme la Chine et l'Inde projettent toujours une croissance de 8 à 9% pour 2009...etc, etc !

En restant conscient de la gravité de la situation et des modifications profondes qu'il faut très rapidement apporter à nos règles de fonctionnement, il est parfois bon aussi d'identifier quelques arguments d'espoirs.

08 octobre 2008

LE TROU NOIR D'UN CAPITALISME DEVOYE

Ce matin, toutes les bourses de la planète continuent de s'effondrer de 5 à 10% et ce dès l'ouverture. Ce triste constat amène plusieurs remarques...

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Comme je l'écrivais hier, ce ne sont pas les montants des plans de sauvetage, ni l'implication des institutions bancaires et des états qui changeront quoi que ce soit à la défiance. C'est bien le principe lui-même de ces interventions qui détruit la philosophie libérale de l'ensemble du système.
Les interventions, bien qu'obligatoires eu égard aux circonstances immédiates, apparaissent contre nature.

1. Les politiques et les responsables des instances bancaires ne savent plus quoi faire. Ils tentent de calmer le jeu bien sûr; que pourraient-ils faire d'autre ! Nous pouvons craindre qu'ils soient impuissants face à l'emballement de la machine. Certes, l'abaissement des taux directeur serait une une bonne chose. Mais cela suffira-t-il à stopper définitivement l'hémorragie ?

2. Le paradoxe se confirme donc ! Tout le monde fait tout ce qu'il peut pour arrêter la panique. Mais les plans sont des bouées percées, lancées aux naufragés qui ne croient plus eux-mêmes à l'ancien système, dans lequel se placent finalement les tentatives de sauvetage. Il faut changer de logique bancaire, financière et boursière. Joli programme !

3. Les loups vont se ruer à bons prix sur les brebis malades. Un phénomène d'hyper concentration va se produire dans les banques et, à terme, dans toute l'économie réelle. Des actifs vont changer de mains à 10 ou 20% de leur valeur d'hier. Axa, par exemple, est intéressé par certains actifs d'AIG.

4. De fait, une nationalisation massive et mondiale du secteur bancaire est en route. Bien sûr, on nous annonce que cette situation est provisoire, le temps d'un retour à " meilleure fortune". Les différentes formes d'intervention seraient donc un jour annulées par un processus inverse de libéralisation ou de revente des actifs achetés. C'est sans doute exact, mais dans quels délais !

5. A ce jour et... à cette heure, la France n'a pas encore de dossier lourd qu'elle devrait assumer seule. Mieux, elle semblerait même avoir quelques ressources pour sauver les "petits copains" (ex.: BNP Paribas qui rachète en partie Fortis ou AXA qui lorgne sur une partie d'AIG). Y-a-t-il des chats noirs dans les tiroirs qui ne vont pas tarder à s'ouvrir ? L'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne...ont déjà leurs dossiers. La France pas encore ! Intéressant et bizarre !

6. Si cette crise est comparable par son ampleur (non dans ses origines) à celle des années 30, alors nous sommes bel et bien à l'aube d'une nouvelle Nouvelle Economie. Elle mettra des années à se mettre en place. Elle peut aussi engendrer des conflits nationaux et internationaux, dans lesquels la violence des armes pourrait bien intervenir. Nier une telle éventualité serait une erreur.

7. Il semble désormais hautement probable qu'Obama sera le prochain Président des Etats-Unis. McCain ne parviendra pas à se démarquer des errances politiques et économiques de son camp d'appartenance. Cette élection est de nature à créer un choc salutaire à l'ensemble du Monde. Je n'étais pas spécialement pro Obama, mais force est de constater que son arrivée serait effectivement un incroyable choc culturel. Celui que la planète attendait peut-être, sans le savoir vraiment.

Pour le démocrate libéral et social que je suis, il est très regrettable - le mot est faible - que le libéralisme économique ne se soit pas réveillé avant la catastrophe.
Il est pourtant le seul système viable pour l'Humanité, à condition bien sûr qu'il sache lui-même se policer, en évitant de s'écrouler sous son propre poids d'inconsciences et d'égoïsmes.

07 octobre 2008

LES BOURSES FOLLES !

Alors que tous les acteurs devraient être rassurés en constatant la capacité de réaction des états et des banques centrales, voilà qu’ils paniquent !
Bizarre ? Non, pas tant que cela !


Malgré le plan Paulson et les réactions européennes la confiance n’est toujours pas revenue. La morosité du moral boursier doit donc avoir une autre origine.
Question : l’interventionnisme des états n’inquiète-t-il pas les adeptes sans réserves d’un capitalisme libéral, qui assistent à l’écroulement d’un système dont ils ont usé et abusé ?
Si la réponse est oui, ce ne sont pas les montants des plans de sauvetage qui comptent, mais leur principe que réfute et rejette les maîtres de la planète finance, car il sonne le glas de leur paradis.

PS : A 17h30, les places boursières européennes semblaient être plutôt calmes. C'est déjà çà !

05 octobre 2008

Les USA, bonne ou mauvaise leçon !

WASHINGTON CAPITOL.jpgC'est fait ! Le sauvetage de 1.000 milliards de dollars a donc été accepté par le Congrès. Savoir si cela suffira à ramener la confiance n’est pas la question. D'ailleurs, qui pourrait le dire aujourd'hui ?

La stupéfiante réaction américaine repose sur trois mots .

. La puissance
Dès le départ, nos amis d’outre atlantique n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller. Il fut immédiatement question de quelques 1.000 milliards de dollars.
Pour fixer les esprits, ce trésor est à l’échelle de la dette d’un pays comme la France, ou encore du PNB de l’Espagne*, six fois celui du Portugal* et plus de dix fois celui de l’Egypte. Malgré leur situation de vulnérabilité, les USA sont toujours la seule nation de la planète à pouvoir monopoliser un tel montant en quelques jours.
La Chine, plus grande réserve monétaire mondiale en dollars, a-t-elle joué secrètement un rôle ? L'histroire le dira peut-être.

. La rapidité
Il n’aura fallu qu’à peine trois semaines et deux allers-retours entre le gouvernement et le Congrès pour mettre tout le monde d’accord ou presque. Dans ce genre de situation, la vitesse de réaction est évidemment essentielle à la réussite d’un plan de sauvetage.
Il y a encore de nombreux « points de détails » à résoudre pour la mise en œuvre de ce plan. Mais il faut souligner la flexibilité des institutions américaines qui ont su réagir au-delà de tout clivage politique.
Il est probable que ce séisme laissera de profondes cicatrices entre les Républicains et les Démocrates.
L’actualité économique n’avait jamais été aussi présente lors d'une campagne présidentielle. Chaque candidat a donné son avis en essayant d’en tirer avantage, mais ils ont tous les deux clairement accepté ce plan.
En de telles circonstances, j’entends déjà ce qu’aurait pu dire et faire la gauche française.

. Une apostasie économique
LINCOLN MEMORIAL WASH DC.jpgC’est sans doute l’aspect le plus spectaculaire. Aux USA, le non interventionnisme de l’état était l’un des piliers de leur mode de fonctionnement. Entre 1929 et 1933 par exemple, le gouvernement n’était pas intervenu. Seul le New Deal imaginé par Roosevelt à partir de 1933 commença à lutter timidement contre le crise qui perdurait.
Sans pour autant estimer que ce revirement dogmatique soit définitif, cet événement va sans doute réveiller les consciences d'un libéralisme échevelé.
Certes, il est un peu tard, mais pas trop tard. Même si nous allons tous payer leurs erreurs, force est de constater que les USA sont en partie et à la fois la maladie et le docteur.

Ni bonne, ni mauvaise leçon.
Ce plan de sauvetage est l’illustration d’un atout majeur de ce pays : son pragmatisme. Il vient de démontrer qu’il ne s’accroche pas désespérément à toutes les valeurs qui ont pourtant largement contribué à bâtir sa puissance. Cette remise en question se fait dans la douleur nationale, mais elle se fait !

Quand on voit les inerties de tous ordres qui ralentissent les réformes dans notre pays, nous devrions en prendre de la graine.
Peut-être !



* Source : Le Monde / Bilan du monde 2007

01 octobre 2008

L'EUROPE S'Y COLLE AUSSI !

Malgré les incantations, la crise financière a donc traversé l'Atlantique à la vitesse numérique. Notre supposée ligne Maginot financière a vite craqué.

LAGARDE CHRISTINE 2.jpgSans pour autant nous refaire le coup du nuage de Tchernobyl s'arrêtant à nos frontières, nos Politiques et les différents responsables de la planète finance européens sont contraints de tenir des discours rassurants.
Imaginez l'inverse !TRICHET JEAN CLAUDE.jpg "C'est la panique, on ne sait pas où cela va s'arrêter, aurons-nous les moyens et les outils pour contrôler cette crise, qu'est-ce qui va encore nous tomber sur la tête demain...etc".
Non ! C'est évidemment impossible !
Sur ce plan, il faut souligner la mesure des propos et l'habileté d'un Jean-Claude Trichet qui sait sortir de sa discrétion lorsqu'il le faut.

"Des chats noirs sont encore dans les placards" écrivais-je dans un des mes papiers de septembre.
Les faits ont vite confirmé cette évidence ! Washington Mutual ou Wachovia en sont la preuve.
En Europe, voilà qu'il faut sauver Fortis, Dexia, Bradley&Bingley(UK), ou autre Hypo Real Estate (Allemagne). En Italie et en Espagne les Gouvernements commencent à trembler.
Nous pouvons craindre qu'une grande institution 100% française ne soit touchée avant longtemps. Il ne faut pas le souhaiter, mais il est difficile d'imaginer que les Banques ou les Assurances françaises soient les seules vertueuses dans cette folie planétaire.

L'Europe réagit vite et plutôt bien.
Alors que les USA sont un pays fédéral politiquement uni, l'Europe n'est globalement qu'une union économique. Le sauvetage de Dexia démontre pourtant que ses membres sont capables de mettre en place très rapidement une union sacrée. C'est rassurant.
Les places boursières semblent avoir perçu cette capacité de réaction collective. Lundi, alors que le plan US était reporté, elles s'écoulaient; mardi, après le sauvetage de Dexia elles remontaient; aujourd'hui à 11H00 elles étaient encore positives. Face aux USA et à l'incertitude qui règne sur le plan de sauvetage de 1.000 milliards de dollars, la force de l'Europe est en passe de s'imposer comme facteur de stabilité et de retour à une certaine sérénité. Autre point rassurant.
Nous ne sommes pas pour autant à l'abri d'une catastrophe et l'économie réelle paiera longtemps les pots cassés.

DRAPEAU UE ANIME.gifUn combat entre les USA et l'Europe
Ce qui se passe serait-il l'épilogue d'une guerre qui opposait depuis un siècle ancien et nouveau monde. Quel modèle de société les démocraties adopteront pour le siècle qui débute ? Tel n'est-il pas l'enjeu ?
DRAPEAU USA ANIME.gifEntre le libéralisme absolu des Américains et le néolibéralisme social des Européens, c'est tout un nouveau système qui est, peut-être, en train de naître. Quelque chose entre les deux sans doute.
Oh ! bien entendu tout reste à faire et cela prendra des années.
Souhaitons que l'Europe se débarrasse à tout jamais de ce cancer qu'est son collectivisme rampant, tout en sachant offrir aux Américains l'occasion d'insérer dans leur Idée libérale quelques gènes de notre solidarité sociale.

27 septembre 2008

USA, MANIPULATION GENETIQUE ?

WHITE HOUSE 2.jpgAlors que le Trésor, la FED, le gouvernement fédéral et même Obama et Mac Cain font tout ce qu'ils peuvent pour obtenir l'agrément du Congrès sur le financement de quelques 1.000 milliards de dollars, une question se pose : cette intervention étatique, si elle réussit, est-elle de nature à modifier les gènes du libéralisme américain, au point de tendre vers un socio-libéralisme à l'européenne ?

La réponse est aujourd'hui impossible à formuler, mais la simple formulation de la question interpelle.

Washington n'est pas l'Amérique
Pour y avoir vécu quelques temps, je crois bien connaître les Américains et leur relation avec la ville capitale qu'est Washington, siège du gouvernement fédéral.
Car là est le cœur de la méconnaissance que nous avons généralement des USA.
BUSH OBAMA CAIN 09 08 WHITE HOUSE.jpgLes Américains n'aiment pas Washington, cette ville lointaine toujours à mille lieues de leurs préoccupations quotidiennes.
Le principe même d'une fédération est de donner à chaque état une très forte indépendance en de nombreux domaines : justice, police, fiscalité, éducation...etc.
Décliné en France, c'est un peu comme si nos Régions pouvaient appliquer ou non la peine de mort, avoir leur propre police, leurs propres programmes éducatifs, décider seules de leur fiscalité ou encore imposer leur propre permis de conduire.
Une fois assimilée cette différence fondamentale, on peut commencer à comprendre ce que sont vraiment les Etats-Unis d'Amérique. Le Shérif - élu par les citoyens - est le maître du canton et lorsqu'une affaire policière nécessite l'intervention du FBI – instance fédérale – la rivalité commence. Vous savez...comme dans les films !

WASHINGTON CAPITOL.jpg
Washington assume les fonctions régaliennes comme par exemple la politique monétaire, la défense nationale et la politique internationale. Pour tout le reste, les décisions sont prises au niveau de chacun des cinquante états, de leur Gouverneur et de leur gouvernement espectif.

Good Bye America ? Rien n'est moins sûr !
Cette Terre n'est pas un continent, c'est une Idée ! On ne tue pas une Idée ! Celle des émigrés dans leur traversée océane, tous désespérés Declaration Independence.jpgmais tous armés du désir farouche de conquête de l'inconnu, tous exaltés en touchant le quai de leurs rêves à Ellis Island.
Depuis trois siècles, ils ont tous débarqué avec cette lumière dans le regard qui anéantit le déterminisme d'une vie misérable, avec cette force qui donne à chacun le droit d'être plus fort que l'autre, de se défendre seul et de ne compter que sur lui-même pour réussir. Cruel sans doute, mais tellement juste.
Non, John Wayne n'est pas mort avec le sauvetage de Freddie, Fanny, Lehmann et les autres !
Cet artéfact financier, révélateur de tant et tant de dysfonctionnements révoltants, est au contraire salvateur. Espérons qu'il soit l'occasion de purger les vices d'une Liberté dévoyée par la volonté perfide et la vanité cynique de quelques malfaisants tenant les écuries d'Augias.

Que le grand nettoyage commence !
NYSE 4.jpgLes 1.000 milliards de dollars ne sont que le premier acte. Ne se considérant pas comme coresponsable du désastre, l'Europe ne semble pas prête à payer une partie de la facture. Navrant !
C'est donc loin d'être fait. Très loin ! Si Washington y parvient seul, nous lui devrons une fière chandelle. Certes, les USA auront été à la fois la maladie et le docteur. Avons-nous pour autant le droit de les laisser tomber ? Certainement pas ! Qu'on le veuille ou non, notre bonheur dépend du leur, et inversement d'ailleurs !
Alors, c'est sûr, il va falloir réguler, ordonner, moraliser, "éthiqueter" les process financiers...etc. Faut-il y voir pour autant une manipulation génétique ? Je ne le pense pas.
Le peuple américain saura garder le cap. Il ne perdra jamais l'Idée fondatrice qui circule dans ses veines.

Liberté ! America....the land of opportunities ! " We, The People..." toujours !