28 avril 2009

LA CGT A TOUS LES POUVOIRS

La nouvelle loi sur la représentativité syndicale d'août 2008 monte en puissance. Commencerait-elle à révéler sa face cachée, les syndicats forts sachant habilement exploiter les nouvelles règles ?

THIBAULT BERNARD JUIN07.jpgDans le flux continu de l'actualité, il est des événements plus insidieux et percinieux qu'il convient de surveiller. Par exemple la CGT qui, forte de son succès électoral à la SNCF, use et abuse de son pouvoir. Elle cherche à éradiquer purement et simplement de l'échiquier syndical toutes les autres centrales, notamment FO et la CFTC.
Ces deux syndicats n'ayant pas atteint le score fatidique de 10% au plan national, gardaient cependant encore quelques sièges dans les fédérations de province. La CGT s'emploie à les occire dans la plus pure tradition marxiste.
MANIF 29.01.2009.jpgA la lutte avec Sud, son frère ennemi, la CGT est en passe de prendre le monopole absolu des négociations avec la direction de la SNCF.
Voilà qui n'est pas une bonne nouvelle pour la démocratie, quelques centaines de cheminots hyper politisés pouvant plus que jamais bloquer la France entière.

Ce phénomène n'est pas vraiment nouveau, mais la nouvelle loi semble l'amplifier. Les quelques aménagements qui s'imposeraient ne sont pas pour demain.

28 mars 2009

LA REVOLUTION SYNDICALE COMMENCE

SYNDICAT CGT.gifA la SNCF, la CGT vient de remporter la timbale ! Ce n'est pas une surprise, mais la nouvelle loi lui donne un pouvoir qu'elle n'avait pas avant.

Un pouvoir relatif plus élevé
En réduisant largement l'influence des petits syndicats et bien qu'ayant fait le même score qu'en 2006 (40%) la CGT se retrouve plus forte qu'avant.
Sauf alliance de la carpe et du lapin, les CGC, CFTC ou FO ne peuvent plus signer seul d'accord d'entreprise.
Didier LE RESTE CGT SNCF.jpgLe chef de la CGT SNCF Didier Le Reste règne désormais en maître à la table des négociations syndicales.
Avec Sud qui a obtenu 17,7% des suffrages, la SNCF se retrouve avec un bastion syndical communiste (57%) qui n'augure rien de bon pour la résolution rapide des futurs conflits.

Une majorité toujours minoritaire
En réduisant le nombre d'interlocuteurs syndicaux, la nouvelle loi d'août 2008 va dans le bon sens. Elle présente cependant une faiblesse.
Elle n'a pas trouvé le biais pour exiger des syndicats élus d'augmenter le nombre absolu de leurs syndiqués.
THIBAULT.jpgLa CGT, ou tout autre syndicat qui serait en position de force à la suite des élections, pourra imposer son point de vue dans une négociation, sans pour autant avoir rallié la majorité réelle des personnels concernés. Bernard Thibault peut être heureux.

Décidément, en matière syndicale, la Démocratie est un Graal !

27 mars 2009

LE FAIT MAJEUR DE LA SEMAINE

Une très grosse partie commence à se jouer cette semaine : les premières mises en œuvre de la réforme sur la représentativité syndicale. Les anciennes règles remontaient aux années 1945/1950 !

THIBAULT BERNARD JUIN07.jpgLes petites centrales syndicales risquent d'y perdre des plumes. Elles le savent. Conséquences, elles tentent des stratégies d'alliance parfois contre nature.
Nous devons surveiller de très près ces élections qui vont définir les nouveaux cadres des négociations sociales, en venant modifier l'équilibre des forces en présence.


Des David et des Goliath
CGC Bernard Van CRAEYNEST.jpgLes grandes centrales telles que CGT, CFDT et FO ne sont pas menacées.
Alain OLIVE UNSA.jpgEn revanche les CGC, UNSA ou autres CFTC peuvent passer à la trappe.
A surveiller : les scores qui seront obtenus par SUD, le plus extrémiste des nouveaux venus qui comptent sur l'échiquier syndical.
Christian MAHIEUX SUD.jpgAvec un fou furieux tel que Christian Mahieux de Sud Rail, la CGT va-t-elle garder ses bastions ?

La nouvelle loi doit éviter qu'une infime minorité d'exaltés hyper politisés fassent la loi dans les grandes entreprises. Poussera-t-elle des millions de salariés à adhérer au syndicat de leur choix en payant chaque année leur cotisation ? Rien n'est moins sûr. Avec à peine 7 ou 8% de syndiqués, la France est en ce domaine la lanterne rouge des pays riches.
Il ne faut pas aller chercher plus loin les raisons du nombre et de la fréquence de nos grèves, jusqu'à aujourd'hui toujours générées par une minorité agissante.

Avec l'évolution du droit du travail, la représentativité syndicale est l'une des réformes qui touchent au dialogue social. Elle est aussi, rappelons-le, une promesse de campagne tenue par Nicolas Sarkozy. Non des moindres !


Rappel de la nouvelle réglementation, fixé par la loi du 20 août 2008 :
- Les syndicats qui n'obtiendront pas 10% des suffrages disparaîtront des tables de négociation au niveau des entreprises.
- Pour être validé, un accord d'entreprise devra avoir obtenu l'accord de syndicats représentant au minimum 30% de tout le personnel.

05 décembre 2008

ELECTION PRUD'HOMALE : UN DESASTRE CIVIQUE, POLITIQUE ET ECONOMIQUE

Avec plus de 70% d'abstentions, ces élections et leurs résultats démontrent que les Français n'ont aucune idée de leurs conséquences sur l'emploi. Navrant !

SYNDICAT CGT.gifParamètre crucial de la fluidité de l'emploi, les tribunaux prud'homaux se retrouvent plus que jamais sous la coupe de la CGT et des collectivistes forcenés. Côté patronal, les listes soutenues par le Medef perdent 7%, au profit des employeurs de l'économie sociale.

Pourquoi c'est grave
Aucune loi ne peut imposer à un chef d'entreprise d'embaucher. Seules les règles de bon sens de l'économie peuvent l'y pousser. Je ne connais pas de patron qui n'embauche pas lorsque son activité l'impose, sauf à se dire :
" il est tellement difficile et cher de licencier, avec une probabilité élevée de Prud'homme, que je préfère demander à mes salariés actuels d'en faire plus".
96% des entreprises ont moins de 49 salariés, et 84% moins de 9. Inutile de sortir de l'ENA pour en conclure que l'essentiel du gisement de l'emploi, chacun le sait depuis toujours, se trouve dans les TPE et les PME. C'est arithmétique.
Sur le 1,2 million d'entreprises* ayant au moins 1 salarié, il suffirait que 50% d'entre elles embauchent 0,5 à 0,8 salarié chacune (en moyenne bien sûr !) pour que le taux de chômage redescende entre 6,0 et 6,8%. Elémentaire mon Cher Watson !

Seulement voilà !
Les patrons de TPE et de PME sont tellement assurés de perdre dans 80% des cas devant un tribunal prud'homal qu'il n'embauche pas ou peu.

Ils auront beau avoir respecté toutes la législation entourant un licenciement, ils se savent très exposés à devoir verser des indemnités complémentaires.
Il n'est pourtant pas difficile de comprendre et d'admettre que plus une entreprise débauche aisément, plus elle embauche rapidement, rendant plus fluide un marché de l'emploi aujourd'hui mécaniquement sclérosé.
THIBAULT BERNARD JUIN07.jpg

















Cela ne va pas s'arranger avec la CGT plus que jamais aux manettes (33,6% des suffrages**). Avec ses fondations dogmatiques d'extrême gauche, sa soif de justice se limite à une posture strictement politique, avec les chefs d'entreprise comme ennemi n°1 ! Ils vont se régaler dans les litiges opposant employeurs et salariés.

Laisser la parole de la rue aux syndicats n'est déjà jamais bon. Laisser le champ libre à la CGT sur la justice prud'homale est pire encore. Elle bloque cette indispensable fluidité de l'emploi. ".... se préparer dans les semaines à venir à une mobilisation importante des salariés" a immédiatement déclaré Bernard Thibault.
Mais cette situation n'est finalement que l'une des conséquences de l'absence d'une opposition de gouvernement intelligente. Le PS est au fond du trou.
Nous pouvons sans doute nous en réjouir car les réformes avancent, mais à moyen terme ce n'est pas satisfaisant pour notre Démocratie.


Sources INSEE
* Sur les 2,9 millions d'entreprises en France, 1,7 million n'ont aucun salarié
** Avec ces 33,6% des suffrages, la CGT dominera les Tribunaux Prud'homaux, alors que ses électeurs ne représentent que 7% de l'ensemble des travailleurs salariés français.